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Des ormes du centre-ville de Matane infectés par la maladie hollandaise

Le Centre d'éducation des adultes de Matane

Le Centre d'éducation des adultes de Matane

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Radio-Canada

Cinq des six ormes situés sur le terrain du Centre de formation des adultes devront être abattus ce printemps parce qu'ils sont très affectés par la maladie hollandaise. L'objectif est de protéger un autre orme, planté en 1888, qui fait partie de l'histoire de Matane.

Un texte de Jean-François Deschênes

Cette maladie est provoquée par un insecte vecteur d'un champignon sans danger pour l'humain, mais sans pitié pour l'arbre.

La présidente de la Commission scolaire des Monts-et-Marées, Céline Lefrançois, se désole de devoir faire couper les arbres, ce qui transformera le paysage autour de l'école D’Amours.

Un des six arbres pourra être sauvé, espère-t-elle. On a coupé des branches. On va en prendre soin pour essayer de conserver celui-là. C’est triste. Ce n’est pas juste une situation réservée à nous, c’est à l’ensemble de la province.

Arbres devant une école.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cinq des six arbres de l'École D'Amours sont sérieusement affectés et devront être coupés dès le printemps.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

L’arbre Levasseur

C'est qu'il y a un autre orme, important dans le cœur de bien des Matanais, qui est situé à quelques mètres des arbres infestés de l'école D'Amours.

L'orme emblématique du centre-ville de Matane a été planté il y a 130 ans. Selon la Ville, l'arbre ne démontre pas de signe de maladie, mais une inspection sera faite à la prochaine saison chaude.

Arbre au centre-ville de Matane.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cet orme a été planté en 1888 par Hector Levasseur alors qu'il était âgé de 10 ans.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Pour le consultant en arboriculture, Jean Lamontagne, ce n’est qu’une question de temps avant que l’arbre soit infecté.

Plaque historique qui raconte dans quelle circonstance l'arbre a été plantée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette plaque qui raconte l'histoire de l'orme du centre-ville de Matane a été installée par des élèves d'une classe de 6e année de l'école Zénon Soucy pour l'année scolaire 1982-1983.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le spécialiste qui traite des ormes depuis une trentaine d’années estime que Matane doit faire inspecter minutieusement l'arbre du centre-ville dès le début de chaque été.

Selon lui, s'il a été infesté par l'insecte ravageur à plus de 5 %, il faudra le couper. Sinon, les traitements de préventions seront nécessaires. C’est extrêmement rapide; c’est pour ça qu’il n’y a pas de traitement curatif. Le seul traitement potentiel est préventif, c’est-à-dire qu’il ne faut pas que l’arbre ait une maladie avant l’injection. S’il y a une maladie, on ne peut plus traiter, ça ne vaut pas la peine.Un traitement peut coûter un millier de dollars, calcule M. Lamontagne, et est efficace durant trois ans.

Cette maladie-là progresse extrêmement rapidement. Ce champignon-là peut tuer un orme de deux mètres de diamètre en une année.

Jean Lamontagne, consultant en arboriculture
Orme et pancartes qui indiquent les attraits du centre-ville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Si l'arbre devait être coupé, le visage de cette partie du centre-ville serait transformé.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Selon Jean Lamontagne, la Ville de Québec a adopté des règles sévères de conservation, ce qui a permis de sauver les 10 000 ormes sur son territoire.

Le consultant soutient que maladie hollandaise a fait des ravages dans les endroits qui n'ont pas pris les mesures nécessaires pour les protéger. C’est extrêmement virulent et mortel. À Montréal, il n’y en a plus d’ormes et pourtant il y en avait autant qu’à Québec.

À quand remonte le premier cas de maladie hollandaise au Québec?

La maladie a été recensée pour la première fois en 1944 à Saint-Ours, près de Sorel. On la retrouve aujourd’hui dans tous les endroits où poussent les ormes d’Amérique.

Source : ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Ormes devant une école.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'âge de ces ormes est estimé à une centaine d'années.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Jean Lamontagne constate une recrudescence de la maladie depuis environ deux ans. Sur le territoire de la Ville de Québec par exemple, il estime que 3 % des 10  000 ormes ont dû être coupés l’an dernier, soit trois fois plus que d'habitude. Les spécialistes s'expliquent mal cette augmentation, mais ils croient que la chaleur exceptionnelle de la dernière saison ne serait pas étrangère au phénomène.

Un arbre au milieu d'un champ.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'arbre des Jardins de l'orme était âgé de 200 ans.

Photo : Jardins de l'orme

Les Jardins de l’orme… sans orme

L’entreprise matanaise, les Jardins de l’orme, qui cultive des fruits et légumes biologiques, tire son nom de l’arbre qui trônait depuis des décennies au milieu des terres familiales.

Il y a quelques années, la copropriétaire, Caroline Durette, a dû le faire couper à contrecœur parce qu’il était infecté par la maladie hollandaise.

La propriétaire a bien songé à changer le nom de l‘entreprise, mais elle a changé d'avis. Elle a plutôt décidé de chercher un autre orme résistant à la maladie qu’elle promet de planter bientôt pour ainsi écrire une nouvelle page d’histoire de l’entreprise familiale.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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