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Des plats locaux en libre-service à la gare routière de Montréal

Les trois personnes à côté d'un distributeur d'aliments

Yann Berhault et Clarisse Fournier, cofondateurs d'On Mange Quoi, et Julien Tourgeron, de French Tech de Montréal.

Photo : On Mange Quoi

Radio-Canada

Depuis mardi dernier, les visiteurs de la gare routière de Montréal, rue Berri, y découvrent un nouveau distributeur alimentaire automatique. Plutôt que des tablettes de chocolat ou des sacs de chips importés, ils peuvent y trouver des plats cuisinés localement par des entreprises québécoises.

Un texte d'Alexis Gacon

Entre deux quiches fabriquées à moins de cinq kilomètres de la gare, un client hésite, avant de se décider. Le plat ne tombe pas dans une trappe, il est apporté délicatement via un tiroir électrique, pour que la pâte ne s'effrite pas.

Le distributeur, vert et blanc, présente une vingtaine de produits différents dans deux vitrines, séparées par un grand écran pour commander les plats.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le distributeur est installé en face des voies 7 et 8 des bus au départ de la gare routière de Montréal.

Photo : On Mange Quoi

La majorité des plats proposés dans le distributeur de la gare proviennent de l’île de Montréal. « L’idée c’est de mettre en avant le savoir culinaire local, des chefs d’ici, des entreprises d’ici, et les rendre accessibles en quelques instants », explique Clarisse Fournier, cofondatrice d’On Mange Quoi, l’entreprise qui distribue ces plats en libre-service. La fourchette de prix des collations et des plats varie entre 5 $ et 11 $.

Le distributeur de la gare routière est le premier de l’entreprise à être installé à Montréal dans un lieu public; un autre est déjà en place dans une entreprise, « comme une alternative à la cafétéria », précise la cofondatrice.

Katell Burot, qui confectionne dans Rosemont–La Petite-Patrie des quiches et des tartes vendues dans le distributeur, a embarqué sans hésiter dans l’aventure. Elle a été conquise par l’enthousiasme de l’équipe et par le projet. « On a regardé comment nos produits allaient être placés. Par exemple, la tarte au citron meringué peut être écrasée lorsqu’elle est présentée à la verticale. On ne l’a donc pas sélectionnée dans le distributeur. » Son entreprise, Carrément Tarte, était à la recherche de circuits de consommation plus courts et moins conventionnels que les épiceries.

Des plats de saison et des invendus pour la rue

Les distributeurs d’On Mange Quoi sont connectés, ce qui permet à l’entreprise de suivre l’inventaire en temps réel. « Dès qu’un produit manque, on est alertés et on peut prendre la commande auprès des artisans producteurs », explique Clarisse Fournier.

Le fait de faire appel à des petits producteurs pour approvisionner les machines n’effraie pas la cofondatrice en cas de succès du projet. « Certains peuvent déjà produire à gros volume, d’autres moins », convient-elle.

Les plats vont changer selon les saisons, promet-elle, en fonction du menu des fournisseurs. Quant aux invendus, ils sont donnés à l’organisme Dans la rue ou à des frigos communautaires.

L'enjeu des marges de profit

Katell Burot espère que ce type d’initiative sera soutenue à terme, au niveau public.

Si la mairesse de Montréal décide que tous les distributeurs des lieux publics de l’île doivent fournir des plats locaux, ça serait un vrai atout pour les producteurs et un signe fort. 

Katell Burot

Elle déplore que les distributeurs en libre-service proposent toujours les sempiternels mêmes produits venant d'ailleurs.

Mais la marge de profit est plus élevée avec des produits comme les chips et les tablettes de chocolat des grandes marques, explique Patrick Fournel, directeur de distributrices GMP, une entreprise qui propose la location de distributeurs et leur approvisionnement. Plus populaires, ces produits sont en effet achetés à grand volume pour les entreprises distributrices. « On propose aussi, dans une partie de nos distributeurs, des produits locaux, mais ils nous reviennent plus cher à l’achat, et sont moins achetés », explique-t-il.

Un vol à prendre

Pour l’instant, Montréal est une base de lancement pour l’entreprise On Mange Quoi. Elle pourrait continuer de se développer en France, d’où sont originaires les trois fondateurs. Ils sont soutenus par le consulat général de France à Québec pour que l’entreprise progresse dans un incubateur durant trois mois, à Paris. C'est le troisième membre de l'équipe, Anthony Ouzeau, qui s'en charge.

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