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Une Franco-Yukonnaise et son bébé périssent dans une attaque de grizzly

Une femme tient dans ses bras un bébé.

Valérie Théorêt habitait le Yukon depuis 2005. Elle est photographiée ici une semaine avant son départ pour la concession de piégeage par une amie.

Photo : Émilie Dory

Radio-Canada

La coroner du Yukon confirme que les victimes d'une attaque de grizzly, survenue lundi, sont Valérie Théorêt, 37 ans, et son bébé de 10 mois, Adele.

Le drame est survenu dans la concession de piégeage (parcelles de territoires pour piéger des animaux) de la petite famille, près du lac Einarson, au nord-est de Mayo, à la frontière avec les Territoires du Nord-Ouest.

Le trappeur Gjermund Roesholt, conjoint de Mme Théorêt et père de l'enfant, s'était éloigné de la cabane familiale lorsque l'attaque a eu lieu. Il est revenu vers 15 h et a été attaqué par l'ours à une centaine de mètres de la cabane. Il s'est servi d'une arme à feu et a abattu le grizzly.

Par la suite, il s'est dirigé vers la cabane, où il a découvert les corps de sa conjointe et de sa fille, qui gisaient inanimés à l'extérieur.

Une équipe d'enquêteurs de la police et d’agents de conservation de la faune s’est rendue sur les lieux pour ramener le trappeur à Whitehorse mardi.

une jeune femme portant son bébé dans une écharpe

Valérie Théorêt, originaire du Québec, habitait le Yukon depuis 2005.

Photo : Josianne Gauthier

Les amis se rassemblent

Les nombreux amis de Valérie Théorêt se sont rassemblés mardi en journée pour s’offrir un soutien mutuel.

Valérie Théorêt profitait d’un congé de maternité avec la petite Adele de son poste d’enseignante à l’école d’immersion Whitehorse Elementary.

Elle était très engagée dans la communauté francophone, la communauté de plein air et celle des enseignants.

« Extrêmement connue et extrêmement une bonne personne », indique un ami proche, Rémy Beaupré. Le piégeage était un rêve de famille, confie ce dernier.

C’était vraiment leur premier gros trip de piégeage. Valérie était en congé de maternité avec son bébé et pouvait prendre du temps off pendant l’hiver pour aller faire du piégeage. [Elle] était venue ici quelques jours avant de partir et elle était tellement excitée d’aller faire un trip de famille, c’était un rêve devenu réalité.

Rémy Beaupré, ami proche

Bien préparés

Le président de l’Association des trappeurs du Yukon, Brian Melanson, raconte que la famille occupait le territoire de piégeage voisin du sien.

« Ça frappe fort quand c’est votre voisin », dit-il. Il ajoute du même souffle que le couple en était à sa troisième saison et était bien préparé.

« Ce n’est pas en raison d’un manque d’expérience », affirme Brian Melanson.

Rémy Beaupré affirme que le couple était conscient des dangers que comportait le mode de vie en nature sauvage.

une femme avec une tuque et un col de fourrure devant des bois d'animaux

Valérie Théorêt fabriquait des produits d'artisanat à partir des fourrures obtenues sur le territoire de piégeage.

Photo : Marie-Hélène Comeau

« Oui, c’est sûr qu’ils réalisaient. Ils étaient d’ailleurs très bien préparés pour toute éventualité, mais il n’y a rien que tu peux faire contre un ours quand tu ne le vois pas venir. »

L’enquête conjointe de la coroner, de la GRC et du ministère de l’Environnement se poursuit.

L'Association franco-yukonnaise prévoit offrir un service de soutien psychologique au Centre de la francophonie dans les prochains jours.

La ligne d'écoute Tel-Aide offre également des services en français au Yukon, au 1 800 567-9699.

Grand-Nord

Justice et faits divers