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Études sur la décomposition des corps humains à Bécancour : des citoyens s'informent

Corps recouvert d'un drap où l'on voit les pieds et une étiquette attachée à un orteil
Archives Photo: Shutterstock

La création d'un site de recherche extérieur pour l'étude des cadavres est une première au Canada. L'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a donc jugé bon d'organiser une séance d'information à Bécancour, ville où le laboratoire sera installé.

Un texte de Marilyn Marceau

Une dizaine de personnes ont répondu à l’appel mardi soir, dans le gymnase de l’École Terre-des-Jeunes, malgré les conditions routières difficiles.

Le site sécurisé de recherche en thanatologie (SSRT) de l’UQTR se trouvera près de la rue Louis-Riel, dans un coin boisé et isolé du parc industriel de Bécancour. La superficie sera d'environ 600 mètres carrés.

Les professeurs et chercheurs Shari Forbes, Frank Crispino et Gilles Bronchti étaient présents pour répondre aux interrogations des citoyens, mais bien peu de questions leur ont été posées.

Shari Forbes derrière un podium où il est écrit UQTRLa professeure australienne Shari Forbes, une sommité mondiale en criminalistique, est à la tête d'une nouvelle chaire de recherche sur la décomposition des corps humains à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Plusieurs, comme Odilon St-Louis, étaient surtout intéressés à en savoir davantage sur le laboratoire. Le résident du secteur Gentilly voit le projet d’un bon oeil.

C’est un plus, ça fait connaître notre région, pas juste dans la province, mais au point de vue international, parce que les chercheurs viennent d’un peu partout et ils vont s’informer sur le site et il y a certainement du monde qui vont venir de l’étranger pour le visiter, a-t-il déclaré après avoir assisté à la séance d’information.

Les chercheurs ont effectivement affirmé que l’installation de ce site pourrait faire de Bécancour une place de choix pour accueillir la communauté scientifique lors de colloques, par exemple.

Des représentants du diocèse catholique de Nicolet étaient aussi sur place. Ils ont notamment demandé à avoir plus d’informations au sujet du don de corps à la science.

Homme debout au micro, devant des chaises vides et un peu de gens dans le gymnase de l'école Terre-des-Jeunes.Le chancelier du diocèse de Nicolet, David St-Laurent, a posé des questions au sujet du don de corps à la science, lors de la séance d'information mardi soir à Bécancour. Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Le site de recherche servira à analyser la décomposition des corps humains. Ils y seront déposés pour en étudier les modifications post-mortem en conditions naturelles, dans un climat nordique. Ces recherches pourraient aider à élucier des disparitions ou des homicides, par exemple.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, affirme ne pas avoir senti d'inquiétude de la population au sujet de ce projet, mais trouvait la tenue d’une séance d’information importante.

Il faut comprendre bien sûr que ce n’est pas habituel, ce n’est pas quelque chose qu’on voit tous les jours. Surtout que ça touche de cadavre humain, alors à ce moment-là je pense que les gens ont besoin d’informations, a-t-il déclaré.

Comment le site sera-t-il sécurisé?

Des clôtures seront installées pour empêcher les gens et les animaux de passer par en dessous ou par en haut. Il y aura aussi, notamment, des caméras de surveillance.

Les barrières seront munies d’une toile opaque pour décourager les curieux.

Une protection supplémentaire sera installée pour protéger les corps humains. À l’intérieur du site lui-même, les corps seront enfermés dans des cages de protection, précise le professeur au département de chimie, biochimie et physique, Frank Crispino.

Les travaux de préparation du site devraient commencer au printemps 2019, dans le but d’être opérationnel à l’été.

On y trouvera d’abord des carcasses de porcs sur lesquels les chercheurs vont tester leurs capteurs, avant de les utiliser sur des corps humains.

L’UQTR songe à mettre sur pied d’autres sites ailleurs au Québec et dans d’autres provinces canadiennes, par exemple en Colombie-Britannique, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Il s’agirait de sites complémentaires à celui de Bécancour.

Avec la collaboration de Marie-Ève Trudel

Mauricie et Centre du Québec

Science