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Bornes et voitures électriques : un paysage inégal entre les provinces

Une borne de recharge bleue et blanche portant les lettres flo se trouve au rez-de-chaussée d'un stationnement à étage.
Une première borne de chargement rapide payante à Winnipeg a été installée au centre commercial Polo Park de la capitale manitobaine en septembre 2018. Photo: Radio-Canada / Daniel Gagné
Radio-Canada

Traverser le Canada au volant d'une voiture électrique est maintenant possible avec un peu de préparation et des arrêts stratégiques. Certaines régions représentent par contre un défi le long de ce parcours, en raison du faible nombre de bornes de recharge hors du Québec, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

Un texte de Rémi Authier

Pour les Canadiens propriétaires de voitures électriques, le centre du pays n'est pas une région très hospitalière. Entre Timmins, en Ontario, et la frontière séparant l'Alberta de la Colombie-Britannique, on ne trouve que 16 stations de recharge rapide : 11 en Alberta, 5 à Winnipeg et aucune en Saskatchewan ou dans le Nord-Ouest de l'Ontario, selon des données (Nouvelle fenêtre) de l'Association canadienne des automobilistes (CAA).

C'est bien peu par rapport au Québec et à ses 124 stations.

Une carte du Canada indiquant la présence de bornes de recharge qui se retrouvent en très grande majorité en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec.Il y a très peu de bornes de recharge rapide pour les autos électriques et hybrides dans le centre du pays, ce qui limite l'intérêt pour certaines personnes de se procurer un tel véhicule. Photo : Radio-Canada

Ces bornes de niveau 3 permettent de recharger à environ 80 % la batterie d'un véhicule électrique en seulement une vingtaine de minutes. Les bornes de niveau 2, souvent installées par les propriétaires à leur domicile ou dans des lieux publics, ont besoin de 1 à 8 heures pour recharger une batterie électrique ou un véhicule hybride.

Les bornes rapides sont considérées comme essentielles pour accroître l'intérêt de la population envers les véhicules électriques. Il est faible dans les Prairies, entre autres au Manitoba, qui compte environ 5500 automobiles hybrides et 200 véhicules électriques, selon la Société d'assurance publique de la province (MPI).

En comparaison, le Québec compte 31 000 véhicules électriques et vise à faire grimper ce nombre à 100 000 d'ici 2020, indique l'organisme Équiterre.

L'Association manitobaine de véhicules électriques (MEVA) propose ainsi au gouvernement provincial d'installer 34 bornes rapides, pour permettre à 99 % des résidents d'avoir accès à ce service.

Le président de l'association, Robert Elms estime que cela coûterait 4 millions de dollars et qu'une partie importante de cet investissement pourrait provenir du gouvernement fédéral. Il souligne aussi que le système préconisé serait flexible et que des bornes supplémentaires pourraient s'ajouter au besoin.

On nous pose la question tout le temps : "Quand est-ce qu'il va y avoir des bornes rapides? Je veux acheter une voiture électrique, mais je dois parcourir [300 km] et je ne peux pas le faire s'il n'y a pas de station de recharge rapide."

Robert Elms, président de l'Association manitobaine de véhicules électriques
Un homme souriant et faisant dos à une salle de classe universitaire porte des lunettes rondes et une casquette avec l'inscription MEVA Manitoba Electric Vehicle Association.Le président de l'Association manitobaine de véhicules électriques (MEVA), Robert Elms, estime que le gouvernement fédéral pourrait fournir près de la moitié des fonds pour créer un réseau de bornes. Photo : Radio-Canada

Robert Elms est confiant dans l'avenir de cette technologie. Il croit que, d'ici trois ou quatre années, il sera possible de recharger un véhicule électrique aussi rapidement que de faire le plein avec un véhicule à combustion.

Le Manitobain n'est pas le seul à considérer que ces bornes sont cruciales. Darrel Nadeau, qui est propriétaire d'une auto hybride depuis un an, a affronté le rude hiver des Prairies et est d'accord.

Avoir un véhicule électrique, c'est une décision que je ne regrette pas. J'ai une borne à la maison et il y a des bornes publiques ici. J'hésite certainement à faire de longs voyages à cause du manque de bornes dans d'autres villes ou sur l'autoroute.

Darrel Nadeau, propriétaire d'un véhicule hybride

Les propriétaires de véhicules électriques des Prairies bénéficient toutefois d'un avantage, précise Darrel Nadeau. Il souligne que de nombreux stationnements publics sont déjà équipés de prises de courant permettant normalement de brancher un chauffe-moteur et que les propriétaires de véhicule électrique peuvent au moins les utiliser pour recharger lentement leur véhicule.

Un homme portant un manteau de cuir se trouve au milieu d'un stationnement devant une borne de recharge des voitures électriques.Le Manitobain Darrel Nadeau s'est procuré une voiture hybride il y a un an pour des raisons écologiques et économiques. Il aimerait voir plus de mesures de la part de son gouvernement provincial. Photo : Radio-Canada

Besoin d'incitatifs pour les propriétaires

Comme l'indique la directrice des programmes éducatifs d'Équiterre, Colleen Thorpe, l'ajout de bornes doit aussi être accompagné de mesures économiques incitatives. Pour l'instant, aucune province des Prairies n'offre de subvention ou de crédit d'impôt pour l'achat de véhicules hybrides et électriques ou pour l'installation d'une borne.

L'achat d'une voiture électrique au Québec donne droit à une subvention d'un maximum de 8000 $. À cela s'ajoute une subvention pouvant atteindre 600 $ pour l'achat d'une borne de recharge à domicile, soit la moitié du prix. Les conducteurs de ce type de véhicule peuvent aussi utiliser gratuitement certains ponts, ou emprunter une voie réservée au transport en commun.

Un rectangle blanc au milieu duquel se trouve le logo d'une auto dans un cercle en vert est peinturé sur le pavé d'un stationnement.Les propriétaires de véhicules peuvent bénéficier d'avantages comme des espaces de stationnement réservés ou l'accès aux voies rapides et l'utilisation gratuite de certains ponts. Photo : Radio-Canada

Jusqu'à tout récemment, les Ontariens qui se procuraient un véhicule électrique pouvaient bénéficier d'une subvention de 14 000 $, mais le gouvernement de Doug Ford l'a abolie. Selon Robert Elms, l'Ontario avait vu ses ventes de véhicules électriques augmenter de 148 % en 2017, ce dont, estime-t-il, le programme abandonné était en grande partie responsable.

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