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Maternelles 4 ans : grogne chez les garderies privées

La maternelle permet aux jeunes de se préparer pour l'école primaire.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'implantation de maternelles 4 ans, une des principales promesses de François Legault en campagne électorale, représente une menace pour les garderies privées qui craignent de perdre une part considérable de leur clientèle et d'être forcées à fermer.

Le premier ministre François Legault souhaite développer un réseau de maternelles 4 ans notamment pour mieux détecter les jeunes enfants en difficulté d'apprentissage afin d’accroître le taux de diplomation au Québec.

Or, les garderies privées, où les parents doivent assumer les frais du service rendu, voient d’un mauvais œil l’arrivée de ces nouveaux joueurs.

L'abolition de la modulation des tarifs des services de garde en fonction du revenu par le gouvernement caquiste ferait revenir le coût des garderies à un tarif unique pour tout le monde, soit 8 $ par jour.

On compte environ 1300 garderies non subventionnées à travers le Québec. Cela représente plus du tiers de l'offre de services dans la province.

Suzanne Gagnon est propriétaire d'une garderie non subventionnée en installation, c'est à dire qui n'est pas en milieu familial. Elle est également directrice générale de l'Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI).

Elle affirme que les enfants en âge de fréquenter la prématernelle 4 ans remplissent la moitié de ses classes. Elle craint une importante perte de revenus si le gouvernement installe les prématernelles 4 ans en milieu scolaire, d'ici 2020.

En 2020, quand tous les enfants de 4 ans seront partis, que les enfants pourront aller facilement dans des CPE à huit dollars, on va fermer 1300 garderies. C'est la perte d'emploi de 20 000 personnes, sans compter nos sous-traitants.

Suzanne Gagnon, propriétaire d'une garderie privée

Selon l’AGNSI, 66 000 enfants risquent de partir dans le secteur public avec la mise sur pied de maternelles 4 ans.

Aucune ressource abandonnée, dit le gouvernement

Les représentants de l’AGNSI ont rencontré le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, qui affirme qu'aucune ressource à la petite enfance ne sera abandonnée.

Mathieu Lacombe ajoute que l'implantation des maternelles 4 ans sera progressive et se fera dans le plus grand respect du réseau et des parents.

« Nous prendrons le temps de bien faire les choses, indique-t-on au cabinet du ministre. Aussi, nous croyons que les parents sont les meilleurs pour prendre les décisions pour leur enfant et nous respecterons leur choix quant au milieu éducatif qui convient le mieux à leur enfant. »

Concernant l’abolition de la modulation des tarifs des services de garde en fonction du revenu, l'attaché de presse du ministre, Jean-Sébastien Tremblay, affirme que « le ministre de la Famille est en mode solution. Il est sensibilisé aux tenants et aboutissants de ce dossier, et travaille sur des actions concrètes à mettre en œuvre ».

Cette décision est saluée par l'Association québécoise des centres de la petite enfance.

« On ne connaît pas encore le plan du gouvernement par rapport à la fin de la modulation, mais ce que cela va permettre aux parents, c'est de faire le choix non pas sur une base fiscale, mais sur une base de qualité », affirme la directrice de l'association Geneviève Bélisle.

Dès la rentrée, le gouvernement caquiste prévoit ouvrir 220 classes.

D'après un reportage de Yasmine Khayat

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