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La première Autochtone docteure en génie de l'Université de l'Alberta veut « réparer » les sables bitumineux

Une femme scientifique dans un bureau
Chelsea Benally est la première femme autochtone à obtenir un doctorat en génie de l'Université de l'Alberta. Photo: Université de l'Alberta
Radio-Canada

La première femme autochtone à obtenir un doctorat en génie de l'Université de l'Alberta travaille à développer de nouvelles méthodes pour traiter les eaux des bassins de rétention, formées de rejets polluants produits par l'exploitation des sables bitumineux.

Chelsea Benally, membre de la nation Navajo et originaire de Flagstaff, en Arizona, explique que travailler en réhabilitation est une passion depuis ses études aux cycles supérieurs, lorsqu'elle a appris l'existence du déclin environnemental et des ingénieurs qui voulaient « réparer les choses ».

Mais avant qu'elle puisse faire sa part pour la réhabilitation des sables bitumineux, Mme Benally a passé des années dans un laboratoire du gouvernement américain.

Après avoir étudié les génies chimique et environnemental à l'Université de l'Arizona, le premier emploi de Mme Benally fut aux Sandia National Laboratories, une compagnie à saveur technologique installée à Albuquerque, au Nouveau-Mexique.

En tant que sous-traitant du gouvernement fédéral, Sandia fabrique des armes nucléaires et répond à d'autres demandes de Washington.

Il s'agissait d'un bon emploi pour une ingénieure en chimie qui sortait de l'école. Le poste était garanti, bien payé, et elle a même été envoyée à l'université pour y compléter sa maîtrise.

Mais Mme Benally ne trouvait pas ce travail satisfaisant.

« Vous n'êtes pas supposée demander " qu'est-ce que cette composante, et quel est son rôle?" . Vous n'êtes pas supposée demander l'utilité des choses », a-t-elle mentionné en entrevue sur les ondes de la CBC à Edmonton.

« Vous ne recevez que l'information nécessaire. »

Son travail devait demeurer confidentiel et sa formation comprenait des mises en garde contre l'espionnage.

« Si vous deviez aller à l'étranger, vous deviez faire attention si des gens vous posaient des questions, vous deviez restreindre vos réponses, et vous rappeler de l'endroit où vous laissiez vos bagages », dit-elle.

« Même quand j'y travaillais plus tard, je n'avais pas l'impression que je savais quoi que ce soit que quiconque aurait voulu savoir. »

L'heure du changement

Lorsque Chelsea Benally a été acceptée dans une formation de haut vol sur les technologies liées aux armes nucléaires, elle a décidé qu'il était temps de prendre du recul et de faire quelque chose de « plus utile ».

Après avoir pris connaissance de l'existence des travaux de l'Université de l'Alberta en matière de réhabilitation des sables bitumineux, elle a posé sa candidature et a été acceptée en 2011.

En compagnie de son jeune fils, elle a fait ses bagages pour l'Alberta, où elle a entamé un doctorat, pour étudier le traitement des eaux des bassins de récupération en compagnie du chercheur Mohamed Gamal El-Din.

Jusqu'à maintenant, son travail a surtout porté sur la création de membranes et d'autres matériaux absorbants pouvant filtrer les toxines présentes dans l'eau.

Savoir que son éducation peut servir à travailler sur des problèmes provoqués par l'espèce humaine est satisfaisant, affirme Mme Benally, mais elle conserve une bonne part d'humilité lorsque vient le temps de parler de son travail.

« Je travaille sur une très petite pièce [du puzzle]. »

Être la première femme autochtone à obtenir un doctorat en génie de l'Université de l'Alberta est d'ailleurs une victoire douce-amère pour celle-ci.

Elle n'était pas au fait de cette situation avant le printemps dernier, et souhaite que les femmes originaires des Premières Nations soient mieux représentées en génie.

« Je n'ai pas vraiment pensé au fait que j'étais la seule. Bien des gens dans mes cours provenaient d'autres pays. Je ne me suis pas sentie comme si je n'étais pas la bienvenue. »

Celsea Benally

« Je suis triste, en un sens, parce que bien que je sois autochtone, je ne suis pas originaire du Canada. Dans un sens, je suis triste que [la distinction ne soit pas accordée] à quelqu'un d'ici. J'aimerais qu'il y en ait davantage. »

Avec les informations de CBC News

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