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Les pêches autochtones de la Gaspésie expliquées en Afrique

Catherine Lambert-Koizumi et Noémie Giguère devant une banderole de la Conférence sur l'économie bleue durable
Catherine Lambert-Koizumi, directrice générale l’Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Malécite, et Noémie Giguère, directrice générale de Technopole maritime du Québec, présentent toutes deux des conférences dans le cadre de la rencontre sur « l'économie bleue durable », à Nairobi. Photo: Courtoisie
Radio-Canada

Les bienfaits de la pêche communautaire pour les autochtones en Gaspésie n'auront plus de secrets pour des centaines de chercheurs et de décideurs de partout dans le monde dès aujourd'hui. L'activité fait l'objet, ce mardi à Nairobi, au Kenya, d'une présentation internationale à la conférence sur « l'économie bleue durable », qui vise ni plus ni moins qu'à transformer l'économie maritime de la planète.

Un texte de Vincent Champagne

Catherine Lambert-Koizumi, directrice générale de l’Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Malécite (AGHAMM), a fait le long voyage de la Gaspésie à l’Afrique de l’Est afin de participer, comme au moins 4000 autres personnes, à la première édition de cet événement qui est coorganisé par le Canada, le Japon et le Kenya.

La Conférence sur l’économie bleue durable a débuté lundi, en présence d’une multitude de dignitaires, dont le ministre des Pêches et Océans du Canada, Jonathan Wilkinson. Elle se poursuit jusqu’à mercredi.

La présentation de Mme Lambert-Koizumi s’inscrit dans le cadre d’un symposium parallèle consacré aux questions scientifiques et à la recherche. La directrice générale de l'AGHAMM décrira les efforts de son organisation pour soutenir et promouvoir la pêche communautaire autochtone, qu’elle considère comme un bel exemple d’activité économique « durable ».

« Je viens présenter le modèle canadien, parce que je pense qu’il est inspirant », expliquait Mme Lambert-Koizumi en direct de Nairobi, à la veille de son allocution. « Les pêches communautaires commerciales permettent de redonner aux communautés. Elles exploitent les ressources de la mer de façon durable, parce que les Premières Nations sont impliquées dans la gestion des pêches. »

Je vais parler des retombées que nous avons au niveau de l’éducation, de la formation, de l’emploi, mais aussi de la fierté au sein des communautés.

Catherine Lambert-Koizumi, directrice générale de l’AGHAMM

L’expérience des deux communautés micmaques et de la communauté malécite gaspésiennes ne pourrait être un meilleur exemple de ce que cherchent à illustrer les organisateurs de la Conférence. « L'économie bleue » fait allusion aux activités économiques liées à la mer, aux océans, aux lacs et aux rivières, mais aussi aux côtes et aux plages, développées dans le respect de l’environnement.

Par ses multiples présentations à la fois scientifiques et politiques, la Conférence, qui s’inspire des objectifs de l’ONU en matière de développement durable, vise à transmettre des connaissances pour « améliorer la vie de tous, en particulier les États en développement, les femmes, les jeunes et les peuples autochtones ».

Elle vise également à montrer comment il est possible d’« exploiter les dernières innovations, les avancées scientifiques et les meilleures pratiques pour assurer la prospérité, tout en préservant nos eaux pour les générations futures ».

Des chef d'État et des ministres posent pour une photo de groupe devant une banderole de la Conférence sur l'économie bleue durable.Des chefs d'état, des ministres, mais aussi des dirigeants de grandes organisations internationales participent à la première conférence sur l'économie bleue durable, qui se tient à Nairobi, au Kenya. Photo : Getty Images / AFP/Yasuyoshi Chiba

Le modèle communautaire

Mme Lambert-Koizumi rappelle que les Premières Nations ont été tenues à l’écart de la pêche commerciale pendant longtemps, jusqu’à ce qu’un jugement de la Cour suprême reconnaisse leur droit ancestral, en 1999. À l’époque, la décision avait créé de fortes tensions, et même des violences, entre des pêcheurs blancs et autochtones.

Presque 20 ans plus tard, les différents programmes créés par le fédéral dans la foulée du jugement de la Cour suprême ont permis d'engendrer des leviers de développement économique intéressants pour les deux communautés micmaques de Gesgapegiag et de Gespeg, et pour la communauté malécite de Viger.

« Ce sont des initiatives importantes qui ont donné des ressources aux communautés autochtones afin de former des recrues dans la pêche, des aides-pêcheurs, des capitaines, pour acquérir des bateaux, des quotas de pêche et des accès à plusieurs espèces », explique Mme Lambert-Koizumi, qui dirige une équipe de 17 professionnels. Ils offrent du soutien technique et des ressources pour répondre aux besoins des pêcheurs autochtones.

Si la directrice générale est au Kenya pour transmettre son expérience, elle y est aussi pour faire des rencontres et découvrir ce qui se fait de mieux dans le secteur des pêches ailleurs dans le monde.

Je suis venue en me disant qu’on pouvait peut-être avoir des collaborations avec d’autres collègues, penser à des échanges avec des jeunes. Je suis à l’affût de tout ça. On rencontre des gens intéressants.

Catherine Lambert-Koizumi, directrice générale de l’AGHAMM

La délégation canadienne compte environ 150 membres. La directrice générale de l’organisme Technopole maritime du Québec, Noémie Giguère, présente également mardi une conférence sur le thème des incubateurs et accélérateurs d’entreprises en démarrage dans le secteur nautique.

Le Canada actif dans « l'économie bleue »

Le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Jonathan Wilkinson, devant un microLe ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne Jonathan Wilkinson dirige la délégation canadienne à la Conférence internationale sur l'économie bleue durable, à Nairobi, au Kenya. Photo : Getty Images / AFP/Yasuyoshi Chiba

Le Canada a investi environ 2,7 millions de dollars dans l’événement, afin de permettre, notamment, la participation de délégués de petits États insulaires et de pays moins développés.

Le ministère des Pêches et Océans souligne que les océans procurent plus de 350 000 emplois au Canada et qu'ils génèrent 36 milliards de dollars chaque année, dans les secteurs des pêches, des transports, du tourisme et de l’énergie. Le pays possède le plus long littoral au monde, avec plus de 202 000 km de côtes.

Lundi, le ministre Jonathan Wilkinson a rappelé les investissements canadiens de 10 millions de dollars visant à protéger la biodiversité et à adapter les côtes pacifiques aux bouleversements liés aux changements climatiques.

Il a aussi mentionné les quelque 20 millions de dollars d’aide aux États insulaires en développement, qui devront faire face à la montée des eaux au cours des prochaines décennies.

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