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Les MRC de la Vallée-de-l'Or et d'Abitibi-Ouest délaissent les avis publics dans les journaux

Photo du portail internet de la MRC d'Abitibi-Ouest où sont placés les avis publics.

La MRC d'Abitibi-Ouest diffusera ses avis publics sur le web

Photo : Capture d'écran MRC Abitibi-Ouest

Radio-Canada

La MRC de la Vallée-de-l'Or et celle d'Abitibi-Ouest ont décidé de ne plus publier la plupart de leurs avis publics dans les journaux régionaux. Ils les afficheront plutôt sur leurs sites internet. Pour la Fédération nationale des communications, il s'agit d'un nouveau coup dur pour les médias, qui pourrait aussi nuire à la participation citoyenne.

Un texte de Thomas Deshaies

Depuis l'adoption de la loi 122, les villes et MRC peuvent modifier leurs pratiques de diffusion des avis publics. Elles ne sont plus dans l'obligation de les publier par l'entremise des journaux locaux, sauf certaines exceptions.
La MRC de la Vallée-de-l'Or (MRCVO) a adopté le 21 novembre dernier un règlement qui leur permettra de publier les avis publics sur le web.

Le préfet de la MRCVO, Pierre Corbeil, est conscient que cette décision pourrait se traduire par une perte de revenus pour les journaux régionaux. Il estime cependant que la MRC trouvera un certain équilibre dans ses stratégies de communication.

On essaie de rejoindre nos concitoyens et concitoyennes par le maximum de véhicules qui sont mis à notre disposition aujourd'hui , explique-t-il.

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) estime que ce changement permettra aux municipalités du Québec de réaliser des économies. « La publication des avis en format papier, ça représentait un coût important pour les municipalités au Québec, soit de 5 à 10 millions de dollars par année », souligne Patrick Lemieux, conseiller aux communications pour l'UMQ.

Un frein à la participation citoyenne?

Le président d'Hebdos Québec, Benoît Chartier, dénonce fortement cette situation. C'est évident que quand on enlève l'avis public d'un journal, puis qu'on le met sur le site web de ladite ville ou de la MRC, c'est clair que ces avis seront beaucoup moins visibles, déplore-t-il.

C'est un manque flagrant de transparence de ramener cela sur leurs sites web.

Benoît Chartier, président d'Hebdos Québec

La présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), Pascale St-Onge, abonde dans le même sens.

Ce sont vraiment les initiés qui s'intéressent de très près à la vie municipale qui vont fréquenter le site d'une municipalité, souligne-t-elle. Donc, c'est clair qu'au niveau de la transparence et de l'accessibilité de l'information pour les citoyens, le média local a toujours été la meilleure solution.

L'UMQ n'y voit pas de problématique et rappelle que selon la loi 122, les Villes ont la liberté de choisir le moyen le plus approprié pour rejoindre la population. « Est-ce que parce que les avis publics étaient publiés dans les journaux, les gens les lisaient davantage? On pense que non », affirme M. Lemieux.

Baisse de revenus?

Pascale St-Onge déplore que le retrait des avis publics dans les journaux coupe une partie des revenus destinés à la couverture journalistique. « En coupant les avis publics, on coupe peut-être une portion du salaire d'un journaliste. Beaucoup de journaux doivent mettre à pied des gens ou tout simplement cesser leurs activités, selon Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN.

Hebdos Québec estime aussi que la part du budget total d'une MRC ou Ville réservée aux avis publics est très minime.

Le rôle des municipalités, ce n'est pas de subventionner les journaux régionaux et locaux , estime M. Lemieux, qui précise toutefois que l'UMQ se réjouit des récents investissements aux médias annoncés par les gouvernements du Québec et du Canada.

Les MRC se font rassurantes

La MRC d’Abitibi-Ouest tient à préciser qu’elle continuera à publier certains avis dans les journaux lorsqu'elle jugera qu’il est pertinent de le faire, malgré que leur règlement ne les oblige plus à faire, sauf dans certains cas.

La MRCVO évalue quant à elle que les économies engendrées par la non-publication de certains avis publics dans les journaux représenteront 1200 $ par année. Pour la MRCVO, il s’agit donc d’une question de réduction des coûts assez mineure, mais surtout d’un gain en temps et en efficacité, puisque la publication dans les journaux implique un travail supplémentaire et des délais liés aux dates de tombée des hebdos. Sur notre site web et nos réseaux sociaux, nous pouvons diffuser de manière immédiate, a précisé par courriel Sophie Richard-Ferderber, coordonnatrice aux communications pour la MRCVO.

Cependant, la MRCVO indique que les investissements dans l’hebdomadaire local ne seront pas réduits par rapport aux dernières années. Les nouveaux services qui se sont ajoutés à la MRCVO impliquent davantage de publicité et d’autres types de publications, fait-on savoir par courriel. Les dépenses ont été de 8447,10 $ en 2018, alors qu'un budget de 15 000 $ est prévu dans le budget de 2019, toujours selon Mme Richard-Ferderber.

État de la situation concernant les avis publics

- MRC d'Abitibi-Ouest : fin de la publication des avis dans les journaux
- MRC d'Abitibi : maintien de la publication des avis dans les journaux pour l'instant
- MRC de Rouyn-Noranda : maintien de la publication des avis dans les journaux pour l'instant
- MRC de Témiscamingue : maintien de la publication des avis dans les journaux pour l'instant
- MRC de la Vallée-de-l'Or : fin de la publication des avis dans les journaux

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