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  • Envoyé spécial
  • Signer l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, et puis après?

    Les drapeaux du Mexique, du Canada et des États-Unis flottent près d'un bâtiment lors d'une journée ensoleillée.
    La signature de l'accord survient après des mois de négociations fertiles en rebondissements. Photo: Reuters / Rebecca Cook
    Radio-Canada

    Après des mois de négociations dramatiques, le Canada a signé vendredi la nouvelle mouture de son principal accord commercial, en marge du Sommet du G20, à Buenos Aires. La cérémonie à laquelle ont participé Justin Trudeau, Enrique Peña Nieto et Donald Trump n'a pas masqué le fait que les tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium sont toujours en vigueur.

    Un texte de Louis Blouin, envoyé spécial en Argentine

    Le gouvernement fédéral a travaillé fort en coulisses – et en vain – pour que ces droits douaniers soient retirés à temps pour la signature de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Ottawa a eu beau plaider auprès des Américains qu’ils sont dommageables pour les deux pays, ils étaient toujours en place au moment de sceller l'accord.

    Pourquoi, alors, signer quand même?

    Le gouvernement Trudeau n’avait pas beaucoup d’options. Bien sûr, Ottawa aurait pu refuser de signer l’ACEUM tant que les tarifs douaniers étaient maintenus, mais cette approche aurait représenté « un gros risque », selon Patrick Leblond, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa.

    Il faut être pragmatique. Est-ce qu’on veut mettre à risque le nouvel accord?

    Patrick Leblond, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa

    Le professeur Leblond soutient que l'utilisation de l’ACEUM comme levier de négociation aurait pu provoquer une réaction négative de l’administration Trump. La menace américaine de se retirer de l’accord n’étant jamais bien loin, elle aurait pu « faire remonter toute l’incertitude qui a plané dans la dernière année ».

    « Dans un contexte où les libéraux s’en vont en élection à l’automne [2019], je ne suis pas certain que ce scénario soit à leur avantage », ajoute-t-il.

    Après des mois mouvementés, le gouvernement Trudeau veut protéger son traité commercial durement négocié et trouver une autre solution aux tarifs douaniers américains de 25 % sur les importations d’acier et 10 % sur l’aluminium.

    D’ailleurs, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a accepté de trancher le différend commercial, mais le processus peut prendre plusieurs mois.

    Lors d’une séance d’information avant le départ de Justin Trudeau pour l’Argentine, un responsable du gouvernement canadien a répété que les barrières tarifaires américaines, justifiées par des motifs de sécurité nationale, sont « inacceptables ». Du même souffle, il a indiqué que l’ACEUM est un élément important de l’économie canadienne.

    La signature de l’ACEUM par les trois partenaires est une étape importante, qui mènera au bout du compte à la ratification du traité par les législateurs de chaque pays.

    Tensions commerciales sino-américaines

    Le président américain et son homologue chinois Xi Jinping.Donald Trump et Xi Jinping à Mar-a-Lago, en Floride Photo : Reuters / Carlos Barria

    C’est toutefois un autre litige commercial, aux répercussions potentiellement beaucoup plus importantes, qui risque de monopoliser l'attention au cours du Sommet du G20 en Argentine : celui entre la Chine et les États-Unis. Une nouvelle escalade pourrait peser lourd sur l’économie mondiale.

    La rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois, Xi Jinping, sera surveillée de près. Le président américain croit qu’il y a une « bonne chance » qu’un accord soit trouvé avec la Chine, selon son principal conseiller économique.

    Reste que les tensions demeurent vives après la décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois et sa menace de les étendre à 267 milliards de dollars de marchandises supplémentaires.

    « Essayer de calmer le jeu, c’est peut-être l’objectif de ce sommet », souligne le professeur Patrick Leblond. Il se demande si les autres pays membres du G20, comme le Canada, tenteront de jouer les médiateurs.

    Une résolution du conflit pendant le Sommet du G20 serait par contre étonnante, rétorque Jocelyn Coulon, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal.

    « S’ils peuvent réduire les différences, tant mieux, mais les conversations vont se poursuivre après ça », explique-t-il.

    « Il ne faut jamais penser que les sommets règlent des différends », ajoute l'expert, qui rappelle que ces forums sont avant tout « des rencontres informelles » qui n’ont aucun caractère contraignant ou légal.

    Politique fédérale

    Économie