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La défense avance la thèse du traumatisme au procès de Christopher Husbands

On voit un sketch judiciaire représentant l'avocat de la défense de Christopher Husbands, Dirk Derstine, en train de plaider au lutrin dans le prétoire du tribunal.

L'avocat de la défense de Christopher Husbands, Dirk Derstine, plaide au lutrin.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Radio-Canada

Témoignage important au procès de Christopher Husbands qui est accusé de meurtre non prémédité relativement à la fusillade du Centre Eaton de Toronto. Deux personnes avaient été tuées et six autres, blessées. Le témoin est l'ancienne petite amie de l'accusé de 29 ans qui est soupçonné d'avoir ouvert le feu sur un groupe de cinq individus qui l'avaient poignardé trois mois plus tôt.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Dans ce procès, le jury n’aura pas à déterminer si l’accusé a ouvert le feu, mais bien décidé s’il souffrait de stress au point d’ouvrir le feu sur un groupe d’individus qu’il a croisés au Centre Eaton le soir du 2 juin 2012. Le jury a été averti qu’il s’agissait du second procès de Christopher Husbands, mais il n’a pas été mis au courant du verdict ni des raisons pour lesquelles le présumé meurtrier est jugé pour une seconde fois.

Un dessin de cour sur lequel on voit un juge et une femme qui témoigne

LaChelle John ne se souvient plus de certains faits.

Photo : CBC/Pam Davies

LaChelle John explique à la barre qu’elle se trouvait bien avec l’accusé au Centre Eaton le soir du 2 juin 2012, pour magasiner et casser la croûte. Elle se reconnaît même sur les vidéos des caméras de surveillance que lui montre la Couronne. « J’étais en train de commander des sushis, lorsque j’ai entendu Christopher crier “Quoi” avant d’assister à une commotion dans l’aire de restauration », se souvient-elle.

Elle affirme qu’elle n’a toutefois entendu aucun coup de feu juste avant « la commotion ». « Je n’ai pas vu d’arme à feu non plus », ajoute-t-elle.

Mlle John affirme qu’elle n’a rien remarqué d’anormal dans le comportement de l’accusé au préalable ni porté attention au groupe d’individus qui se tenait près de lui. « J’ai soudainement vu Christopher courir vers la foule », poursuit-elle, en précisant qu’elle avait pris le temps de payer ses sushis à la caisse, de ramasser ses sacs, de quitter les lieux et de rentrer chez elle en taxi.

LaChelle John ajoute que Christopher est venu la voir le soir même pour lui remettre une somme d’argent. Elle ne se souvient plus du montant. Elle affirme que c’est le seul contact qu’elle a eu avec lui de la soirée. La Couronne lui montre alors des preuves de communication de compagnies téléphoniques, qui montrent qu’ils se sont pourtant échangé des messages dans le courant de la soirée.

« Christopher m’a ensuite appelée au travail le lendemain, pour me dire de me trouver un avocat. » Elle souligne qu’il l’a ensuite rappelée dans la nuit du 3 au 4 juin pour lui demander de le rejoindre au poste de police où il voulait se rendre aux autorités, « parce qu’il s’était mis dans le pétrin ».

LaChelle John affirme étonnamment qu’elle n’avait jamais entendu parler d’une fusillade avant de retrouver Christopher Husbands au poste, parce qu’elle n’avait pas l’Internet ou le câble à la maison. Pour la Couronne, il est clair qu’il a tiré sur le groupe d’individus pour se venger d’une attaque au couteau dont il avait été victime trois mois plus tôt.

Des dizaines d'autopatrouilles près du Centre Eaton.

Une importante présence policière autour du centre commercial le soir de la fusillade.

Photo : La Presse canadienne / John Chidley-Hill

Devant son hostilité, la Couronne et la défense doivent se résoudre à lui remémorer le témoignage qu’elle avait donné au premier procès. LaChelle John reconnaît qu’elle a pris connaissance de la fusillade, lorsqu’elle a entendu au poste un policier lire les chefs d’accusation contre le présumé meurtrier.

Le témoin à charge affirme à un moment donné que ce n’est pas parce qu’elle ne se souvient de rien que cela signifie que la fusillade ne s’est pas produite. La jeune femme explique qu’elle cherche en fait à se protéger, parce qu’elle savait qu’elle allait devoir témoigner sous serment une seconde fois lors de ce procès.

Elle admet par ailleurs qu’elle est allée voir l’accusé en prison « pour lui rendre visite il y a quelques mois », mais qu’ils n’ont pas discuté du second procès à venir. « Nous avons parlé de nos familles respectives », dit-elle.

Un dessin de cour de la procureure de la Couronne Mary Humphrey qui interroge LaChelle John

La procureure de la Couronne Mary Humphrey interroge LaChelle John

Photo : CBC/Pam Davies

Le contre-interrogatoire de Mlle John a donné lieu à la même antipathie de sa part vis-à-vis de la défense, mais il a donné du poids à la thèse de la légitime défense du présumé meurtrier.

À l’ouverture du procès à la fin octobre, la défense a reconnu que son client avait ouvert le feu ce soir-là au Centre Eaton, parce qu’il souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique après une attaque au couteau en février 2012. Elle tente donc de faire répéter les déclarations que Mlle John a faites au premier procès devant son refus de répondre à ses questions ou devant ses trous de mémoire.

LaChelle John a finalement admis juste avant l’ajournement des audiences que Christopher Husbands était bien devenu « stressé » et « paranoïaque » après avoir été poignardé par le groupe qu’il visait au Centre Eaton.

Elle avoue qu’il était venu vivre avec elle et sa famille, parce qu’il avait peur de rester dans son appartement. « Il prenait des antidouleurs en sortant de l’hôpital, il consommait du cannabis et de l’alcool plus qu’à l’habitude pour surmonter sa peur », a-t-elle conclu.

Toronto

Armes à feu