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La mort d’un agent de la GRC causée par de « mauvais traitements » psychologiques

Les visages émus de Catherine Galliford et Atoya Montague.

Catherine Galliford et Atoya Montague ont défendu devant un jury la probité de leur ancien collègue Pierre Lemaître.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Deux anciennes employées de l'unité médias de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) ont témoigné mardi, durant une enquête du coroner autour de l'affaire Dziekanski, des pressions subies de la part de cette dernière par leur collègue Pierre Lemaître, mort de blessures auto-infligées en 2013.

La première témoin, Atoya Montague, a raconté par vidéoconférence depuis les États-Unis, la descente aux enfers de son collègue. Il agonisait. C’était difficile , a-t-elle dit au jury, les larmes aux yeux et la voix chevrotante.

Atoya Montague a accusé la GRC d’avoir trahi son responsable des relations presse en ne lui permettant pas de corriger des propos qu’il avait tenus et qui ne correspondaient pas à la réalité. Certains médias l’avaient qualifié de menteur et de manipulateur, alors qu’il n’avait fait que donner au public les informations que ses collègues lui avaient transmises, selon elle.

Pierre Lemaître avait par la suite été muté vers une autre unité où, selon son ancienne collègue, un agent l’aurait qualifié de négligeable­.

En conséquence, Pierre Lemaître serait resté ébranlé par la façon dont a été gérée l’affaire Robert Dziekanski, du nom d’un immigrant polonais mort en 2007 après avoir reçu des décharges de pistolet électrique lors d’un affrontement avec des agents de la GRC à l’aéroport de Vancouver.

Atoya Montague estime que cet événement et les mauvais traitements subis par le porte-parole sont à 100 % la cause de sa mort, provoquée par des blessures qu'il s'est infligées.

Il a servi de bouc émissaire et il a été trahi par ceux-là mêmes qui disaient faire partie de sa tribu, sa famille.

Atoya Montague, ancienne collègue de Pierre Lemaître

La deuxième témoin, Catherine Galliford, a présenté Pierre Lemaître comme un homme sincère et gentil.

Elle a raconté au jury comment il avait dénoncé un cas de harcèlement sexuel de la part d’un supérieur. Il aurait alors été mis au placard en étant transféré vers un quart de nuit, alors que le supérieur en question aurait été promu.

Un policier dans un uniforme bleu de la Gendarmerie royale du Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le sergent Pierre Lemaître a été le porte-parole officiel de la GRC dans le cadre de l'affaire Dziekanski, l'immigrant polonais mort à l'aéroport de Vancouver.

Photo : Radio-Canada

Les deux femmes ont elles-mêmes poursuivi la GRC pour harcèlement sexuel. Le cas de Mme Galliford a été réglé à l’amiable en 2016.

L’enquête du coroner doit déterminer les circonstances de la mort de Pierre Lemaître et si celle-ci aurait pu être évitée.

Mardi, trois professionnels de la santé ont témoigné qu’ils avaient tenté d’aider l’agent de la GRC à surmonter sa dépression et son syndrome de choc post-traumatique.

L’une d’entre eux, la psychologue Georgia Nemetz, a assuré que la GRC était plus réceptive à la réalité des chocs post-traumatiques, mais que cela dépendait encore des détachements et des personnes qui les commandent.

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