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De l'importance de l'éthique pour la recherche en contexte autochtone

Une femme parle au lutrin lors d'un panel à l'UQAT.

Le quatrième séminaire sur l'éthique de la recherche avec les Peuples autochtones avait lieu les 22 et 23 novembre, à l'UQAT.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Alors que l'intérêt du milieu universitaire pour la recherche en contexte autochtone semble s'accroître de manière exponentielle, les enjeux éthiques sont nombreux. Des chercheurs de tous horizons étaient réunis au campus de Val-d'Or de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) les 22 et 23 novembre, dans le cadre du quatrième séminaire sur l'éthique de la recherche avec les Peuples autochtones.

Un texte de Thomas Deshaies

Par le passé, les chercheurs ont parfois eu des comportements répréhensibles, selon Suzy Basile, professeure à l'École d'études autochtones de l'UQAT. Pendant longtemps, plusieurs chercheurs ne retournaient pas nécessairement vers les communautés, pour faire une suite, pour valider leurs résultats de recherche, ou encore même les montrer, les diffuser, explique-t-elle.

Encore aujourd'hui, des chercheurs se rendent dans les communautés « sans aucune préparation », déplore Mme Basile. Un problème qui se ferait particulièrement remarquer chez les chercheurs provenant d'universités européennes, où la culture de la certification éthique serait relativement absente.

Une femme autochtone pose pour la caméra dans une aire commune de l'UQAT à Val-d'Or.

Suzy Basile, professeure à l'École d'études autochtones de l'UQAT

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Certaines communautés seraient par ailleurs particulièrement ciblées par des projets de recherche, comme celle de Mashteuiatsh, qui a été le théâtre de 75 projets de recherche entre 2015 et 2017. Un intérêt accru qui peut parfois causer certaines réticences dans la communauté lors de l'arrivée de nouveaux chercheurs.

S'assurer d'un maximum de retombées pour les communautés

La recherche est cependant une occasion en or pour les communautés d'accroître leurs connaissances, souligne Hélène Boivin, coordonnatrice des projets de recherche à Mashteuiatsh.

Mme Boivin cite notamment en exemple un projet de l'Université Laval qui vise à développer un outil pour mesurer les impacts cumulatifs des grands projets miniers, d'hydroélectricité ou de développement de villégiature. On voulait avoir un outil pour mesurer l'accumulation des impacts des différents projets sur un territoire donné. Ça, c'est un exemple de recherche qui nous aide, explique-t-elle.

Une femme regarde la caméra dans un couloir d'université.

Hélène Boivin, coordonnatrice des projets de recherche à Mashteuiatsh

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Selon Mme Boivin, les communautés autochtones devraient se doter d'instances visant à favoriser la collaboration avec les chercheurs pour assurer un maximum de retombées. Mais dans la plupart des communautés, il n'y a aucune structure pour assurer le suivi, puis les liens entre les chercheurs et la communauté, explique-t-elle, tout soulignant que le manque de financement est en cause.

L'importance de l'ouverture

Suzy Basile estime que tout chercheur souhaitant œuvrer en contexte autochtone doit faire preuve d'ouverture d'abord et d'écoute surtout. Il faut aussi en connaître un minimum sur le peuple chez qui les étudiants vont travailler et il existe pour cela une panoplie d'informations qui circulent, souligne-t-elle.

L'UQAT et ses partenaires ont d'ailleurs profité du séminaire pour lancer la deuxième édition de la Boîte à outils des principes de la recherche en contexte autochtone. Cette nouvelle version aborde notamment l'enjeu des données ouvertes.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones