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Traducteurs et services en français abordés à la période des questions

Pallister, debout en chambre, agite les mains en répondant à une question. À côté de lui, des ministres du gouvernement sont assis et écoutent.
Le premier ministre, Brian Pallister, a dû répondre à plusieurs questions sur les services en français mercredi à la Chambre. Photo: Radio-Canada

L'annonce de suppressions de postes au Service de traduction du Manitoba et le dossier des services en français ont été au coeur d'échanges de questions à l'Assemblée législative mercredi, entre les deux partis d'opposition et le premier ministre, Brian Pallister.

Un texte de Camille Gris Roy

Radio-Canada indiquait mardi que sept postes de traducteurs ainsi que quatre postes vacants au sein du Service de traduction provincial seraient abolis d'ici le 30 mars 2019. Le gouvernement estime qu'il gagnera en efficacité en faisant appel à davantage de pigistes, pour augmenter le nombre de pages traduites.

« L’explication fournie par la province n'est pas valable, cette décision rend les services plus précaires », a lancé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba, Wab Kinew, lors de la période des questions.

Est-ce que le premier ministre peut garantir qu’aucun service en français ne sera réduit à cause de cette compression?

Web Kinew, chef du NPD

En question de relance, Wab Kinew a aussi fait référence à l’abolition, l’année dernière, du poste de sous-ministre adjoint responsable du Bureau de l’éducation française.

Après une première réponse plus générale sur l’importance de « redresser la situation financière », le premier ministre, Brian Pallister, a réaffirmé l’intention du gouvernement de « renforcer les services pour les francophones ».

« Nous travaillons de près avec le Conseil consultatif des affaires francophones : il a été mis au courant à l’avance de ces changements [au service de traduction]. Je devrais aussi dire que, sous le NPD, il y a déjà eu des augmentations importantes du travail de traduction par sous-traitance. »

Nous pensons que, ainsi il y aura plus de traductions faites, et que nous pouvons ainsi mieux servir la population francophone.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, a lui aussi apostrophé le premier ministre, parlant d’une « érosion des droits des francophones au Manitoba, sans consultations ».

« C’est un autre exemple d'un cas où le gouvernement prétend que les compressions vont améliorer les services. »

Dougald Lamont en a profité pour demander à Brian Pallister s’il se joindrait au rassemblement prévu samedi à Winnipeg en soutien aux Franco-Ontariens pour protester contre des mesures du gouvernement de Doug Ford en Ontario.

« Si le député souhaite poser des questions à Doug Ford, il aurait dû se porter candidat pour un siège à l’Assemblée législative ontarienne », a répondu le premier ministre.

Pour démontrer que la province avance sur le plan de la francophonie, ce dernier a cité en exemple les nouveaux plans stratégiques des ministères et instances gouvernementales sur les services en français et l’augmentation de la capacité bilingue dans les postes en général au gouvernement. « Tout ça, ce sont des changements pour le mieux. »

Questionnement sur l'avenir

La nouvelle des changements au Service de traduction continue de faire réagir également en dehors des murs de l’Assemblée.

Charles Leblanc est traducteur agréé et secrétaire de l’Association des traducteurs, terminologues et interprètes du Manitoba (ATIM). Lui aussi parle d’un « signe d’érosion des services en français dans la province ».

Est-ce que les pigistes en question vont être locaux ou vont venir d’un peu partout?

Charles Leblanc, traducteur indépendant

« Je ne veux pas attaquer les pigistes, car j’en suis un moi-même, mais la priorité pour notre Association, c’est la qualité des traductions et je peux dire que lorsque les traducteurs sont regroupés, comme c'était le cas avec le service provincial, ça veut dire entre autres une uniformité dans la terminologie, ce qui va être un peu plus difficile parce que le travail va être reparti un peu partout. »

Il ajoute que cela ouvre la porte à l’utilisation de logiciels. « La traduction par machine, ça ne donne pas nécessairement des textes de qualité. »

Avec des informations de Louis-Philippe Leblanc

Manitoba

Politique provinciale