•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La fermeture de GM à Oshawa, un choc prévisible

Des véhicules utilitaires sport sont exposés dans la cour d'un concessionnaire General Motors.

Des véhicules utilitaires sport exposés dans la cour d'un concessionnaire General Motors de Watertown dans l'État de New York.

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Radio-Canada

L'annonce soudaine de la fermeture des installations de General Motors (GM) à Oshawa illustre une réalité : les constructeurs américains voient d'importants changements se produire. Ils doivent s'ajuster aux goûts du jour des consommateurs et trouver rapidement le bon modèle d'affaires.

Un texte de Marc Godbout

Une visite au concessionnaire GM de Watertown, dans l’État de New York, permet de saisir assez rapidement le portrait de la situation.

Il est impossible de trouver les deux modèles de berlines fabriqués à l’usine d’Oshawa : l'Impala et la Cadillac XTS. L'usine fabrique également les camionnettes Chevrolet Silverado et GMC Sierra.

Le directeur des ventes, Steve Vecchio, explique qu’il ne sert plus à rien de maintenir ces véhicules en stock tellement la demande est faible.

Pour chaque Impala vendue, on vend 30 VUS. Et l’écart continue de s’agrandir.

Steve Vecchio, directeur des ventes, Davidson GM

La décision de GM de cesser la production de l’Impala et de la Cadillac XTS à son usine d’Oshawa reflète une réalité : la berline est en déclin depuis 2009 aux États-Unis où sont exportés 80 % des 2 millions de véhicules fabriqués au Canada.

Ces jours-ci, Mary Herbert fait le tour des concessionnaires de Watertown. Ce n’est plus qu’une question de jours avant qu’elle se procure un véhicule utilitaire sport (VUS). Elle a pourtant toujours conduit une berline.

« La dernière fois que j’ai changé de véhicule, c’était il y a sept ans. Je refusais d’acheter un VUS. Mais depuis, la consommation de carburant s’est grandement améliorée », explique-t-elle.

Une dame inspecte un véhicule utilitaire sport qu'elle souhaite acheter.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mary Herbert regarde un véhicule VUS chez un concessionnaire GM à Watertown, dans l'État de New York

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Cette année, plus du quart des Américains propriétaires de véhicules de taille moyenne échangent leur voiture contre un VUS. Une donnée qui n'a rien pour aider Oshawa.

La décision de General Motors suit celle de Ford d’abandonner d’ici quatre ans l’assemblage de la quasi-totalité des berlines destinées au marché nord-américain afin d’épargner et d’être plus compétitif.

Changement de direction radical

Dix ans après le sauvetage, la survie de GM est à nouveau mise en cause. Cette fois, ce n'est pas une récession qui frappe, mais un défi technologique que doivent relever les constructeurs américains.

General Motors s’engage dans une transition qui devrait s’avérer longue et coûteuse, vers les véhicules électriques et autonomes.

Le reste du monde procède à des changements rapides. GM n’a pas le choix si elle veut survivre aux bouleversements en cours dans le secteur automobile.

Kristin Dziczek, vice-présidente du Center for Automotive Research

Le premier constructeur automobile aux États-Unis compte doubler les ressources allouées aux véhicules électriques et autonomes au cours des prochaines années dans l’intention de dominer les marchés américain et chinois.

Les drapeaux de General Motors et de la Chine flottent dans le vent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les drapeaux de General Motors et de la Chine flotte devant le siège social du constructeur à Shanghai en Chine.

Photo : Getty Images / PETER PARKS

Plusieurs experts soutiennent que la fermeture de deux usines de transmission aux États-Unis, une au Michigan et l’autre au Maryland, montre à quel point le constructeur est sérieux dans ses intentions de devenir le premier constructeur mondial de voitures électriques.

Mais les lourds investissements que requiert sa nouvelle stratégie arrivent justement au moment où les ventes du constructeur sont en baisse dans ses deux plus importants marchés : les États-Unis et la Chine.

« Ce sont des défis sérieux. Les risques sont énormes. Ils ne vont pas tous gagner », prévient Kristin Dziczek, vice-présidente du Center for Automotive Research, situé au Michigan.

Dans les rues de Watertown, on est bien loin de la transition présentée lundi par General Motors. Ici, les véhicules électriques sont encore plus rares que l’Impala d’Oshawa.

Industrie automobile

Économie