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Le passage de Franco-Ontariens à l'émission Tout le monde en parle crée de vives réactions

La députation franco-ontarienne qui s'est présentée dimanche soir sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle avait un message à livrer aux Québécois : « Ralliez-vous à notre cause! » À en croire les nombreuses réactions partagées sur la toile, leur message a été reçu cinq sur cinq.

Un texte d’Angie Bonenfant

Précision

L’enregistrement de Tout le monde en parle a eu lieu jeudi, le 22 novembre, une journée avant que le premier ministre Doug Ford ne rétablisse certains services en français, dont le ministère des Affaires francophones. Les invités n’ont donc pas réagi aux récentes concessions.

C’est une Amanda Simard toujours aussi definitely upsetqui a répondu aux questions de l’animateur Guy A. Lepage. La députée progressiste-conservatrice de Glengarry-Prescott-Russell n’a pas mâché ses mots : elle est une joueuse d’équipe, mais les récentes compressions budgétaires de son chef, Doug Ford, sont difficiles à digérer.

Je ne voulais pas attendre qu’il y ait une poursuite [avant de m’exprimer sur le sujet] et que là on perde et qu’on soit dans l’embarras.

Amanda Simard, députée, Glengarry-Prescott-Russell

Questionnée sur l’impact de telles décisions sur sa future relation avec sa patronne, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, Mme Simard a répondu avec un hochement de tête qui laissait présager le pire.

Sur les réseaux sociaux, on a salué son courage et sa détermination, mais on aurait voulu en savoir plus sur ses intentions et prochaines actions.

Ronald Caza en feu

L’avocat en droits linguistiques Ronald Caza s’est chargé d’instruire les téléspectateurs québécois sur la réalité des francophones qui vivent en situation minoritaire. Dans un genre de cours accéléré sur la francophonie ontarienne 101, il a soutenu qu'un jugement favorable rendu dans le dossier de l’Hôpital Montfort empêchera Doug Ford d'aller de l’avant facilement avec ses compressions.

Me Caza a profité de son passage à l’émission pour inviter les Québécois à se joindre à la cause franco-ontarienne.

C’est tellement important que tous les Québécois se rallient à nous dans ce combat. C’est essentiel pour nous d’avoir votre support.

Ronald Caza, avocat en droits linguistiques

Également, il n’a pas manqué l’occasion d’écorcher l’essayiste, journaliste et animatrice Denise Bombardier, qui avait faussement déclaré, quelques semaines plus tôt, que toutes les communautés francophones ont disparu, à travers le Canada. Ronald Caza a rappelé qu'il y avait plus de francophones en Ontario que dans toute la ville de Québec.

Son message d'unité a touché bien des Québécois.

Dyane Adam fait le compte

Celle qui a peut-être le mieux détruit l’argumentaire économique du gouvernement Ford pour justifier les compressions dans les services en français est sans contredit la présidente du conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français, Dyane Adam.

J’ai fait les comptes, Amanda, a-t-elle dit, en interpellant directement la députée Simard. En Ontario, c’est un dixième de 1 % du budget total qui est consacré à l’enseignement supérieur. Sur un budget de 100 000 $, a-t-elle comparé, cela équivaut à dépenser 100 $ par année.

C’est un rêve de générations d’avoir une institution à notre image.

Dyane Adam, présidente du conseil de gouvernance, Université de l’Ontario français

Malgré les coupes du gouvernement conservateur, l’Université de l’Ontario français existe toujours, a-t-elle indiqué. On a une charte universitaire - c’est une loi - et des employés. Le train est démarré, a averti la présidente, tout en souhaitant que ce conflit se règle en dehors des tribunaux.

Elle a reçu un appui sans équivoque des internautes.

Le combat de Marie-Pierre Héroux

Marie-Pierre Héroux, la coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien, a parlé de son expérience personnelle pour illustrer le combat que doivent livrer tous les jours les jeunes francophones qui veulent maintenir leur langue et leur culture en Ontario.

Originaire d’Embrun, un village majoritairement francophone situé dans l’est ontarien, elle dit avoir vécu un choc en première année universitaire alors qu’elle s’est retrouvée à Sudbury, une ville plus anglophone que francophone.

On dit que c’est la pire crise qu’on a vécue en Ontario depuis le règlement 17. C’est quelque chose de gros!

Marie-Pierre Héroux, coprésidente, Regroupement étudiant franco-ontarien

J’ai douté de mon identité et je me suis même demandé pourquoi je suis francophone, car ce serait tellement plus facile si je ne l’étais pas, s’est-elle remémoré.

Elle a constaté que son niveau de français et celui de ses amis ne sont plus les mêmes depuis qu’ils fréquentent une université dont les cours ne sont pas tous offerts dans leur langue. « Le taux d’assimilation dans les universités est quand même assez élevé, parce qu’on n’a pas la chance de vivre une vie universitaire en français », a-t-elle déploré.

La carte de Dany Turcotte

Les échanges se sont terminés comme à l’habitude avec la lecture d’une carte remise par Dany Turcotte aux quatre invités.

Ottawa-Gatineau

Francophonie