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La police britannique conçoit une IA pour prédire les crimes

Des policiers en uniforme gardent un portail menant vers le palais de Westminster à Londres.

Le prototype doit être fonctionnel d'ici la fin du mois de mars 2019.

Photo : Reuters / Marko Djurica

Radio-Canada

Des services policiers britanniques conçoivent actuellement un système qui serait capable de prédire les crimes violents, rapporte New Scientist (Nouvelle fenêtre). Cette initiative soulève de sérieuses questions éthiques dans la communauté scientifique.

Le projet, appelé National Data Analytics Solution (NDAS), doit se servir de statistiques et d’une intelligence artificielle (IA) pour notamment cibler des personnes à risque de commettre des attaques à main armée ou d'en être victimes.

L’objectif du NDAS est d’offrir des thérapies ou de l’aide aux gens à risque. Les policiers ne comptent pas s’en servir pour arrêter les personnes ciblées par le système, mais plutôt pour assister les services sociaux et le système de santé, a affirmé à New Scientist le directeur policier du projet Iain Donnelly.

L’équipe derrière le NDAS a déjà récolté plus d’un téraoctet de données sur au moins 5 millions de Britanniques. Ces personnes peuvent être retrouvées à partir des informations contenues dans cette banque de données.

Les responsables du projet disent travailler conjointement avec le bureau du commissaire à l’information britannique, chargé de faire respecter les lois en matière de confidentialité, pour respecter la notion de vie privée.

De sérieuses questions éthiques

Cela n’a pas empêché des chercheurs de l’Alan Turing Institute, l’institut national britannique pour la recherche sur l’IA, d’émettre de sérieuses réserves quant au NDAS. Dans un rapport qu’ils doivent publier cette semaine que le New Scientist dit avoir pu consulter, les scientifiques affirment que le projet NDAS est plombé par de « sérieux problèmes éthiques ».

Ces chercheurs se demandent s’il est dans l’intérêt public d'agir à l'égard des personnes qui n’ont pas commis de crime et qui pourraient bien ne pas en commettre. Les questions des erreurs statistiques et des prédictions erronées les préoccupent également.

Le chercheur Andrew Ferguson, de l’Université du District de Columbia, à Washington D.C., a également exprimé des inquiétudes quant au renforcement potentiel des inégalités sociales que pourrait entraîner l’utilisation d’un système comme le NDAS.

Selon ce spécialiste, le taux de crimes dans un secteur est souvent en corrélation avec les endroits où les policiers sont déployés. Comme les policiers patrouillent plus souvent dans les quartiers pauvres ou dans ceux où réside une majorité de personnes issues des minorités ethniques, l’intelligence artificielle pourrait être biaisée envers ces classes sociales.

Des réductions de budgets

Neuf services de police du Royaume-Uni travaillent conjointement sur ce projet piloté par les policiers des Midlands de l’Ouest (région de Birmingham). À terme, le NDAS pourrait être utilisé par tous les services de police britanniques.

Un autre système semblable était utilisé jusqu’à tout récemment dans le comté de Kent, dans le sud-est du Royaume-Uni. Les policiers de Kent ont décidé de cesser leur utilisation de ce système (Nouvelle fenêtre) après cinq ans afin de revoir son approche au crime et parce qu’il était difficile de démontrer qu’il permettait réellement de réduire le crime.

La réduction des budgets alloués aux policiers explique l’intérêt pour ce genre de technologie, a indiqué Iain Donnelly.

Un prototype fonctionnel du NDAS doit être livré d’ici la fin du mois de mars 2019.

Avec les informations de New Scientist, et Gizmodo

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