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Ambulance NB fait face à des défis de recrutement depuis plus de 10 ans

Un ambulancier porte un brancard vide dans une ambulance.

Le manque de personnel a commencé bien avant l'avènement des exigences linguistiques chez Ambulance NB.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les problèmes de recrutement d'Ambulances NB (ANB) ne datent pas d'hier. En relisant ses rapports annuels, on constate que la pénurie de main-d'oeuvre est un défi pour l'organisme depuis ses tout débuts en 2007, et ce, bien avant que les enjeux linguistiques soient soulevés.

Un texte d'Alix Villeneuve

Il s’agit d’un enjeu évoqué dans le tout premier rapport annuel d’ANB en mai 2008. Il y a une pénurie d’environ 150 travailleurs paramédicaux, peut-on y lire.

Ce même problème est rapporté de nouveau l’année suivante. Le recrutement de travailleurs paramédicaux demeure le défi principal d’ANB. En 2009, il y avait cette fois plus de 160 postes disponibles, dont 35 à temps plein.

En 2010, on indique que le recrutement de travailleurs paramédicaux a été la principale priorité du service des Ressources humaines depuis les deux dernières années. On prévoyait alors que la situation serait réglée au cours de l’année.

Une ambulance roule sur la route. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il manquait de travailleurs paramédicaux au tout début de l'histoire d'Ambulance NB.

Photo : Radio-Canada

En 2011, on rapporte alors que les stratégies de recrutement ont connu du succès. Toutefois, il reste toujours des postes vacants à combler au sein d’ANB, indique-t-on, sans donner plus de détails.

Cependant, en octobre dernier, sept ans plus tard, il y avait toujours plus d’une centaine de postes vacants chez Ambulance NB selon un rapport du ministère de la Santé.

L’arrivée des exigences linguistiques

Les exigences linguistiques sont devenues une priorité lors du recrutement à partir de 2014. Cette question était très peu abordée dans les premiers rapports annuels d’Ambulance Nouveau-Brunswick.

Les problèmes de recrutement existeraient même s'il n'y avait pas de dimension ou d'exigences linguistiques imposées à Ambulance Nouveau-Brunswick, observe Michel Doucet, avocat et expert en droits linguistiques.

Michel Doucet lors d'une entrevue avec un journaliste.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Doucet est un avocat expert en Droit constitutionnel

Photo : Radio-Canada

En février 2013, Ambulance Nouveau-Brunswick est la cible de critiques sur la place publique après qu’un homme de Moncton est servi uniquement en anglais alors qu'il subit un coma diabétique.

L’affaire fait grand bruit. Le commissaire aux langues officielles donne finalement raison à l’homme et Ambulance Nouvea-Brunswick reconnaît ses torts.

ANB commence alors à travailler sur un plan stratégique en matière de langues officielles. Le rapport est déposé en 2014.

Ils se sont traîné les pieds de 2007 jusqu'en 2014. Là on a commencé peut-être à prendre au sérieux la question des exigences linguistiques

Michel Doucet, avocat et expert en Droit constitutionnel

Avec ce plan, ANB exige la maîtrise des deux langues officielles pour tous les postes désignés bilingues.

Un tableau indique que le Nouveau-Brunswick était en situation de pénurie avant et après l'avènement du plan sur les langues officielles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En d'autres termes, la pénurie de personnel paramédical a commencé avant l'arrivée des exigences linguistiques et a continué après.

Photo : Radio-Canada

C'est cette mesure qui est la cible de critiques aujourd'hui. L'Alliance des gens et le Parti progressiste-conservateur estiment que cette exigence nuit au recrutement de travailleurs paramédicaux.

Lundi dernier, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a annoncé la création d'un service de transferts pour les cas non urgents, qui ne nécessitera pas d'équipe d'ambulanciers bilingues. Pas moins de 40 paramédicaux occasionnels deviendront des employés à temps plein pour les besoins de ce nouveau service.

En octobre dernier, 317 ambulanciers de la province parlaient les deux langues, soit le tiers des travailleurs paramédicaux. Plus de 80 postes bilingues étaient vacants contre une vingtaine où le bilinguisme n’est pas requis.

Avec les informations de Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

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