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La députée Amanda Simard quitte les conservateurs de Doug Ford

Amanda Simard siégera désormais comme indépendante à Queen's Park.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La députée franco-ontarienne Amanda Simard quitte le caucus conservateur et siégera dorénavant comme indépendante, après avoir dénoncé les coupes de Doug Ford en francophonie, allant même jusqu'à voter contre le gouvernement mercredi.

C'est ce qu'indique la députée franco-ontarienne de Glengarry-Prescott-Russell dans une lettre très succincte envoyée au président de l'Assemblée législative, Ted Arnott.

On ne sait pas si Mme Simard a démissionné de son propre chef du caucus conservateur ou si le parti lui a montré la porte, après ses critiques répétées au cours des deux dernières semaines.

Jointe au téléphone par Radio-Canada, la députée n'a pas voulu commenter l'affaire, expliquant qu'elle se reposait et qu'elle ne serait pas à l'Assemblée législative, jeudi.

Pour sa part, le premier ministre Doug Ford affirme que le départ de Mme Simard était le choix d'Amanda et que le caucus conservateur demeure uni.

C'est dommage qu'elle a choisi de ne pas travailler au sein du gouvernement au service de ses électeurs.

Simon Jefferies, porte-parole de Doug Ford

Amanda Simard, qui était aussi l'adjointe parlementaire à la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, sera remplacée dans ces fonctions par Gila Martow.

Mme Martow est une ardente défenseure des intérêts de la communauté francophone de l'Ontario ici, à Queen's Park. Je suis convaincu qu'elle et la ministre Mulroney feront de grandes choses pour les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens, a dit Doug Ford par voie de communiqué.

En réponse aux coupes en francophonie contenues dans l'énoncé économique du 15 novembre dernier :

  • Le premier ministre souligne qu'il a rétabli, vendredi dernier, le poste de commissaire aux services en français, mais au sein du bureau de l'ombudsman provincial, ce qui ne lui donne pas la même autonomie, font valoir les critiques.
  • Quant à l'annulation du projet d'Université de l'Ontario français qu'il avait soutenu durant la campagne électorale, M. Ford affirme qu'on ne peut pas annuler quelque chose qui n'existait pas. Il ajoute que 11 collèges et universités de l'Ontario offrent déjà 300 cours en français et ces programmes ne sont pas pleins, dit-il.

Un départ prévisible

La politologue Stéphanie Chouinard du Collège militaire royal à Kingston n'est pas surprise de voir Mme Simard quitter le caucus conservateur. Elle pense qu'elle pourrait maintenant se joindre aux libéraux ou aux néo-démocrates.

Mme Simard était la caution [des conservateurs] auprès des Franco-Ontariens, et là, c'est disparu. Par contre, du point de vue des votes en Chambre, malheureusement ça ne changera pas grand-chose.

Stéphanie Chouinard, politologue

De son côté, la politologue Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa pense que les francophones perdent une voix au sein du gouvernement. Je ne suis pas convaincue qu'en étant indépendante, ça va faire avancer le dossier, dit-elle.

Même si elle était adjointe parlementaire de la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney, Mme Simard avait vite pris ses distances face à la décision du gouvernement Ford d'éliminer le Commissariat aux services en français et le projet d'Université de l'Ontario français.

Par exemple, elle avait écrit ceci sur Facebook : J’ai lu quelque part que la députée Simard "might be upset" [peut être fâchée]. Faux. Je suis "definitely upset" [absolument fâchée]. Elle avait aussi appelé les Franco-Ontariens sur Twitter à la résistance.

Mercredi, elle avait même appuyé une motion du NPD à l'Assemblée législative dénonçant les coupes des conservateurs, en plus de voter contre le projet de loi du gouvernement sur l'énoncé économique.

Bombe politique

Il y a un peu plus d'une semaine, le bureau de Doug Ford avait décrit la députée Simard comme une militante pour les Franco-Ontariens et nous apprécions son point de vue au sein du caucus.

À la suite de l'annonce de son départ jeudi, M. Ford a toutefois affirmé qu'elle avait refusé les ouvertures à la discussion de son parti.

Pour sa part, la députée libérale d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, qualifie la décision de Mme Simard de courageuse. Elle affirme que la porte de son parti est toujours ouverte.

Même son de cloche de la part de l'ex-première ministre et députée torontoise Kathleen Wynne, qui souligne que la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell était libérale avant l'élection de Mme Simard, l'été dernier.

C'était une situation très difficile pour cette jeune députée.

Kathleen Wynne, députée libérale et ex-première ministre

Le député néo-démocrate et leader parlementaire de l'opposition officielle, Gilles Bisson, s'explique mal les coupes de M. Ford en francophonie.

Ça a pris une quinzaine d'années [aux conservateurs] pour rebâtir leurs relations avec la communauté francophone après la décision de Montfort et c'est vraiment bizarre qu'ils ont décidé d'attaquer la communauté de cette manière-là.

Gilles Bisson, député de Timmins

De son côté, le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, respecte la décision de la députée de Glengarry-Prescott-Russell, la décrivant comme une alliée de la francophonie ontarienne. Il s'agit d'une personne de conviction, dit-il, et il lui appartient de gérer son avenir politique comme elle l'entend.

Le stratège conservateur Paul Demers croit que la jeune députée a pris la bonne décision dans les circonstances. Il espère qu'elle pourra tout de même appuyer le gouvernement en tant qu'indépendante dans la plupart des dossiers. Mme Simard a dit qu'elle était confortable avec 98 % des choses que le gouvernement faisait, explique-t-il.

Pour sa part, le commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, applaudit à la prise de position très courageuse de Mme Simard. Il ajoute que ça montre que les concessions du gouvernement Ford vendredi dernier ne sont pas satisfaisantes.

Toronto

Politique provinciale