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Des robots québécois qui recyclent et qui veulent faire leurs preuves ici

Dans son usine de Trois-Rivières, Waste Robotics conçoit des robots qui ont l'ambition de révolutionner les centres de tri.

Dans son usine de Trois-Rivières, Waste Robotics conçoit des robots qui ont l'ambition de révolutionner les centres de tri.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

C'est un tour du chapeau chez Waste Robotics à Trois-Rivières, où un troisième robot voit le jour. Les affaires vont bien pour la jeune entreprise, du moins en partie. Si les ventes commencent à décoller aux États-Unis, le marché du recyclage intelligent serait beaucoup plus difficile à percer localement, malgré les avantages projetés, tant pour l'économie que pour l'environnement.

Un texte de Marie-Ève Trudel

On a des gens qui viennent de partout à travers le monde pour voir nos produits et les gens qui sont à quatre kilomètres d'ici ne sont pas venus nous voir, explique le directeur technique chez Waste Robotics, Éric Camirand. 

La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie est en effet à l'image de la plupart des autres structures municipales au Québec. Elle ne souhaite pas faire le virage vers cette technologie. La Régie affirme avoir fait une analyse exhaustive des coûts et ne fait pas les mêmes calculs que l'entreprise.

On est convaincu que le robot fonctionne. On n'a pas de doutes là-dessus, dit le président Michel Angers. C'est tout ce qui entoure la logistique derrière la réception des sacs, la manutention, la séparation auprès des municipalités, énumère-t-il.

On n'avait pas le goût d'être un projet pilote à la Régie. On a déjà joué dans ce film-là.

Michel Angers, président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie

Waste Robotics rejette l'argument financier et y voit pour sa part un manque de vision.

Éric Camirand, Waste RoboticsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Éric Camirand, Waste Robotics

Photo : Radio-Canada

Un vaste marché

En deux ans d'existence, Waste Robotics a conçu trois robots : WR1 trie les matières résiduelles, WR2 se charge des matériaux de construction et le nouveau modèle, WR3, fait le tri du plastique et des canettes.

La première vente de l'entreprise a été conclue à Minneapolis, où WR1 est au travail depuis plus d'un an.

Nos clients américains, ce sont des privés, donc eux, ils calculent et voient le bénéfice. Le robot a un cycle de vie d'au-delà de 10 ans et il se repaye en deux ans.

Éric Camirand, directeur technique, Waste Robotics
L'ingénieur Pier Grenon a conçu WR3, le troisième robot spécialisé dans le recyclage du plastique chez Waste Robotics. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ingénieur Pier Grenon a conçu WR3, le troisième robot spécialisé dans le recyclage du plastique chez Waste Robotics.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel

Reste que le directeur en convient, il est plus difficile de vendre une innovation à l'étranger lorsqu'elle n'a pas fait ses preuves au niveau local. Pour l'entreprise, c'est le maillon manquant.

Les robots ouvrent la possibilité à faire du tri à petite échelle dans chaque région, fait valoir Éric Camirand. Donc chaque MRC, régie et municipalité est un client potentiel et c’est sans compter le secteur privé. 

Nous estimons une clientèle potentielle d’environ 200 clients pour un marché québécois de plus de 500 robots estimés à 200 M$.

Éric Camirand, directeur technique, Waste Robotics

Pour la direction de l'entreprise, le virage vers des solutions intelligentes n'est pas une question de volonté, mais une nécessité dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre.

C'est très très difficile de trouver la main-d'oeuvre qui fait ce travail-là aujourd'hui, explique Éric Camirand.

Une technologie prometteuse

Si les ambitions de l'entreprise se concrétisent au Québec, le virage se ferait à la source, au moment de collecter les déchets, le recyclage et le compost. Avec l'intelligence artificielle, tout pourrait aller dans un seul et même bac en bordure de rue.

On pense nous que la journée qu'on va être capable d'offrir un service de collecte de matières résiduelles unique, donc que tu mets tout le bac et tu laisses les robots faire le travail, on va être capable d'aller gagner beaucoup beaucoup beaucoup.

Un gain en environnement et en efficacité est certainement possible selon Jean-Michel Champagne, responsable du développement durable à HEC Montréal, mais cela impliquerait des changements. Il soutient que ce n'est pas mission impossible, mais que cela représente un défi indéniable, surtout en regard des infrastructures existantes.

Oui la technologie a sa place et commence déjà à s'intégrer dans certains centres de récupération. Toutefois, le problème qu'on a, c'est de minimiser les intermédiaires.

Jean-Michel Champagne, responsable du développement durable, HEC Montréa

Un tel virage impliquerait aussi un changement important des habitudes citoyennes.

Il faut se poser la question sur le gain réel qui va être effectué. Vaut-il l'effort de ce changement de culture et de l'éducation qui doit venir avec? La question n'est pas si facile que ça à répondre, dit l'expert. 

Waste Robotics demeure optimiste et fait valoir que le marché est jeune et prometteur.

Il y a cinq vendeurs de technologie robotique au monde. Nous on est l'un des cinq. C'est un marché énorme qui ne va pas disparaître, conclut Éric Camirand.

Mauricie et Centre du Québec

Économie