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Université de l’Ontario français : « trop de promesses brisées »

Marie-Pierre Héroux porte des lunettes rondes et a une longue chevelure brune.
La coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien, Marie-Pierre Héroux, est déçue du fait que le gouvernement ne se soit pas engagé à aller de l'avant avec l'Université de l'Ontario français. Photo: Radio-Canada / Justine Cohendet
Radio-Canada

Le gouvernement progressiste-conservateur a annoncé vendredi quelques concessions dans les services en français, mais sa position est restée la même sur le dossier de l'Université de l'Ontario français : l'établissement n'ira pas de l'avant.

Un texte de Bienvenu Senga

Dans le communiqué émis vendredi, le gouvernement soulève de nouveau l’argument financier qui était indiqué dans l’énoncé économique du 15 novembre dernier.

J’attends avec impatience le jour où l’état des finances publiques nous permettra d’aller de l’avant avec des projets comme celui de l’université de langue française – des projets qui contribuent à unifier la communauté et à protéger notre langue et notre culture, affirme la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

L’argument ne convainc cependant pas Marie-Pierre Héroux, coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO). Elle croit que ça fait trop de promesses brisées par le gouvernement.

Il nous a promis à plusieurs reprises qu’il s’engageait dans l’université franco-ontarienne et là, il a annoncé qu’il mettait fin au projet. Là, il nous dit, on va la mettre sur pied, mais quand on va avoir l’argent. [...] Je n’ai plus vraiment confiance envers le gouvernement sur ce dossier-là.

Marie Pierre-Héroux, coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien

En juillet, le gouvernement s’était engagé à assurer le succès de l’Université de l’Ontario français.

Vendredi soir, en conférence de presse, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, a aussi déploré le fait que la ministre Mulroney invoquait l’argument économique pour annuler ou reporter l’ouverture d’une université de langue française.

L’Alliance de la francophonie de Timmins, dans le Nord-Est de l'Ontario, tient des propos similaires à l'AFO.

Ce n’est pas des concessions qu’on a besoin. C’est le retour de l’université francophone et du commissaire aux services en français indépendant. [...] Ce sont des choses qui nous appartiennent, il faut qu’on retourne exactement à ce qu’on avait il y a trois semaines, indique le directeur général de l’organisme, Sylvin Lacroix.

L’Université de l’Ontario français aurait ouvert ses portes à Toronto en 2020, et M. Lacroix croit qu’elle aurait pris de l’expansion.

Portrait de Sylvin LacroixSylvin Lacroix est directeur général de l'Alliance de la francophonie de Timmins. Photo : Darla Fiset

L’Alliance de la francophonie de Timmins prendra part au mouvement de résistance organisé par l’AFO.

Dans une lettre ouverte publiée samedi matin dans le quotidien Le Droit, le professeur d’histoire à l’Université Laurentienne, Serge Miville, indique - de concert avec les professeurs Stéphanie Chouinard et Joël Beddows - que « l’Ontario français sort encore perdant » des mesures annoncées vendredi.

En entrevue à Radio-Canada, il dit ne pas croire en la validité de l’argument que met de l’avant le gouvernement.

Il faudrait poser la question : combien on épargne justement ? C’est moins qu’un médium double double par Ontarien qu’on est en train d’épargner avec ces compressions-là. Il faut discuter des modalités, du projet, mais en ce moment on n’est pas en train de discuter de cela.

Serge Miville, professeur au département d’histoire de l’Université Laurentienne et titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l'Ontario français
Un homme qui porte des lunettesSerge Miville est titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l'Ontario français de l'Université Laurentienne. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Par ailleurs, le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a dit vendredi que le gouvernement fédéral doit être un partenaire dans [le] projet d'université de langue française en Ontario.

Lorsque je serai premier ministre, je vais discuter avec le gouvernement de l’Ontario pour que l’université francophone se concrétise.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Nord de l'Ontario

Francophonie