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Les Albertains restent au chômage presque trois fois plus longtemps qu’il y a 10 ans

Un travailleur tient un casque et un walkie-talkie sur un chantier.
De nombreux ex-employés du secteur de l'énergie ont dû accrocher leur casque depuis la chute du prix du pétrole. Photo: iStock / PassionStudio

En date d'octobre 2018, les Albertains restent en moyenne 20,9 semaines au chômage avant de réussir à retrouver un emploi, ce qui est presque trois fois plus longtemps qu'en 2008 à pareille date, révèle une nouvelle étude de l'École des politiques publiques de l'Université de Calgary.

Un texte de Héloïse Rodriguez

Depuis le début des années 2000, disent les chercheurs, deux facteurs ont rendu la recherche d’emploi difficile pour les Albertains : la crise économique de 2008-2009 et la baisse du prix du pétrole, qui perdure depuis 2014.

C’est en juin 2017 que les Albertains avaient le plus de mal à retrouver un emploi. À ce moment, ils devaient attendre en moyenne 25, 6 semaines pour réussir à être embauchés de nouveau… soit presque la moitié d’une année.

« Plus vous êtes au chômage longtemps, plus c’est difficile de retrouver un travail, explique Ron Kneebone, un des auteurs de l’étude. Alors si ça fait 25 semaines que vous ne travaillez pas, ce sera très compliqué de trouver un emploi. »

L’autre problème, selon lui, c’est que les Canadiens peuvent seulement recevoir l’assurance-emploi, une aide fédérale, pendant une période déterminée. Ensuite, il incombe à la province de les aider.

« Comme la durée du chômage a augmenté, de plus en plus d’Albertains ont épuisé leurs bénéfices sociaux, et quand ça arrive, ils doivent aller sur l’aide sociale », dit Ron Kneebone. Il a constaté que la proportion de personnes qui reçoivent ces prestations provinciales a doublé en 10 ans, passant de 28 000 à 56 000.

Des travailleurs du secteur pétrolier en Alberta.Ce n'est plus aussi facile qu'avant pour les Albertains de se trouver un emploi dans le secteur de l'énergie. Photo : Associated Press

Mais les prestations reçues sont souvent bien moins généreuses que les salaires dans l’industrie du pétrole.

« Quand on a une famille et on est au chômage pendant la moitié d’une année, le stress est énorme, explique Ron Kneebone. Les gens y passent toutes leurs économies, leurs paiements hypothécaires sont menacés, ils pourraient perdre leur maison… c’est très stressant. »

Cette nouvelle étude ne permet pas de prédire si les Albertains resteront moins longtemps au chômage au cours des prochains mois, ou s’ils devront s’armer de patience en espérant retrouver un travail.

Une reconversion difficile

Erwan Goasdoue est le coordinateur de programme à Connexion Carrière, un centre d’aide à la recherche d’emploi pour les francophones de Calgary. Il a remarqué une baisse du nombre de francophones qui viennent tenter leur chance dans la métropole albertaine.

Il est chauve et a une barbe grisonnante. Il sourit à la caméra. L'image est prise dans son bureau.Erwan Goasdoue aide les francophones à Calgary à se trouver une caméra. Photo : Radio-Canada

« On voit beaucoup moins de gens venir en Alberta, ça, on a noté la différence très très nette. On entend un petit peu plus parler de familles qui déménagent, de gens qui vont prendre des boulots ailleurs », explique Erwan Goasdoue.

Il croit qu’il est important d’aider les travailleurs du secteur énergétique à se reconvertir. Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, dit-il.

« On a vu plus de personnes qui cherchaient à rester dans le même milieu et trouver les mêmes bénéfices et les mêmes salaires que de personnes qui ont tenté des reconversions professionnelles complètes. »

C’est la dure réalité. Quand on est habitués au rythme de vie que pouvait offrir l’industrie [de l’énergie] il y a quelques années, c’est, j’imagine, très très dur de changer de rythme.

Erwan Goasdoue, coordinateur de programme, Connexion Carrière

Mais il tente de se montrer rassurant.

« En dehors de ces marchés-là, il y a toujours de la demande, il y a toujours des industries qui font que Calgary reste une ville attirante, que ce soit au niveau du tourisme, de la logistique, du transport, ou pour nous spécifiquement, avec les francophones, au niveau du service à la clientèle, il y a toujours des demandes pour du personnel bilingue, donc ça ne s’applique pas à tout le monde et il y a encore des opportunités à Calgary », conclut-il.

Avec des informations de Charlotte Dumoulin

Alberta

Emploi