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Les États-Unis ont besoin de l'Arabie saoudite, plaident Pompeo et Mattis au Congrès

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo discute avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'est entretenu avec le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le 16 octobre.

Photo : AFP/Getty Images / LEAH MILLIS

Agence France-Presse

Le chef de la diplomatie américaine estime que la situation au Yémen, en proie à un conflit depuis près de quatre ans, serait « bien pire » si les États-Unis ne soutenaient plus la coalition menée par l'Arabie saoudite, qui reste un allié de Washington malgré le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

C'est en tout cas ce qu'a dit Mike Pompeo aux sénateurs américains, mercredi, lors d'une rencontre à huis clos avec le ministre de la Défense, Jim Mattis, d'après son intervention diffusée au préalable.

Les deux ministres devaient faire le point sur ce que sait l'administration de Donald Trump au sujet de l'assassinat de Khashoggi début octobre au consulat saoudien à Istanbul.

« Que se passerait-il si les États-Unis se retiraient de l'effort au Yémen? Eh bien, devinez : la guerre ne cesserait pas », a également dit M. Pompeo aux sénateurs, qui pourraient voter dès mercredi sur un texte prévoyant l'arrêt du soutien militaire américain à la coalition sous commandement saoudien.

Il a également défendu la décision du président des États-Unis de maintenir l'alliance « inébranlable » avec Riyad malgré les soupçons pesant sur le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, dans ce meurtre. Et donc tenté de les convaincre de ne pas voter contre l'implication américaine dans la guerre au Yémen.

L'implication de MBS

Selon des médias américains, la CIA n'a plus de doutes sur la responsabilité du prince héritier dans le meurtre de Khashoggi. Mais M. Trump a assuré la semaine dernière que l'agence américaine de renseignement extérieur n'avait « rien trouvé d'absolument certain ».

Le président Donald Trump (droite) et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (gauche) à la Maison-BlancheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les élus démocrates souhaitent faire la lumière sur les liens entre le président et le prince héritier de l'Arabie saoudite.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Les services de renseignement américains ne disposent d'aucun élément « direct » liant le prince héritier d'Arabie saoudite au meurtre du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi, a indiqué le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

« Je crois avoir lu tous les éléments du renseignement; il n'y a aucun élément direct liant le prince héritier à l'ordre de tuer Jamal Khashoggi », a dit M. Pompeo à la presse après avoir été auditionné à huis clos par le Sénat.

Mais, plusieurs médias américains estiment toutefois que la CIA croit que l'assassinat a été commandité par Mohammed Ben Salmane. Le président Trump a déjà dit que l'agence de renseignement extérieure n'était parvenue à aucune conclusion définitive.

La position stratégique de l’Arabie saoudite

Jusqu'à présent, le président américain s'est révélé le plus solide soutien de MBS, avec lequel il n'aura pas d'entretien officiel lors de la réunion du G20 en fin de semaine à Buenos Aires. Son entourage n'exclut toutefois pas une « rencontre informelle ».

Carte du Yémen et du sud de l'Arabie saouditeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Yémen subit une grave famine provoquée par la guerre qui détruit le pays.

Photo : Radio-Canada

Le sénateur républicain Bob Corker, patron de la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat et critique du milliardaire américain, a accusé la semaine dernière la Maison-Blanche d'être devenue « une agence de relations publiques » pour MBS.

M. Mattis, selon le texte de sa déclaration devant le Sénat, a relevé que les États-Unis avaient « rarement la liberté de travailler avec des partenaires impeccables ».

« L'Arabie saoudite, du fait de sa situation géographique et de la menace iranienne, est fondamentale pour maintenir la sécurité régionale et celle d'Israël, et nos intérêts dans la stabilité au Proche-Orient », a-t-il souligné.

« Des relations de long terme nous guident, mais ne nous aveuglent pas, selon M. Mattis. Nous devons maintenir notre double exigence de faire rendre des comptes aux responsables du meurtre tout en reconnaissant la réalité de la nécessité de compter l'Arabie saoudite comme un partenaire stratégique. »

Le Yémen et la sécurité internationale

Par ailleurs, a également souligné M. Pompeo, « abandonner le Yémen nuirait considérablement aux intérêts américains de sécurité nationale et à ceux de nos alliés et partenaires au Moyen-Orient ». Selon lui, « la première mission est d'assister les Saoudiens et les Émiratis dans leur combat contre les combattants Houthis soutenus par l'Iran ».

Les États-Unis ont indiqué mardi au Conseil de sécurité de l'ONU qu'un projet de résolution appelant à une trêve au Yémen devrait être retardé, en attendant les consultations de paix prévues en Suède début décembre.

Selon des diplomates onusiens, l'émissaire de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, espère rassembler autour d'une même table le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, et les rebelles Houthis. Ces consultations pourraient débuter dès le 3 décembre.

Selon l'ONU ce conflit, qui a fait depuis 2015 au moins 10 000 morts et selon certaines ONG jusqu'à cinq fois plus, a placé en situation de préfamine au moins 14 millions de personnes dans le pays, déplacées par les combats.

Conflits armés

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