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Éduquer les enfants et les parents contre la cyberintimidation

Le reportage de Marie-Laurence Delainey
Radio-Canada

Les récents cas de jeunes filmés ou photographiés à leur insu au Québec ont relancé le débat sur les dérives de l'utilisation des réseaux sociaux et des téléphones cellulaires chez les adolescents. Selon les experts, la solution passe avant tout par la prévention et la sensibilisation.

Dans une classe de sixième année de l’Académie Lafontaine, à Saint-Jérôme, les élèves apprennent à bien se comporter sur les réseaux sociaux. Et les jeunes semblent très conscients des risques associés à Facebook ou à Instagram.

« Moi, je l'utilise et je pense que ça peut être à la fois positif et négatif, témoigne une élève. J’aime partager ce que je fais avec mes amis, mais c'est privé. »

« Il y a des personnes qui veulent tellement avoir des « j’aime », qu’ils deviennent addicts et ne réfléchissent pas, ajoute son camarade de classe. Il faudrait réfléchir avant de mettre des informations sur les réseaux sociaux. »

L’enseignante Kathleen Godard explique que de plus en plus d’élèves ont un compte sur un ou plusieurs réseaux sociaux. Il est donc primordial pour cette dernière de les aider à mieux déterminer leurs limites et à savoir quelles informations personnelles ils sont prêts à partager.

Elle souhaite avant tout éduquer et sensibiliser « aux côtés positifs, mais aussi négatifs » de ces plateformes.

De récents cas de cyberintimidation

Des événements de cyberintimidation survenus il y a quelques semaines au Québec sont venus donner raison à l’enseignante.

Au mois de novembre, à Alma, trois élèves ont été suspendus pour avoir filmé des camarades à leur insu dans les douches. À Bécancour, c'est un élève de 11 ans qui a été filmé nu par un camarade de classe.

Une étude démontre que les écoles prennent la question au sérieux. Selon la Chaire de recherche Bien-être à l’école et prévention de la violence de l’Université Laval, plus de 80 % des établissements offrent déjà des ateliers sur la sécurité sur le web.

En 2017, 7,5 % des élèves du secondaire confiaient avoir reçu des messages humiliants par Internet. Chez les élèves du primaire, 6 % ont dit avoir reçu des messages blessants par téléphone cellulaire.

« Nos études rapportent qu'il y a eu moins d'événements de cyberagression – par rapport à 2013 –, ce qui n’enlève rien à la gravité des faits lorsqu'ils se produisent. C'est lié aux relations interpersonnelles entre les jeunes. Mais on pourrait parler des relations entre les adultes, car ça arrive aussi. Il ne faut pas s'attendre à ce que ça disparaisse », insiste la titulaire de la Chaire, Claire Beaumont.

Elle précise notamment que le cœur du problème ne se trouve pas dans les technologies, mais concerne plutôt la notion de respect des autres.

Développer le sens de la morale et de l’éthique, apprendre que nos comportements peuvent avoir des conséquences sur les autres, ce sont des choses que les jeunes doivent apprendre.

Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche Bien-être à l'école

Former les parents

Nancy Gaudreau, professeure en adaptation scolaire de l’Université Laval, affirme que l'éducation doit se faire à l'école, mais aussi à la maison.

« En classe, on peut faire des débats et utiliser l'actualité, explique-t-elle. On peut amener les élèves à s’exprimer sur les événements qui ont pu se produire. À la maison, c'est peut-être davantage de superviser. Qui sont les amis des réseaux sociaux de mes enfants? Quelle utilisation en font-ils? »

La présidente de la Fédération des comités de parents du Québec, Corinne Payne, souhaite quant à elle offrir des formations aux parents.

« On sait que les enfants sont nés avec ça dans les mains, reconnaît-elle. Ils seront toujours plus avancés que nous. »

Toutefois, celle-ci pense qu’il faut que les parents soient accompagnés, informés et formés sur toutes ces nouvelles technologies, afin de mieux comprendre et aider leurs enfants dans leur utilisation des divers réseaux sociaux.

Avec les informations de Marie-Laurence Delainey

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