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Des réactions anglophones divisées face à la mobilisation de Franco-Ontariens

Des journaux en impression.

Certains éditorialistes sympathisent, mais d'autres trouvent la réaction des Franco-Ontariens disproportionnée.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les réactions des éditorialistes anglophones se sont faites plus audibles cette semaine, concernant les coupures annoncées par Doug Ford jeudi dernier dans les services aux francophones de la province.

Un texte de Rozenn Nicolle

Les nombreuses réactions des acteurs importants de la politique fédérale, que ce soit Justin Trudeau tout comme les chefs du Parti conservateur, Andrew Scheer, et du NPD, Jagmeet Singh, ont eu raison du silence des auteurs d’opinion de la presse anglophone.

Pour Randall Denley, ancien candidat du Parti progressiste-conservateur ontarien aujourd’hui éditorialiste pour le Ottawa Citizen, tous ces politiciens voient dans les Franco-Ontariens une niche électorale non négligeable auprès de laquelle ils ont voulu, par leurs déclarations de soutien, marquer des points.

La réaction est disproportionnée.

Randall Denley, éditorialiste et ancien candidat conservateur

« Il n’y a pas de réelle preuve que les Franco-Ontariens vont avoir moins de services », argumente-t-il.

Selon lui, l’ombudsman, qui récupérera les employés et les tâches du Commissariat aux services en français (CSF), offrira les mêmes services. Quant à l’Université de l’Ontario français (UOF) : « supprimer quelque chose qui n’a jamais vraiment existé, ce n’est pas une perte », a-t-il avancé.

« Ce n’est pas l’apocalypse », titrait pour sa part l’éditorialiste du National Post Chris Selley dans un article publié le 20 novembre. Un article dans lequel il a mis en exergue le manque d’unanimité que suscitait l’université de langue française parmi les francophones de l’Ontario.

L’ancien ombudsman de l’Ontario, André Marin, ne s’est pas privé pour aller plus loin et qualifier la réaction de la communauté franco-ontarienne d’hystérie dans le Toronto Sun. Le francophone a même dépeint le commissaire aux services en français, François Boileau, comme un dépensier narcissique dont le prochain, et probable dernier, symposium n’est autre qu’une fête organisée aux frais des contribuables.

Des anglophones divisés en trois camps

Si des réactions plus positives ont également été lues dans la presse anglophone, à l’instar de la chronique de Chantal Hébert dans le Toronto Star, il n’en est pas moins que les anglophones restent divisés sur la question franco-ontarienne, selon l’historien Matthew Hayday.

Matthew Hayday, professeur d’histoire à l’Université de Guelph, dans son bureau

Matthew Hayday, professeur d’histoire à l’Université de Guelph.

Photo : Radio-Canada/Skype

Francophile reconnu, l’auteur de plusieurs ouvrages sur la dualité linguistique canadienne a identifié trois prismes à travers lesquels sont vues ces différentes compressions des services aux francophones.

D’un côté, « les Anglo-Ontariens qui soutiennent Doug Ford, qui sont opposés au bilinguisme comme tel », explique-t-il. De l’autre, les anglophones qui dénoncent la suppression du CSF et, enfin, ceux qui s’opposent à toutes les réductions de services, comprenant le Commissariat à l’environnement et l’intervenant en faveur des enfants de l’Ontario.

Il y a une division entre les groupes qui sont pour la cause franco-ontarienne, mais qui ont des hésitations en ce qui concerne l’université.

Matthew Hayday, professeur d’histoire à l’Université de Guelph

Dans un éditorial publié cette semaine dans le journal La Presse, Patrick Lagacé, avait dénoncé le mutisme des médias anglophones, rappelant que ceux-ci étaient pourtant les premiers à monter au créneau lorsqu’il s’agissait des droits de la minorité anglophone du Québec. Les réponses n’auront pas tardé. Le recul de Doug Ford annoncé vendredi soir devrait également susciter son lot de réactions dans les jours à venir.

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