•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les employés de Postes Canada forcés de reprendre le travail aujourd'hui

Une boîte à lettres de Postes Canada.

Les syndiqués de Postes Canada espéraient parvenir à une entente avant l'entrée en vigueur de la loi spéciale.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Radio-Canada

Les sénateurs ont adopté, lundi soir, le projet de loi spéciale qui mettra fin aux grèves tournantes des 50 000 employés de Postes Canada menées depuis cinq semaines. Le retour au travail des employés des postes se fera mardi à midi, heure normale de l'Est.

Après une journée de pause, les sénateurs ont terminé en séance extraordinaire la troisième lecture du projet de loi C-89, dont le Parti libéral a accéléré l’adoption à la Chambre des communes.

Le texte a été adopté à 53 voix contre 25, alors que quatre sénateurs se sont abstenus.

Il a reçu la sanction royale, ce qui obligera un retour au travail mardi à midi, heure normale de l'Est.

Le projet de loi a été débattu à la Chambre haute du Parlement en séance extraordinaire samedi. Au lieu de poursuivre le débat le lendemain, les sénateurs ont préféré se donner une journée supplémentaire pour analyser les témoignages entendus.

La ministre des Services publics, Carla Qualtrough, le président du syndicat de Postes Canada, Mike Palecek, ainsi que la présidente du conseil d'administration et présidente-directrice générale par intérim de Postes Canada, Jessica L. McDonald, avaient notamment comparu devant le Sénat.

Les représentants de Postes Canada et du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) s'étaient assis à la table de négociations dimanche, dans l'espoir de parvenir à une entente avant l'adoption du projet de loi.

La semaine dernière, le STTP, qui a dénoncé un « geste hypocrite », n'a pas exclu la possibilité de contester la validité de cette loi devant les tribunaux.

90 jours pour s'entendre

Vue intérieure de la Chambre haute du Parlement.

Le projet de loi concernant Postes Canada a été débattu à la Chambre haute du Parlement en séance extraordinaire samedi avant de reprendre lundi.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le texte de la loi spéciale prévoit la reprise ainsi que le maintien des services postaux et impose un médiateur-arbitre pour aider les deux parties à s'entendre sur les questions qui font toujours l’objet d’un différend. Si le processus échoue au bout de 90 jours, elles se feront imposer un règlement.

Une fois promulgué, le projet de loi C-89 imposera des amendes allant de 1000 $ à 50 000 $ par jour à tout contrevenant, et jusqu'à 100 000 $ par jour à Postes Canada ou au syndicat s'ils devaient enfreindre ses dispositions.

La mesure législative a été présentée jeudi par le gouvernement Trudeau et adoptée le lendemain par la Chambre des communes.

La ministre du Travail, Patricia Hajdu, avait notamment invoqué les retards dans la livraison de colis pendant les soldes du Vendredi fou et la période d'emplettes des Fêtes ainsi que les conséquences pour les petites et moyennes entreprises.

Le projet de loi C-89 a été adopté peu après 1 h du matin samedi par une majorité de 166 contre 43. Six élus libéraux ont voté contre le projet de loi. Les députés du Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD) l'ont rejeté en bloc, tandis qu'aucun élu du Parti conservateur n'était présent au moment du vote.

Le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper avait forcé le retour au travail des employés des postes en 2011 en adoptant lui aussi une loi de retour au travail.

Un tribunal l'avait déclarée inconstitutionnelle.

La ministre Hajdu a soutenu la semaine dernière que le projet de loi du gouvernement libéral était « différent » parce qu'il n'imposait pas de nouvelles conventions collectives.

Les demandes du syndicat

Les syndiqués réclament notamment de meilleurs salaires pour les employés en milieu rural et en banlieue, davantage de sécurité d'emploi et un minimum d'heures de travail garanti.

Le syndicat souhaite également que Postes Canada adopte des mesures qui réduiraient le nombre de blessures au travail.

La semaine dernière, le syndicat avait opposé une fin de non-recevoir à la demande de l'employeur d'observer une trêve pour la période des Fêtes. Les membres du syndicat ont amorcé leurs grèves tournantes le 22 octobre.

Ces débrayages ciblés et successifs ont entraîné des arriérés de courrier et de colis dans les principaux centres de tri de la société d'État à Vancouver, Toronto et Montréal.

Postes Canada affirmait qu’elle serait en mesure de livrer 30 000 colis au cours des deux derniers jours au lieu des 500 000 prévus, des chiffres contestés par le syndicat.

Les négociations entre Postes Canada et ses syndiqués ont commencé en novembre 2017, et la convention collective est échue depuis le 31 décembre 2017.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique