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Des appuis pour un Québécois retenu à Cuba par la justice

Toufik Benhamiche pose dans une rue de Cuba.
Toufik Benhamiche était à la barre d'un bateau qui a happé mortellement une touriste ontarienne en juillet 2017. Photo: The Canadian Press / Kahina Bensaadi
La Presse canadienne

Les proches d'un touriste québécois qui se retrouve dans les limbes de la justice cubaine depuis le décès d'une autre touriste canadienne, il y a 16 mois, veulent faire pression sur l'ambassade de Cuba à Ottawa, samedi.

Toufik Benhamiche, de Mascouche, ne peut quitter Cuba à la suite du décès d'une Ontarienne dans une collision de bateaux lors d'une excursion touristique à Cayo Coco, en juillet 2017.

M. Benhamiche venait de prendre la barre du petit bateau lorsqu'il a dévié de sa course et happé mortellement Jennifer Ann Marie Innis, une Ontarienne mère de trois enfants.

M. Benhamiche, âgé de 48 ans, avait été condamné à une peine de quatre ans de prison pour négligence criminelle, mais le verdict et la peine ont été annulés par le plus haut tribunal cubain, qui a exigé une enquête plus approfondie dans cette affaire.

La cour a notamment invoqué des violations du Code pénal par le ministère public et des infractions commises par des employés de la société qui avait fourni le bateau.

Mais le Québécois doit maintenant subir un nouveau procès, et les procureurs cubains réclament une peine de cinq ans de prison. Comme dans la première affaire, le procureur a refusé de porter des accusations contre des employés cubains travaillant pour l'excursionniste Marlin SA.

L'avocat de M. Benhamiche à Cuba a également découvert qu'un employé de Marlin, qui avait été accusé à l'origine, avait quitté le pays.

Dans une longue lettre publiée mercredi sur Facebook, M. Benhamiche a offert ses condoléances aux proches de Mme Innis, tout en affirmant qu'il s'agissait d'un accident.

M. Benhamiche a plaidé qu'il avait reçu bien peu d'instructions sur la manière de piloter le bateau, et qu'on l'avait assuré que l'embarcation était facile à utiliser et en aucun cas dangereuse.

Son emploi perdu

M. Benhamiche demeure en liberté, mais il lui est interdit de quitter l'île. L'ingénieur a perdu son emploi au Québec, et c'est sa femme qui doit s'occuper toute seule de leurs deux filles.

Sa femme, Kahina Bensaadi, a indiqué en entrevue vendredi que des dizaines de parents, amis, collègues et sympathisants se rendront à Ottawa samedi pour remettre une lettre aux autorités cubaines.

Ils veulent ainsi « dénoncer l'abus de la justice cubaine [...] face à mon mari qui est retenu depuis maintenant plus de 16 mois, alors qu'il n'a rien à se reprocher dans l'accident », a indiqué Mme Bensaadi.

On ne voit pas le bout du tunnel, on est en train de recommencer l'histoire, on a vécu tous ces événements-là en 2017, et exactement le même scénario se reproduit.

Kahina Bensaadi

Selon elle, Toufik Benhamiche ne va pas très bien. « Imaginez un peu la terreur que vous pouvez vivre lorsque vous êtes à l'étranger, que vous faites face à un processus judiciaire, à une injustice, dans laquelle vous n'avez rien à vous reprocher, mais que les gens veulent coûte que coûte vous mettre en prison, explique-t-elle. Imaginez maintenant que vous deviez vivre toute cette terreur-là une deuxième fois, en sachant exactement quelles sont les issues des procédures. »

Au Canada, la famille Benhamiche a intenté une poursuite de 340 000 $ contre Vacances Sunwing, le voyagiste avec lequel elle avait réservé le forfait. Sunwing a déjà indiqué qu'il contesterait la poursuite.

La famille a également déposé une requête en Cour fédérale, l'été dernier, dans le but d'obtenir l'aide du gouvernement canadien. Mme Bensaadi a indiqué qu'Ottawa s'était davantage impliqué récemment, et Affaires mondiales Canada a déclaré qu'il travaillait sur son cas.

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