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Manifestations d'élèves contre l'annulation du projet d'Université de l'Ontario français

Photo d'élèves à l'extérieur tenant un drapeau franco-ontarien et une affiche qui dit « Francofort ».
Des élèves du Collège français de Toronto manifestent. Photo: Radio-Canada / Camille Feireisen
Radio-Canada

Des centaines d'élèves francophones du secondaire ont quitté les bancs d'école dans le Sud de l'Ontario, mardi matin, pour manifester contre l'annulation par le gouvernement de Doug Ford du projet d'Université de l'Ontario français à Toronto.

Une dizaine d'écoles, principalement de la région de Toronto, mais d'aussi loin que Sarnia, ont participé au mouvement appelé « Francofort ».

Les élèves sont retournés en classe dans le calme après 20 à 40 minutes à l'extérieur, selon les écoles.

Béatrice et Vanessa, deux élèves en 10e année au Collège français de Toronto, expliquent qu'elles veulent faire des études postsecondaires en français sans avoir à déménager.

Nous voulons vivre en français et avoir le même choix de programmes que les anglophones. Ce n’est pas juste que l’université francophone ait été annulée, les Franco-Ontariens se sont battus pour nos droits et nous continuerons la lutte.

Béatrice, élève du Collège français de Toronto
Photo de deux adolescentes qui tiennent une affiche qui dit « Francofort » devant un groupe d'élèves.Béatrice (à g.) et Vanessa demandent à Doug Ford de rétablir le projet d'Université de l'Ontario français. Photo : Radio-Canada / Camille Feireisen

La mobilisation est une initiative d'élèves qui a pris naissance dans les réseaux sociaux, sur une page Instagram.

Selon Vanessa, qui étudie au Collège français, il était important de passer du clic à l’action, pour faire reculer le gouvernement. On voulait montrer qu’on ne se mobilise pas que sur les réseaux sociaux, mais que la jeunesse est prête à lutter pour ses droits linguistiques, explique l'élève.

À Richmond Hill, en banlieue de Toronto, une centaine d'élèves de l'École secondaire Norval-Morrisseau ont défilé devant l'établissement, affiches à la main, en chantant en chœur l’hymne des Franco-Ontariens, Notre place.

Photo d'élèves à l'extérieur tenant une affiche disant « Il nous F-O une université ».Des élèves de l'École secondaire Norval-Morrisseau ont manifesté eux aussi. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

La vice-présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et élève en 12e année de l'établissement, Alisha Kara, souligne que l'abolition du projet d'université francophone, qui devait accueillir ses premiers étudiants en 2020, risque de favoriser l'assimilation.

Il y a plein d’élèves à notre école qui voulaient y aller et c’est décevant de ne plus avoir cette chance.

Alisha Kara, élève de 12e année à l'École secondaire Norval-Morrrisseau

Une autre manifestante, Anaïs Zoghlami, ajoute qu'elle devra déménager dans une autre ville, comme Ottawa, afin de poursuivre ses études en français, ce qui entraîne des coûts supplémentaires.

Les carrés verts

Photo d'élèves en cercle à l'extérieur devant une école près de drapeaux canadien et franco-ontarien.Des élèves de l'École secondaire Gaétan-Gervais, à Oakville, tiennent des carrés verts, symbole de la résistance franco-ontarienne. Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

À Oakville, des élèves de l'École secondaire Gaétan-Gervais tenaient dans les airs des carrés verts, symbole de la résistance franco-ontarienne.

Pascal Hogue, l’un des élèves qui ont coordonné cette manifestation, a pris la parole devant ses camarades et n’a pas mâché ses mots à l’endroit du premier ministre Ford.

Elle est passée où, notre université franco-ontarienne? Elle a disparu, elle n'existe pas, comme la cervelle de Doug Ford.

Pascal Hogue, élève de l'École secondaire Gaétan-Gervais

On a une éducation en français de la maternelle à la douzième année, mais après, pour l’université, c’est comme une langue de seconde zone, a dénoncé l'élève.

Josée Landriault, directrice de l’École secondaire Gaétan-Gervais, assistait à la manifestation avec d’autres membres du personnel. Elle s’est dit fière de ses élèves et de voir l’importance de la francophonie dans leur démarche.

Ça me touche énormément de voir la passion de mes élèves et de voir que le futur des Franco-Ontariens est entre de bonnes mains, a affirmé Mme Landriault.

Elle a ajouté que le Conseil scolaire Viamonde n’avait pas tenté de faire annuler ces manifestations. La directive du Conseil scolaire était qu’on était au courant et de les laisser faire, mais d’assurer leur sécurité et de s’assurer que tout se passe bien, a-t-elle précisé.

Des élèves de l'École catholique Saint-François-Xavier, à Sarnia, avaient eux aussi organisé une manifestation, mardi matin.

De son côté, la présidente du Conseil scolaire catholique MonAvenir, Melinda Chartrand, a incité les parents dans une lettre il y a une semaine à participer activement au mouvement de la résistance mené par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

Avec des renseignements fournis par Camille Feireisen, Marie-Hélène Ratel et Rozenn Nicolle

Toronto

Francophonie