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Retards de Trans Mountain : l'Alberta achètera deux trains pour transporter son pétrole

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, parle devant un micro lors d'une conférence de presse à Edmonton.

Rachel Notley, la première ministre de l'Alberta

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Marie-Pier Mercier

L'Alberta fera l'acquisition de deux trains pour permettre d'exporter plus facilement son pétrole vers de nouveaux marchés en raison de la saturation du réseau d'oléoducs dans la province.

Ces trains devraient entrer en service à l'automne 2019 et pourront transporter 120 000 barils par jour, soit le tiers de ce qui est déjà transporté sur les rails. Une solution qui ne donne toutefois pas accès à de nouveaux marchés, mais qui permet d'alimenter la demande américaine

La première ministre Rachel Notley a fait cette annonce au cercle canadien d'Ottawa dans le but de promouvoir les avantages du transport du pétrole par pipeline.

Elle invite le fédéral à financer une partie de cet achat, dont le montant demeure encore inconnu.

À l’heure actuelle, des délais empêchent la construction des pipelines Trans Mountain et Keystone XL, ce qui fait en sorte que l’Alberta ne peut transporter son pétrole vers de nouveaux marchés.

Selon la première ministre, le Canada perd 80 millions de dollars par jour en raison de ces délais : « Les nouveaux pipelines ne contribuent pas aux changements climatiques. Ils donnent aux Canadiens plus d’emplois. »

Ceux qui sont inquiets pour nos côtes, Trans Mountain veut seulement dire un pétrolier de plus par jour dans l’un des ports les plus occupés du monde.

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta

Mme Notley affirme que si le pétrole ne peut pas rejoindre les marchés internationaux par pipeline, il le fera par train, mais au prix de l’environnement puisque « transporter du pétrole par train, ça produit plus de gaz à effet de serre que par pipeline. »

« Ce n’est pas une solution à long terme. C’est seulement une solution à court et moyen termes, mais d’ici à ce que le pipeline soit construit, nous devons transporter plus de pétrole par train », dit-elle.

Selon la première ministre, cela permettra de réduire l’écart entre le prix du pétrole américain et canadien à 4 $ et permettrait de générer 1 million de dollars en revenu fédéral. L'écart entre le prix du baril de pétrole de l'Alberta et celui de West Texas Intermediate, aux États-Unis, est actuellement de 40 $.

« Ottawa doit agir »

« Nous avons besoin du gouvernement fédéral pour régler cette crise », déclare Mme Notley, qui demande au gouvernement fédéral de respecter son échéancier au sujet de Trans Mountain.

Elle invite Ottawa à financer une partie de l’achat de ces nouveaux trains, dont le montant demeure encore inconnu. Les récents commentaires du ministre des Finances, Bill Morneau ont toutefois laissé entendre qu'Ottawa se détournait de cette option.

Elle veut aussi que le gouvernement fédéral corrige le projet de loi C-69 qui rendra plus difficile la construction de grand projet énergétique et l’invite fortement à abolir le projet de loi C-48 qui empêche le pétrole albertain de rejoindre les marchés de l’Alaska et du nord du Canada.

L’opposition a une autre solution

Le chef de l’opposition albertaine, Jason Kenney, s’est adressé aux médias peu après l’annonce de la première ministre.

« Un litre de pétrole albertain coûte 10 cents, une fraction du coût d’un litre d’eau », qui se vend à près de 2,90 $ le litre, déplore le chef du Parti conservateur uni.

M. Kenney demande au gouvernement une réduction obligatoire de production du pétrole albertain de 10 % afin d’aider l’industrie en « crise ». D’après lui, cette mesure augmenterait le prix du baril de pétrole de la province et réduirait à 20 $ la différence entre le prix du baril du pétrole albertain et du pétrole américain.

« Je suis habituellement contre l’intervention de l’État mais après consultation, je pense que des actions sont nécessaires », déclare-t-il.

C’est la seule solution qui nous permettra de rester compétitifs.

Jason Kenney, chef du Parti conservateur uni

Selon lui, la solution du gouvernement Notley n’est pas mauvaise, mais ne répond pas aux besoins de l’industrie à court terme.

La ministre de l’Énergie, Mag McCuaig-Boyd, dit ne fermer pas la porte à de bonnes idées. Elle affirme toutefois que l’industrie est très divisée quant à la réduction de la production de pétrole.

Selon Jason Kenney, le gouvernement doit aller de l’avant avec cette solution d’ici la fin de la session, qui se termine la semaine prochaine, pour que certains amendements soient effectués.

Alberta

Transports