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M.I.L.F. : quand la maternité efface la femme

À l’ère des réseaux sociaux où l’image règne en roi et maître, M.I.L.F se penche sur le corps marqué par la maternité qui ne correspond plus à la définition du désir.
À l’ère des réseaux sociaux où l’image règne en roi et maître, M.I.L.F. se penche sur le corps marqué par la maternité qui ne correspond plus à la définition du désir. Photo: Courtoisie/Marianne Duval / MarianneDuval
Radio-Canada

M.I.L.F. est une pièce profondément dérangeante à regarder, quoique nécessaire, parce qu'elle donne la parole à la colère des femmes. Un événement rare!

Un texte d’Anne-Josée Cameron

Créé en septembre 2017 à Ottawa et présenté ces jours-ci au Périscope, M.I.L.F., une production du Théâtre du Trillium, aborde avec audace la question de la maternité et de la sexualité.

Signé Marjolaine Beauchamp, le texte nous plonge dans la réalité de trois femmes, toutes trois mères, que la maternité semble avoir rendues invisibles aux regards des hommes.

Maternité et désir

À l’ère de Tinder et autres applications du genre où l’image règne en roi et maître, leur corps marqué par la maternité ne correspond plus à la définition du désir.

Comment faire pour s’y retrouver quand on est une femme pleine de vie et de désir, mais également une mère?

M.I.L.F. (mothers I’d like to f***) est un acronyme provenant du monde de la pornographie sur Internet faisant référence dans le cas présent à la sexualité des femmes ayant des enfants.

La mise en scène de Pierre Antoine Lafon Simard est d’ailleurs inspirée par l’esthétique de la pornographie web. Clair-obscur, quelques chaises, une table, musique puissante, stroboscope et nudité composent un environnement empreint de solitude et de souffrance.

Une pièce dure à regarder

La pièce de Marjolaine Beauchamp aborde avec violence la maternité, la monoparentalité, la dépression, le rejet et la douleur.

Ici, aucune mère parfaite à l’horizon, mais des femmes fatiguées et dépassées par le trou noir que peut être la maternité.

Les trois comédiennes qui jouent dans la pièce sont très bonnes, cependant Marjolaine Beauchamp s’illustre plus particulièrement en raison de certaines scènes qui demandent, on l’imagine, énormément d’abandon.

M.I.L.F. n’est pas une pièce agréable à regarder, la souffrance y est toujours présente et l’espoir presque inexistant, mais elle est nécessaire parce qu'elle donne à entendre des vérités que la société refuse habituellement d’écouter.

La pièce est présentée au Périscope jusqu’au 1er décembre.

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