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Le séisme de 1988 demeure une énigme 30 ans plus tard

Le séisme de 1988 demeure une énigme 30 ans plus tard
Radio-Canada

Le 25 novembre 1988, juste après l'heure du souper, des milliers de Québécois étaient soudainement secoués par un tremblement de terre.

Un texte de Vicky Boutin

L’épicentre du séisme de magnitude 6,5 était situé à 35 kilomètres au sud de Chicoutimi, dans la réserve faunique des Laurentides. Le tremblement de terre a secoué toute la province, jusqu'aux États-Unis.

Le souvenir de l'événement est toujours bien vivant dans l’esprit de ceux qui l’ont vécu, même si les dommages ont finalement été limités.

Ce n'est pas quelque chose qu'on veut revivre!

Une citoyenne de Saguenay

Un mystère scientifique

Trente ans plus tard, ce phénomène rare demeure une énigme aux yeux des chercheurs. Le fait que l'épicentre se soit trouvé en plein cœur du Bouclier canadien surprend encore les scientifiques. D’ailleurs, ils ont été nombreux à débarquer au Saguenay après le séisme pour étudier le phénomène.

Raynald Duberger en entrevue dans sa maisonLe sismologue à la retraite Raynald Duberger est toujours passionné par les mouvements de la Terre. Photo : Radio-Canada

Cet événement sismique est devenu et est resté un mouton noir dans le paysage sismique de l'est du Canada, explique le sismologue Raynald Duberger. Pourquoi? Parce qu’il s’est produit dans une région où on ne l’attendait pas.

Le spécialiste jadis rattaché à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) était sur toutes les tribunes à l'époque pour parler de l'événement. M. Duberger affirme que le séisme a carrément chamboulé plusieurs théories et a fait avancer la façon d’évaluer le risque sismique.

Le tremblement de terre du Saguenay est un événement scientifique majeur qui a ébranlé la communauté scientifique.

Raynald Duberger, sismologue à la retraite
Raynald Duberger, à l'extérieur, ouvre la porte d'une boîte métallique.Raynald Duberger montre le numériseur qui est relié aux sismographes. Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Même retraité, Raynald Duberger possède encore sa propre station sismique. Sur son terrain, à l’écart de sa résidence, des sismographes sont installés sur le roc et sont reliés à un ordinateur. Celui-ci indique en temps réel les mouvements terrestres. Il s’agit de l’une des rares stations sismiques homologuées par Séisme Canada dans la province. Je suis un sismologue, ça a toujours été ma passion et ça restera toujours ma passion, indique-t-il.

Un puissant avertissement

Les répercussions du tremblement de terre ne se mesurent pas que dans la communauté scientifique. Le séisme a aussi servi à éveiller les esprits, à réaliser que personne n’était à l’abri de catastrophes naturelles.

On se pensait peut-être invincible parce que nous n'avions pas de tornade, pas de tremblement de terre. Ça a sensibilisé la population, les intervenants et les autorités, explique la professeure Danielle Maltais, titulaire de la Chaire de recherche en événements traumatiques, santé mentale et résilience de l’UQAC.

Elle a étudié les répercussions du déluge du Saguenay et plus récemment la tragédie de Lac-Mégantic. Elle convient que le tremblement de terre est loin d’avoir eu des effets aussi dramatiques, mais il a joué un rôle important en sensibilisant la population.

Après l’événement, les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux se sont rendu compte qu’il pouvait survenir des choses au Saguenay et qu’il fallait se préparer.

Danielle Maltais, titulaire de la Chaire de recherche en événements traumatiques, santé mentale et résilience
Danielle Maltais discute avec une journaliste, assise devant son ordinateur.La professeure Danielle Maltais discute avec la journaliste dans son bureau de l'UQAC. Photo : Radio-Canada

Par la suite, les intervenants de la région ont été parmi les premiers au Québec à être formés sur l’intervention psychosociale en cas de catastrophe. Ils venaient de compléter la formation lors des inondations de juillet 1996 et c’est probablement pour ça que les intervenants étaient prêts à intervenir, précise la professeure.

Crise du verglas en 1998Crise du verglas en 1998 Photo : La Presse canadienne / PC/Ryan Remiorz

À l’inverse, selon Danielle Maltais, les petites municipalités de la Montérégie n’étaient pas prêtes à réagir convenablement lors de la crise du verglas de 1998. Plusieurs intervenants sociaux du Saguenay se sont rendus sur les lieux pour aider.

On a eu des travailleurs sociaux qui ont pris en charge des centres d’hébergement lors de la tempête du verglas à cause de l’expérience qu’on avait vécue au Saguenay, explique-t-elle.

Le tremblement de terre du Saguenay demeure le plus important à avoir secoué le sud-est du pays en un demi-siècle.

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