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analyse

Andrew Scheer doit se définir rapidement

Le chef conservateur fédéral Andrew Scheer

Le chef conservateur fédéral Andrew Scheer a tout avantage à se définir rapidement s’il veut éviter que ses adversaires s’en chargent à sa place.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Madeleine Blais-Morin

ANALYSE – Les libéraux ne se sont pas gênés pour coller des étiquettes à Andrew Scheer depuis qu'il est devenu chef du Parti conservateur. Après l'avoir comparé à Stephen Harper, ils l'ont plus récemment dépeint comme le subalterne de Doug Ford. Le chef conservateur fédéral a tout avantage à se définir rapidement, politiques à l'appui, s'il veut éviter que ses adversaires s'en chargent à sa place.

Andrew Scheer a décroché une petite victoire mercredi. À sa demande, le premier ministre l’a rencontré pour parler de francophonie canadienne. Une rare réunion à laquelle les autres chefs de parti ont aussi assisté.

Ça faisait des jours que le dossier franco-ontarien plombait les ambitions d’Andrew Scheer au Québec, là où les droits linguistiques sont un sujet sensible.

Il faut dire que la ministre des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a semblé prendre un malin plaisir à associer le chef conservateur fédéral à celui de l’Ontario. « Je demande au chef conservateur de parler à son patron, Doug Ford, en Ontario, et de faire reculer le gouvernement conservateur », a-t-elle déclaré lors d’une période de questions.

Pour toute défense, Andrew Scheer ne pouvait que se dire en désaccord avec les compressions de Doug Ford dans les services en français. Car pour sa politique complète sur les langues officielles, il faudra attendre. « Mon caucus travaille déjà à l’élaboration d’un plan pour les communautés linguistiques en situation minoritaire qui fera partie de notre offre politique aux Canadiens lors des élections en 2019 », a-t-il déclaré la semaine dernière.

Et l’environnement?

Dans le dossier de la lutte contre les changements climatiques aussi, le Parti conservateur prête flanc aux attaques parce qu’il n’est pas encore prêt à dévoiler sa politique environnementale.

Les conservateurs promettent un plan « dans le court terme ». Pour le moment, on sait seulement qu’il ne contiendra pas de « nouvelle taxe ».

Or, cet enjeu sera probablement porteur au Québec lors des prochaines élections. Pour un chef qui espère faire des gains dans la belle province, une politique environnementale ne serait pas superflue.

Surtout que le portrait politique vient de changer au Québec. Cette semaine, Yves-François Blanchet a confirmé qu’il se lance dans la course à la direction du Bloc québécois, ce qui, selon le député Louis Plamondon, facilite les efforts de financement du parti. « Les gens sont plus réceptifs et plus généreux » que pendant la crise plus tôt cette année.

Les conservateurs d’Andrew Scheer préféraient sûrement le temps où le Bloc québécois s’entre-déchirait. Lors du dîner de la Tribune de la presse, en mai dernier, Andrew Scheer avait déclaré à la blague qu’il n’avait qu’un seul souhait sur l’issue du référendum des membres du Bloc sur la confiance accordée à Martine Ouellet : « C’est qu’elle reste cheffe du Bloc le plus longtemps possible. »

Le Parti conservateur ne veut peut-être pas dévoiler toutes ses cartes des mois avant la campagne électorale. Il court toutefois le risque de laisser le temps à ses adversaires de figer une impression, qui sera peut-être difficile à défaire une fois que le parti se décidera à dévoiler ses politiques.

Madeleine Blais-Morin est correspondante parlementaire à Ottawa

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