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Veillée citoyenne à Chambly pour protester contre la démolition de la maison René-Boileau

Des gens rassemblés à la nuit tombée, devant un bâtiment municipal
Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l'hôtel de Ville de Chambly pour protester contre la décision de la mairie de raser la maison Boileau. Photo: Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

Des citoyens de Chambly ont tenu une veillée citoyenne, samedi soir, devant le site de la résidence patrimoniale René-Boileau qui a été détruite, plus tôt cette semaine, par la municipalité pour des raisons de sécurité.

Le rassemblement était organisé par Les Amis de la maison René-Boileau.

Une minute de silence a d'abord été observée là où se trouvait la maison. Puis, les participants se sont rendus devant l'hôtel de ville, dont la présidente du Mouvement citoyen de Chambly, Julie Daigneault.

« Dans son programme électoral, le maire avait dit qu’il y avait des actions de faites et dans ses réalisations, qu’il avait protégé la maison. Ils ont instauré des parcomètres à Chambly pour pouvoir financer en partie la restauration et la préservation de cette maison. C’est une décision subite, surprenante et qui attriste énormément la population de Chambly et les gens pour qui le patrimoine est important. C’est un pan de l’histoire, c’est un pan de l’histoire du Québec pas seulement de Chambly, qui vient de partir », a-t-elle lancé.

Le chef cuisinier Ricardo Larrivée était aussi présent parmi les citoyens. Il a dénoncé la destruction de la maison, qu'il a d'ailleurs habitée et où il a demandé sa conjointe en mariage.

« À chaque fois, on dirait qu'on n'apprend pas, il faut qu'aujourd'hui soit une date pour le Québec. Chambly, cette horreur-là, ce haut-le-coeur-là, il faut que ça serve à protéger les autres municipalités et je crois que le gouvernement sera à l'écoute, car je sais que cette décision a écoeuré beaucoup de monde, jusqu'au premier ministre », a-t-il lancé sous les applaudissements de plusieurs citoyens.

Les résidents dénoncent le fait qu'il n'y a pas eu de débat à l'hôtel de ville à ce sujet. La ville se défend en disant que les travaux auraient été trop coûteux et qu'elle n'avait pas de permis à demander pour détruire un bâtiment.

La maison n'avait pas de statut patrimonial contraignant, elle n'était pas classée.

Pour le directeur des politiques à Héritage Montréal, Dino Bumbaru, la destruction de la maison Boileau illustre une faille dans la préservation du patrimoine.

La basilique Notre-Dame de Montréal, qui est quand même un des grands monuments en Amérique du Nord, n’est pas classée.[...] C’est bien évident qu'on ne va pas démolir la basilique Notre-Dame. [...] Ça a l’air de gens qui n’ont aucune culture.

Dino Bumbaru

Pour Louise Chevrier, une historienne qui milite avec Les Amis de la maison René-Boileau, la démolition de la résidence Boileau doit servir à quelque chose. Cette disparition prouve qu'il est nécessaire de créer au Québec « un commissaire au patrimoine », voire même « un ministère du Patrimoine ».

En 2016, la Ville de Chambly voulait démolir la propriété, qui avait été abandonnée par ses propriétaires parce qu'elle n'était plus habitable en raison de moisissures et d'un risque d'effondrement.

Devant la protestation citoyenne, la Ville avait acquis la maison et s'était engagée à la rénover pour en faire un bureau d'information touristique. L'instauration de parcomètres pour financer la rénovation avait suivi.

La municipalité a payé 550 000 $ pour l'achat de la propriété en septembre 2016.

C'est le directeur général de la ville, Michel Larose, qui a personnellement pris la décision de démolir la maison après avoir pris connaissance des rapports d'ingénieurs indiquant que l'édifice « tenait de peur », selon son expression.

Le candidat du Parti québécois dans la circonscription de Chambly aux dernières élections, Christian Picard, a tenté d'empêcher la démolition de la maison. Il a été appréhendé pour méfait.

On fait les vérifications côté légal, réglementaire, et on s'aperçoit que la ville n'a pas procédé de la bonne façon.

Christian Picard, candidat du Parti québécois dans la circonscription de Chambly aux dernières élections

M. Picard espère que cette histoire marquera « le premier pas vers une nouvelle façon de faire au Québec » en matière de patrimoine.

La maison, bâtie vers 1820, avait été érigée par René Boileau, qui fut député de Kent de 1792 à 1796 à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada pour le Parti canadien, qui allait devenir le Parti patriote en 1826.

Son fils, un notaire aussi appelé René Boileau, y avait tenu de nombreuses assemblées politiques réunissant des patriotes et sa fille, Émilie Boileau, était mariée à l'un des leaders du soulèvement de 1837, le docteur Timothée Kimber.

Avec les informations de La Presse canadienne

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