•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trois villes québécoises qui se sont relevées de fermetures d’usines

Le reportage d'Azeb Wolde-Giorghis
Radio-Canada

Boisbriand, Shawinigan et L'Assomption. Autant de municipalités qui ont dû composer avec des fermetures d'usines qui employaient des centaines de travailleurs. Comment ces communautés se sont-elles relevées? Tour d'horizon.

C'est en 2002 que General Motors ferme son usine de Boisbriand, dans les Basses-Laurentides, qui construisait la Camaro. Cela a été un coup dur pour les quelque 1200 travailleurs, bien rémunérés, qui ont alors perdu leur emploi.

Dans l’immédiat, le départ de GM s'est traduit par d’importantes pertes d'impôts fonciers pour Boisbriand. General Motors versait 2 millions de dollars par année en taxes foncières, ce qui représentait 17 % des revenus de la Ville à l'époque, explique la mairesse Marlène Cordato.

La municipalité a su se relever en diversifiant son économie. Elle a transformé la moitié de l’immense site de l’usine en centre commercial, le Faubourg Boisbriand, une autre partie en un parc industriel et le reste en développement résidentiel.

La stratégie mise de l'avant par la Ville de Boisbriand a porté ses fruits, car les trois composantes de l'ancien site de la GM – centre commercial, parc industriel et développement résidentiel – constituent maintenant 16 % des revenus de la municipalité.

Les montants perdus en impôts fonciers ont été récupérés, mais seulement après plusieurs années, explique la mairesse Cordato.

On a dû faire des compressions et des concessions et aussi être capable d’avoir une vision qui soit plus diversifiée. Mais ça ne veut pas dire autant d'emplois bien rémunérés.

Marlène Cordato, mairesse de Boisbriand

Shawinigan : la fin de l’ère industrielle et l’arrivée de l’ère numérique

La fin de l’ère industrielle a été difficile pour Shawinigan, en Mauricie, qui a subi trois fermetures d'usines de 2007 à 2014.

En 2007, l’usine de la Belgo cessait ses activités après plus de 100 ans d'exploitation. Ensuite, en 2014, c'était au tour de l’aluminerie Rio Tinto Alcan et de l’usine de pâtes et papiers Laurentide, de Produits forestiers Résolu, de fermer leurs portes.

En tout, c’est 1500 emplois qui disparaissent.

La Ville de Shawinigan a appris à vivre sans les grandes entreprises qui faisaient rouler son économie.

« On a fait un virage complet vers la petite et la moyenne entreprise », raconte le maire Michel Angers.

Un comité de diversification économique et un centre d’entrepreneuriat ont ainsi été mis sur pied afin d’assurer la renaissance de Shawinigan, qui a été un des berceaux industriels du Québec.

La communauté a changé complètement de mentalité. Maintenant, on est à l’ère du numérique, on est à l’ère de l’entrepreneuriat.

Michel Angers, maire de Shawinigan

Il assure que de plus en plus de petites et de moyennes entreprises choisissent de s’installer dans sa municipalité.

« Si vous venez faire un tour à Shawinigan, vous allez voir qu’il y a beaucoup beaucoup de dynamisme et de vitalité », ajoute-t-il fièrement.

Le maire Angers concède toutefois que les emplois créés ne rapportent pas nécessairement des salaires comparables à ceux qu’obtenaient auparavant les travailleurs de la Belgo, de l'usine Laurentide et de Rio Tinto Alcan.

Michel AngersMaire de Shawinigan depuis 2009, Michel Angers a fait le pari relancer l'économie de la ville en valorisant la petite et moyenne entreprise. Photo : Radio-Canada

L’Assomption tarde à se relever

La municipalité de L’Assomption, dans Lanaudière, a pour sa part toujours de la difficulté à se remettre de la fermeture de l’usine Electrolux en 2014.

Le licenciement des quelque 1300 travailleurs avait alors semé la consternation dans la région.

Les impacts de cette fermeture peuvent toujours être constatés, raconte Marcel Paradis, de Campus Emploi Joliette. Il raconte que plusieurs travailleurs qui étaient peu scolarisés et qui recevaient de bons salaires ne se sont pas encore trouvé d'emploi.

Cette situation a mené une douzaine d’hommes au suicide, révèle Marcel Paradis.

« Ils avaient de la difficulté à retrouver un emploi qui correspondait au niveau de vie qu’ils avaient […] Ils ne voyaient pas comment ils pouvaient garder leurs maisons, leurs voitures. »

Le conseil municipal de L'Assomption a donné, le 20 novembre, le feu vert à la multinationale Electrolux afin de démolir son usine inoccupée à l'entrée de la ville.

Plusieurs conditions accompagnent ce permis de démolition.

Electrolux devra notamment excaver ses installations enfouies et végétaliser le site, alors qu'elle prévoyait plutôt de laisser sur le site tout le béton et l'asphalte qui le recouvrent.

Au printemps dernier, Electrolux a poursuivi la Ville parce qu'elle refusait de lui délivrer un permis de démolition.

Avec les informations de Manon Globensky et de Vincent Champagne

Industries

Économie