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Les ambulanciers manitobains offriront l'olanzapine aux utilisateurs de méthamphétamine

Gros plan sur de la métamphétamine.

L'olanzapine permet d’atténuer ou de prévenir la gravité des symptômes tels que l'agitation chez les utilisateurs de méthamphétamine.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Manitoba devient la première province canadienne à autoriser les ambulanciers paramédicaux à utiliser l'olanzapine. Ils pourront administrer ce médicament aux consommateurs de méthamphétamine qui risquent de souffrir de psychose. 

Un texte d'Abdoulaye Cissoko

Le gouvernement a fait cette annonce lundi au lancement de la Semaine nationale de sensibilisation aux dépendances, qui se déroule jusqu'au 2 décembre.

Pour Marc Savard, ambulancier paramédical de Winnipeg, la possibilité d’administrer l'olanzapine va faciliter le travail des intervenants de première ligne.

« Ce qui arrive, c’est que, lorsque les gens prennent des drogues, ils peuvent devenir très violents et agressifs. Il n'y a pas de rationalisation de leurs actes et, parfois, ça peut devenir dangereux pour les premiers intervenants. Si on est donc en mesure d'intervenir rapidement en utilisant l’olanzapine, il n’y aura pas une augmentation de l'agressivité », affirme-t-il.

Marc Savard, est ambulancier à la Ville de Winnipeg.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Savard est ambulancier à la Ville de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, cela permettra aux ambulanciers de traiter les patient de manière plus sécuritaire.

L'olanzapine permet d’atténuer ou de prévenir la gravité des symptômes tels que l'agitation chez les consommateurs de méthamphétamine. L'utilisation du médicament entrera en vigueur au début du mois de décembre, indique la province.

Les ambulanciers paramédicaux pourront ainsi fournir des comprimés à désagrégation orale au patient en raison de son consentement et sur avis d'un superviseur. L'olanzapine est également utilisée en Australie.

Selon Ginette Poulin, directrice médicale de la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances, la consommation croissante de méthamphétamine, associée à des psychoses et et à des aagressions, suscite de plus en plus d’inquiétudes.

Elle dit que cette mesure sera importante pour répondre aux effets dévastateurs de la consommation de cette drogue. L'an dernier, il y a eu au Manitoba 35 morts, dont 8 cas par surdose, reliées à la méthamphétamine. À titre de comparaison, 4 personnes sont ainsi mortes de surdoses en 2016.

Ginette Poulin, directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ginette Poulin, directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Alana Cole

Mme Poulin affirme que même si l'alcool demeure l'un des plus grands problèmes, la consommation d’opioïdes et de méthamphétamine est en pleine croissance au Manitoba.

« On voit de plus en plus de gens qui se présentent à la Fondation avec des problèmes de méthamphétamine en cristaux. Les substances que l'on voit sont aussi plus toxiques qu'il y a 5 ou 10 ans », souligne-t-elle. Elle ajoute que c'est devenu un fardeau pour le système de santé et pour l'économie canadienne.

D'après une étude du Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substance publiée en juin dernier, l'usage de substances a coûté au Manitoba 1,4 milliard de dollars en 2014, soit 1095 $ par personne.

Le coût pour les soins de santé s'élevait à 458 millions de dollars et 274 millions de dollars pour la justice pénale. Quant au coût de la perte de productivité, les auteurs de l'étude l'ont évalué à 555 millions de dollars.

Pour endiguer le fléau, la Dre Ginette Poulin pense que, outre un accès plus important aux traitements, les domaines de la santé, de l'éducation et de la justice devront unir leurs efforts.

« Il faut qu'on participe tous pour trouver une solution. C’est justement cela le but de cette Semaine. On veut sensibiliser les gens aux dépendances et offrir des sessions d'information au public et aux employeurs », affirme-t-elle.

Selon elle, il est aussi important d'aborder la question sous un angle culturel et social. « Il y a beaucoup de traumatismes qui existent dans nos vies. Par exemple, des jeunes qui ont survécu à des abus sexuels, physiques et émotionnels. On sait que cela a des effets sur la maladie mentale autant que sur les dépendances », explique-t-elle.

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