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Baisse du nombre d'itinérants à Edmonton, selon Homeward Trust

Un homme sur un trottoir se frotte les mains pour se réchauffer.

Le nombre de personnes dormant dehors est en baisse à Edmonton depuis 2009.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le rapport 2018 de Homeward Trust, principal acteur de la lutte contre l'itinérance à Edmonton, confirme une baisse des personnes vivant dans la rue, mais des inégalités viennent assombrir le tableau.

Un texte d'Axel Tardieu

Les chiffres vont dans le bon sens, à en croire le bilan de fin d'année. Depuis qu'Edmonton s'est doté, en 2009, de son premier programme pour en finir avec l'itinérance, plus de 8400 personnes ont été logées et assistées pour sortir de cette détresse sociale.

Ce bilan est le fruit du programme « Un logement d'abord » qui vise à aider les personnes sans domicile fixe à trouver un logement le plus rapidement possible et sans condition. Avoir un toit au-dessus de sa tête est la première étape vers la réinsertion sociale, déclare l'organisme d'aide aux sans-abris.

En 2008, 60 % des itinérants à Edmonton vivaient dehors. Ce chiffre est aujourd'hui à 20 %

Susan McGee, directrice de Homeward Trust

Le nombre de personnes vivant une itinérance épisodique a aussi baissé. Au total, la capitale albertaine compterait environ 1800 itinérants à ce jour.

La collecte d'informations et de statistiques s'est améliorée avec le temps, et les infrastructures pour aider ces populations aussi.

Susan McGee, directrice de Homeward Trust, devant des caméras lors de la conférence au Musée Royal de l'Alberta.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Susan McGee, directrice de Homeward Trust, s'est félicité de la baisse du nombre d'itinérants à Edmonton mais avoue qu'il y a un manque de logements abordables.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Pas assez de logements à bas prix

Mais Edmonton manque encore de logements abordables pour vraiment tendre vers l'objectif « zéro ». S'il existe environ 4500 habitations de ce type en ville, il y aurait plus de 6000 ménages sur liste d'attente et 300 nouvelles demandes par mois.

Le manque de logement et des loyers trop élevés ne facilitent pas la tâche des 25 associations qui soutiennent le programme « Un logement d'abord ».

Scott Argue, homme de terrain pour Homeward Trust, est en contact permanent avec près de 75 propriétaires qu'il sait prêt à aider des itinérants à tourner la plage de la rue.

Si la situation s'améliore dans l'ensemble, le plus dur reste les personnes avec des problèmes de dépendances. « C'est un vrai défi de trouver un toit pour eux », déplore-t-il. « La méthamphétamine cristallisée est la pire des drogues pour ça [...] si on pouvait s'en débarrasser, notre travail sur le terrain serait beaucoup plus efficace ».

« Une ville au carrefour de grands axes »

Si Edmonton est historiquement une ville connue pour son grand nombre d'itinérances, c'est surtout à cause de sa position géographique. « C'est une ville au carrefour de grands axes », explique Scott Argue.

Il n'y a pas de plus grande ville au Nord donc les gens peuvent venir de très loin pour tenter leur chance ici, mais ils arrivent souvent sans argent, sans contact sur place, et tombent dans la précarité puis dans le système de centres d'accueil ou dans la rue.

Scott Argue, Homeward Trust

Un aspect de ce phénomène social est écrit dans les priorités futures : la surreprésentation des Autochtones chez les itinérants. Ils représenteraient la moitié des personnes sans domicile à Edmonton.

Une problématique encore plus alarmante lorsqu'il s'agit des populations jeunes où six itinérants sur dix sont Autochtones. Sur ce point, Homeward Trust a décidé depuis 2014 d'intégrer dans ses équipes sur le terrain des Autochtones pour faciliter l'écoute et la prise de solutions.

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