•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fermeture de l’Installation de conditionnement des semences forestières de l’Ontario

De petits conifères.
La pépinière Sommerville Seedings achetait 25 millions de semences chaque année au producteur gouvernemental. Photo: Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel
Radio-Canada

Le gouvernement provincial ferme l'Installation de conditionnement des semences forestières de l'Ontario qui existait depuis 1926. Une centaine de compagnies de partout en province, dont des pépinières, y achetaient chaque année leurs semences.

Un texte de Marie-Hélène Ratel

Des membres de la communauté de la région de Simcoe s’inquiètent des conséquences et du manque de perspective et de planification pour la suite des choses.

Les libéraux de Kathleen Wynne avaient annoncé la fermeture du site, qui se trouve à Angus, en 2017.

Peu de temps après son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Doug Ford avait mis le projet en veilleuse, le temps d’étudier la situation.

Mais à la suite de consultations en août dernier entre le ministre des Richesses naturelles et des Forêts et les différentes parties prenantes, l’installation est en train de fermer et la vente de matériel et d’équipement a déjà commencé.

Se tourner vers les compagnies privées

Certaines pépinières dépendaient toutefois du site pour se procurer leurs semences. C’est le cas de Fred Somerville, président de Somerville Seedings. Il y achetait environ 25 millions de semences de conifères chaque année.

Fred Somerville, de la pépinière Somerville Seedings, sur un terrain de plantations de conifères.Fred Somerville, de la pépinière Somerville Seedings, achetait toutes ces semences du site gouvernemental. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Nous avons acheté nos semences là-bas chaque année depuis 1955. Nous allons avoir de la difficulté à en trouver suffisamment.

Fred Somerville, président, Somerville Seedings

M. Sommerville ne sait pas vers qui il se tournera désormais. Il ne connaît pas d’entreprises qui se spécialisent dans le domaine, bien que ce seront désormais les compagnies privées qui devront répondre à la demande et offrir le service de production et de vente.

Des plateaux de séchage de cônes empilés.Les plateaux de séchage de cônes sont en vente sur le site web du ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Inquiétudes environnementales

La fermeture de l’Installation de conditionnement des semences forestières pourrait représenter un risque pour la biodiversité de l’Ontario, croit le groupe environnemental AWARE Essa.

La commissaire Dianne Saxe abonde dans le même sens, dans son rapport annuel déposé le 13 novembre, deux jours avant d’apprendre que son poste était aboli.

Selon la commissaire, afin de protéger et reboiser les forêts, le gouvernement devrait garantir le financement et l’accès public aux semences appropriées sur les plans biologique et climatique.

L’une des conséquences, pourrait être la disparition de certaines espèces, comme les frênes et les ormes, peut-on lire dans le rapport, si ces semences ne sont pas préservées.

Une banque d’archives de semences du gouvernement doit être maintenue à Sault-Sainte-Marie, mais les porte-parole de l’organisme AWARE Essa ne croient pas que cela sera suffisant pour protéger toute la variété d’espèces qui se trouvent dans les forêts du sud de l’Ontario.

Anne Learn Sharpe et Janet Lord-Genyk, de l'organisme environnemental AWARE Essa, Anne Learn Sharpe et Janet Lord-Genyk d'AWARE Essa s'inquiètent des conséquences sur la biodiversité des forêts de l'Ontario. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

On nous a dit que ces archives seront exclusivement utilisées à l’interne par le ministère. Il semble que ces semences ne seront donc pas disponibles pour les compagnies privées.

Anne Learn Sharpe, membre du groupe environnemental AWARE Essa

Non viable financièrement

Selon le chef de projets stratégiques, Ken Durst, du ministère des Richesses naturelles et des Forêts, le centre, qui générait des dépenses d'un million de dollars annuellement et des revenus de 200 000 dollars, n’était plus viable financièrement.

Avant 1996, l’installation a connu ses années prospères, explique M. Durst, mais depuis ce temps la demande et le nombre de semences produites chaque année ont baissé considérablement.

Trois jours d'ateliers sont organisés cette semaine, dans le canton d’Essa, afin d'aider les compagnies et membres de la communauté à identifier des solutions pour la suite des choses.

Toronto

Industrie forestière