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Vancouver tolère des tentes de sans-abri dans ses parcs

Un panneau inscrit Oppenheimer Park, avec des tentes en arrière-plan, dans un parc, et une rue à droite.

Des sans-abri vivent dans des tentes au parc Oppenheimer, dans le quartier Downtown Eastside, à Vancouver.

Photo : Radio-Canada

Timothé Matte-Bergeron

La ville de Vancouver compte plus de 2100 sans-abri, selon un comptage de mars 2018. Alors que le temps devient moins clément, certains montent leurs tentes dans des parcs municipaux pour se protéger des intempéries. La Ville tolère la situation, mais pas à n'importe quel prix.

Mardi matin, au parc Oppenheimer, dans le quartier défavorisé du Downtown Eastside, des équipes de la Commission des parcs de Vancouver s’activaient à un nettoyage automnal : ramasser les feuilles, couper et entretenir la pelouse, laver les installations sanitaires.

Avec eux, des employés du service d’ingénierie de la Ville, accompagnés de policiers, qui travaillent en collaboration avec une équipe spéciale réservée à l’aide aux itinérants.

« Six jours par semaine, partout en ville, ils travaillent avec des itinérants qui ont monté une tente pour dormir la nuit, explique Tobin Postma, directeur des initiatives stratégiques à la Ville de Vancouver et coordonnateur des services destinés aux sans-abri. Ils travaillent avec eux le jour, pour minimiser leur empreinte dans les espaces publics, afin que ceux-ci puissent être utilisés, et les dirigent vers les services dont ils ont besoin. »

Cela veut aussi dire les aider à repérer des refuges où ils pourraient se rendre, ajoute-t-il.

Difficile de trouver un refuge adéquat

Lara, une sans-abri, est arrivée au parc Oppenheimer il y a environ une semaine avec son copain. Le couple vivait dans un refuge, mais les règles, trop strictes à leur goût, ont mené à leur renvoi.

Ils n’arrivent pas à trouver un autre endroit qui accepte les couples.

Une femme qui coud assise sur une chaise, au milieu de ses affaires, un tente démontée à ses côtés, une voiture de police en arrière-plan, sur le pelouse d'un parc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lara habite le parc Oppenheimer depuis une semaine.

Photo : Radio-Canada / Denis Dossmann

« Ces refuges sont très recherchés, et ils se remplissent très rapidement », admet Tobin Postma, qui ajoute que la Ville travaille à ouvrir le plus possible de ces refuges dits low barrier, qui accueillent des personnes avec le moins de contraintes possibles, leur permettant par exemple d’être accompagnés de leur chien.

Des tentes à démonter chaque matin

Lara explique que chaque jour de la semaine, on les enjoint de démonter leur tente.

C’est frustrant parce que tout devient mouillé en raison de la pluie. C’est notre maison, non? Comment peut-on vivre si, pendant la journée, on ne peut pas aller dans notre maison?

Lara

Tobin Postma admet que vivre dans une tente est souvent une option de dernier recours, et c’est pourquoi la Ville accepte généralement que les campeurs restent dans certains parcs la nuit. Mais ils ne peuvent s’y installer de manière permanente.

« On les invite à démonter les tentes la journée, parce que ce qu’on voit, c’est que les gens accumulent beaucoup d’affaires, et cela a un impact sur les espaces publics et la possibilité pour les autres habitants de la ville d’utiliser ces parcs pour leurs activités », explique-t-il.

Les équipes de la Ville ne retirent généralement pas les tentes qui sont démontées. Elles le feront si les affaires laissées sur place semblent « contaminées » ou « abandonnées », souligne Tobin Postma.

Ian Ford, qui habite dans le quartier avoisinant le parc Oppenheimer, n’a rien contre les gens qui y campent, qui sont « non violents », et « n’achalent personne ».

Si j’avais des problèmes avec ma marchette, je suis sûr qu’ils m’aideraient à la pousser, ou autrement.

Ian Ford
Un homme avec une casquette regarde la caméra, avec une rue et un immeuble en arrière-plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ian Ford habite près du parc Oppenheimer, dans le quartier Downtown Eastside, à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Denis Dossmann

Mais le parc n’est pas fait pour les héberger, croit-il.

« Les enfants devraient être capables de jouer au baseball ou au soccer, dit-il. Ne leur enlevons pas le terrain, les enfants passent en premier. »

Plusieurs options de refuge

Tobin Postma explique que plusieurs types de logements sont disponibles en ce moment pour les sans-abri qui doivent affronter les intempéries.

Entre autres, plus de 300 places dans des refuges temporaires sont disponibles chaque nuit depuis le mois de novembre jusqu’à la fin de l’hiver.

Et en cas de températures extrêmes, des refuges supplémentaires offrant des services de base ouvrent leur porte. Une partie d’entre eux étaient d’ailleurs ouverts dans la nuit de mardi à mercredi.

La Ville de Vancouver précise aussi que 306 unités d’habitations modulaires temporaires ont été construites dans les derniers mois. L’objectif est d’en construire 600.

Un arbre devant un immeuble, avec des tours de verre en arrière-plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des habitations modulaires, dans le centre-ville de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Lara affirme attendre depuis des mois de pouvoir emménager dans un logement de ce type.

« Je suis sur une liste, explique-t-elle. Ce devrait être pour dans quelques mois, puisque j’attends depuis mai. »

C’est la prochaine étape.

Lara

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