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Le gouvernement de Doug Ford dévoile son plan vert

Le ministre de l'Environnement, Rod Philips, présente le nouveau plan climat de l'Ontario.

Le ministre de l'Environnement, Rod Philips, présente le nouveau « plan vert » de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Myriam Eddahia

Radio-Canada

Après avoir sorti l'Ontario du marché du carbone avec le Québec et avoir déposé une poursuite contre Ottawa et sa taxe carbone, les conservateurs de Doug Ford ont présenté jeudi leur plan pour réduire les émissions polluantes dans la province.

Le ministre ontarien de l'Environnement, Rod Phillips, a affirmé que son plan vert vise à atteindre les cibles de l'Accord de Paris en réduisant les émissions de 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030.

L’Ontario a déjà réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 22 % depuis 2005, surtout grâce à la fermeture des centrales au charbon et à la réduction des émissions industrielles.

Rod Phillips a dit jeudi que l'Ontario est donc à 8 % d'atteindre cet objectif. Le plan que nous avons présenté aujourd'hui est une approche raisonnable et réalisable pour y arriver, a-t-il affirmé.

Le ministre de l'Environnement a aussi annoncé la création d'un fonds, la Fiducie de carbone de l'Ontario, et d'un système d'enchères inversées pour encourager l’investissement privé dans des solutions technologiques propres.

L’Ontario assurera un financement de 400 millions de dollars sur 4 ans pour ces mesures, dont 50 millions de dollars pour les enchères inversées qui doivent permettre aux soumissionnaires d'envoyer des propositions de projets de réduction des émissions et d'obtenir des contrats en fonction des réductions des émissions de gaz à effet de serre les moins coûteuses.

C'est un plan qui équilibre un bon environnement et une bonne économie.

Rod Phillips, ministre de l'Environnement de l'Ontario

La province veut aussi encourager l'utilisation de véhicules électriques et de carburants propres en augmentant notamment la teneur en éthanol dans l'essence à 15 % dès 2025.

Un plan critiqué

Le chef du Parti vert de l'Ontario, Mike Schreiner a estimé qu'il ne s'agit pas d'un plan climat, mais d'un plan de réduction des déchets et qu'il est voué à l'échec.

Ce plan va nous coûter en termes de dollars et va nous coûter parce que nous allons avoir plus d'évènements climatiques en Ontario.

Mike Schreiner, chef du Parti vert de l'Ontario

Peter Tabuns, le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de changement climatique a renchéri en affirmant que si vous êtes un gros pollueur, c'est une bonne journée pour vous.

Je ne pense pas qu'ils atteindront la cible de l'Accord de Paris avec ce plan.

Peter Tabuns, NPD
Le ministre en mêlée de presse à Queen's Park.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de l’Environnement de l’Ontario, Rod Phillips.

Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

Pendant la campagne électorale, le Parti progressiste-conservateur avait promis de créer un fonds pour la réduction des émissions ce qui lui permettrait d'offrir de l’argent public aux compagnies qui présenteraient des façons innovantes de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Un tel système s'inspirerait du modèle australien, qui a été critiqué pour ne pas avoir permis de réduire les émissions du pays.

Avant le dévoilement du plan jeudi, Rod Phillips avait d'ailleurs dit se pencher sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et notamment en Australie pour développer son plan.

La situation en Ontario est très différente de celle en Alberta ou de celle au Nouveau-Brunswick parce que notre secteur de l’électricité et notre réseau sont pratiquement 100 % verts, avait dit le ministre. C’est pour ça qu’une solution unique pour l’Ontario est logique.

L’une des premières mesures du gouvernement Ford avait notamment été d’abolir le plan du gouvernement libéral précédent et de sortir l'Ontario du marché du carbone avec le Québec, qui obligeait les entreprises à acquérir des permis pour leurs émissions de gaz à effet de serre. Doug Ford avait fait campagne contre ce système de plafonnement et d’échange qu’il qualifiait de taxe carbone et de pire taxe de tous les temps.

M. Phillips avait aussi accusé les partisans d'une taxe carbone fédérale d'être dogmatiques et affirme que le gouvernement de Doug Ford ne mettra pas en place un système de tarification du carbone.

Comment peuvent-ils être aussi obnubilés par une seule solution, alors que nous faisons face à quelque chose qui est si compliqué? demandait le ministre. Leur objectif est-il d'avoir une taxe carbone ou de prendre de véritables mesures contre les changements climatiques pour réduire les GES?

Mercredi, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a accusé le projet de taxe carbone du gouvernement fédéral d’avoir entraîné la fermeture de l'usine General Motors à Oshawa, même si le constructeur automobile a dit avoir l’intention de fermer quatre autres usines aux États-Unis.

L’Ontario s’est joint à la Saskatchewan pour poursuivre Ottawa en cour contre l’imposition de cette mesure aux provinces qui n’auraient pas de plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Un rapport publié mardi par le Programme environnement de l'ONU indique que les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter dans le monde et qu’elles doivent baisser de 55 % par rapport au niveau de 2017 d’ici 2030 pour empêcher une hausse des températures moyennes globales de plus de 1,5 °C.

Avec les informations de La Presse canadienne

Toronto

Politique provinciale