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Donald Trump menace d'éliminer les subventions à GM

L'extérieur de l'usine  de Lordstown, en Ohio.
GM a annoncé la fermeture de cinq usines en Amérique du Nord, dont celle de Lordstown, en Ohio. Photo: Associated Press / Tony Dejak
Radio-Canada

Le président américain, Donald Trump, a averti mardi que son administration étudiait la possibilité de supprimer toutes les subventions à General Motors en représailles à l'annonce du constructeur automobile de fermer quatre usines aux États-Unis.

Se disant « très déçu » par l'annonce de l’entreprise de fermer quatre de ses usines aux États-Unis, le président Trump s'est tourné vers Twitter pour menacer de supprimer l'ensemble des subventions allouées au constructeur, y compris celles destinées aux voitures électriques.

« Les États-Unis ont sauvé General Motors, et c’est comme ça qu’elle nous REMERCIE! », a-t-il écrit, soulignant qu'aucune des usines touchées n'était située au Mexique ou en Chine.

Il y a plusieurs années, General Motors a parié gros en construisant des usines en Chine (et au Mexique). Je ne pense pas que ce pari sera payant. Je suis ici pour protéger les travailleurs américains!

Donald Trump sur Twitter

La sortie de Trump survient au lendemain de l'annonce de GM de fermer d’ici la fin de 2019 deux usines au Michigan, deux autres en Ohio et au Maryland ainsi que celle d'Oshawa, en Ontario.

Le constructeur a indiqué qu'il fermerait deux autres usines en 2019, sans préciser le ou les pays concernés.

L'action de GM a perdu près 3 % de sa valeur à la Bourse de New York après les commentaires du président.

Le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a précisé au cours d'un point de presse qu'il avait rencontré, la veille, la PDG de GM, Mary Barra, et répété l'insatisfaction de l'administration. Il n'a pas précisé la valeur des subventions accordées à GM.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a pour sa part indiqué que le président évaluait différentes options.

« Franchement, cette histoire vient du fait qu'ils fabriquent une voiture que personne ne veut acheter. Espérons, qu'ils vont faire des ajustements et reprendre ces employés », a-t-elle déclaré.

Dans un communiqué émis après les messages publiés par le président sur Twitter, GM s’est dite « déterminée à maintenir une forte présence industrielle » aux États-Unis, invoquant des investissements de 22 milliards de dollars depuis le plan de sauvetage financé par les contribuables américains, en 2009.

La décision permettra d’augmenter le nombre de ses employés et d’assurer son « succès à long terme », affirme l’entreprise. Celle-ci souligne que plusieurs de ses employés pourront être déplacés dans d’autres usines pour répondre à la croissance des ventes de camionnettes, de véhicules multisegments et de VUS.

La multinationale dit en outre reconnaître les mesures prises par l’administration Trump « au nom de l'industrie pour améliorer la compétitivité globale du secteur manufacturier américain ».

Selon CNN, la principale subvention dont bénéficie l'entreprise pour ses véhicules électriques est sur le point de se tarir d'elle-même: le gouvernement américain octroie un crédit d'impôt de 7500 $ pour chaque véhicule vendu jusqu'à concurrence de 200 000 véhicules, un seuil que prévoit franchir GM d'ici la fin de l'année.

La plus importante restructuration de GM depuis 2009

Un homme assemble les pièces d'un véhicule dans une usine de General Motors, au Michigan.Cet été, General Motors avançait que la menace de tarifs sur les autos risquait de miner sa compétitivité face à des constructeurs automobiles étrangers. Photo : Reuters / Rebecca Cook

L'annonce de GM s'inscrit dans un plan de restructuration touchant les activités de l'entreprise en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde et visant à économiser six milliards de dollars d'ici fin 2020.

Le groupe affiche pourtant de solides bénéfices : plus de 2,5 milliards de dollars seulement au troisième trimestre.

Il s'agit de sa plus importante restructuration depuis que l'administration Obama a sauvé GM et Chrysler de la faillite, il y a près de 10 ans.

La multinationale a indiqué que les changements toucheraient plus de 14 000 personnes en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde, soit 15 % de sa main-d’oeuvre. GM assure que 25 % des emplois perdus seront des postes de cadres.

Justifiant sa décision par la nécessité d'être plus compétitif dans une industrie en pleine évolution, GM a indiqué qu'il entendait concentrer ses activités sur la conception de voitures autonomes et électriques, mais a aussi évoqué une augmentation de la demande de camions et de VUS au détriment des berlines.

L'opposition démocrate a elle aussi critiqué la décision de GM. Le leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a évoqué « un coup de poing au ventre des travailleurs de l'Ohio, du Michigan et du Maryland ».

Donald Trump, président des États-Unis

Une manoeuvre de « diversion »

Le représentant du Michigan Dan Kildee, un démocrate, a critiqué l’approche du président Trump.

Ses menaces ne sont qu’une « diversion pour faire oublier qu’il n’a pas réussi à respecter ses promesses » de garder les usines au pays, a-t-il soutenu sur les ondes de CNN. Ses politiques récompensent les Américains les plus aisés, mais pas les ouvriers, a-t-il affirmé.

Pendant la campagne présidentielle de 2016, Donald Trump s'était engagé à créer un climat favorable pour investir aux États-Unis et relancer le secteur manufacturier, en particulier l'industrie automobile. Il avait promis d'endiguer la délocalisation des emplois vers le Mexique en renégociant l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

L'annonce de GM a été faite deux mois après la conclusion de l'entente qui l'a remplacé, l'Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC).

Le secteur automobile a subi les contrecoups de l'imposition de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, auxquels sont soumis le Canada, le Mexique et l'Union européenne.

En 2016, la victoire surprise de Donald Trump a été obtenue en bonne partie grâce aux votes dans les États où la mondialisation a provoqué une désindustrialisation dévastatrice, notamment en Ohio. M. Trump, qui fait déjà activement campagne pour sa réélection en 2020, aura de nouveau besoin de ces voix.

Avec les informations de CNN, Reuters, et AFP

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