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Quand des médias étrangers et anglophones s’intéressent aux francophones en Ontario

Dessin du drapeau franco-ontarien avec au centre un poing levé comme un signe de résistance.

Une illustration créée par Marc Keelan Bishop pour illustrer la colère de certains Franco-Ontariens après des compressions dans les services en français.

Photo : Marc Keelan-Bishop

Radio-Canada

Les compressions du gouvernement de Doug Ford dans les services en français ont fait des vagues à l'extérieur des frontières de l'Ontario. Une attention médiatique qui galvanise les Franco-Ontariens en pleine mobilisation, estime l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

Un texte de Philippe de Montigny

Selon le président de l’AFO, Carol Jolin, cette couverture médiatique a probablement influencé la décision du gouvernement ontarien de poser quelques gestes envers les Franco-Ontariens, une semaine après l’annonce de compressions dans les services en français.

Ça vient choquer les gens qui sont à l’étranger, ils deviennent très au courant de la situation et les gens sont très sensibles à l’injustice.

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario
M. Jolin en entrevue dans les bureaux de son organisme.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

Vendredi soir, le gouvernement Ford a annoncé qu'un poste de commissaire aux services en français serait créé sous les auspices de l'ombudsman de la province, et que l’Office des Affaires francophones deviendrait de nouveau un ministère à part entière.

Un article (Nouvelle fenêtre) de l’Agence France Presse, paru dans plusieurs publications françaises samedi, examine le dossier de l’université de langue française, toujours sur la glace.

Plus tôt cette semaine, la journaliste Linda Giguère a consacré sa chronique à ce « combat » des francophones, diffusé par TV5Monde. Elle situe l’Ontario pour son public tout en abordant les compressions dans les services en français.

Les coupes annoncées par le premier ministre Doug Ford ont donc déclenché une révolte générale, et pas seulement chez les Franco-Ontariens, mais d’un bout à l’autre du pays disait-elle à l’émission mardi.

L’effet des médias anglophones

La nouvelle a également circulé au Washington Post (Nouvelle fenêtre) et dans les grands médias anglophones canadiens.

Dans la dernière semaine, la presse anglo-canadienne a bien couvert le dossier et ça a beaucoup plus de chance de résonner dans l’oeil des conservateurs, affirme la politologue Stéphanie Chouinard.

Elle estime que les pressions exercées par le chef conservateur fédéral Andrew Scheer et le premier ministre québécois François Legault ont certainement changé la donne pour Doug Ford.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de sciences politiques du Collège militaire royal du CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de sciences politiques du Collège militaire royal du Canada

Photo : Radio-Canada

L’animatrice de radio et analyste politique, Tasha Kheiriddin, abonde dans le même sens.

Je ne suis pas certaine si [Doug Ford] se soucie énormément de ce que pensent les médias étrangers, mais peut-être que la couverture au Québec aurait eu un impact dit-elle.

Mme Kheiriddin souligne que la question des compressions a été abordée lors d’une première rencontre lundi entre les premiers ministres des deux provinces voisines. Ça met en lumière le traitement des minorités au Canada et le Québec est sensible à cette question-là dit-elle.

Des acteurs franco-ontariens, dont la députée conservatrice Amanda Simard, désavouée par la décision de son propre parti, seront d'ailleurs mis en vitrine sur ces enjeux à l’émission phare de Radio-Canada, Tout le monde en parle.

Le président de l’AFO, qui dit participer à plus d’une dizaine d’entrevues par jour depuis une semaine, se réjouit de l’attention portée à la mobilisation des francophones contre les compressions du gouvernement Ford.

Ce qu’on espère, c’est que le gouvernement va revenir complètement sur sa décision : rétablir le Commissariat et poursuivre le travail avec le dossier de l’Université de l’Ontario pour qu’on soit prêt à l’ouvrir en septembre 2020 affirme Carol Jolin.

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