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Le gouvernement Ford rétablit certains services en français, mais l'AFO en réclame davantage

Un homme en veston.
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le gouvernement ontarien cède en partie aux pressions des francophones qui dénonçaient vivement des mesures annoncées lors de l'énoncé budgétaire de la semaine dernière. Mais l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario déplore que la nouvelle proposition, élaborée sans consultation, ne rende pas son indépendance au commissaire aux services en français.

Un texte de Pascale Bréniel

Ces concessions du gouvernement, après une levée de boucliers dans la province et ailleurs au pays, sont vues comme une tentative d'apaisement qui ne va pas assez loin.

Dans un communiqué envoyé en fin d'après-midi vendredi, le premier ministre annonce que la loi sera modifiée pour permettre la création d'un poste de commissaire aux services en français au bureau de l’ombudsman. Initialement, ce poste devait être aboli, et les employés du commissariat, transférés chez l'ombudsman.

Les francophones auront aussi un ministère à part entière, comme c'était le cas sous le gouvernement provincial précédent.

Un conseiller politique principal responsable des affaires francophones sera nommé au bureau du premier ministre.

Les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens ont des valeurs fortes qui sont profondément ancrées dans l’histoire de notre province. Ils ont œuvré pendant des générations pour promouvoir et préserver leur belle culture et leur langue en Ontario, et poursuivent leurs efforts aujourd’hui.

Le premier ministre Doug Ford, dans un communiqué

Doug Ford précise qu'il a l'intention de rencontrer les membres de la communauté et les représentants de leurs associations de façon régulière.

Il réitère aussi son appui à la ministre Caroline Mulroney, responsable du dossier francophone.

La ministre déléguée aux Affaires francophones Caroline Mulroney en ChambreLa ministre déléguée aux Affaires francophones Caroline Mulroney Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Mme Mulroney s'est entretenue en fin d'après-midi avec la ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.

Mme Joly considère que le mouvement de contestation des Franco-Ontariens a porté fruit.

Mélanie Joly, lors d'un point de presse dans le foyer du Parlement. La ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly. Photo : Radio-Canada

Il s’agit cependant de mesures qui visent à apaiser la grogne. Nous allons devoir veiller au grain, et travailler de très près avec la communauté pour assurer de protéger les acquis.

Mélanie Joly, ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie

La province avait annoncé la semaine dernière l'abandon du projet d'Université de l'Ontario français. Le communiqué laisse entendre que ce projet serait plutôt suspendu jusqu'à ce que la situation financière de la province s'améliore.

« J’attends avec impatience le jour où l’état des finances publiques nous permettra d’aller de l’avant avec des projets comme celui de l’université de langue française », déclare la ministre Caroline Mulroney.

Scheer en profite pour attaquer Trudeau

« Lorsque je serai premier ministre, je vais discuter avec le gouvernement de l’Ontario pour que l’université francophone se concrétise, car le gouvernement fédéral doit être un partenaire dans ce projet », a déclaré le chef conservateur Andrew Scheer.

M. Scheer a rappelé qu’il avait rencontré le premier ministre de l’Ontario au cours de la fin de semaine dernière pour lui signifier son « désaccord ». Le chef du Parti conservateur en a profité pour lancer une flèche en direction du premier ministre Trudeau . « Je suis d’ailleurs le seul chef fédéral à avoir rencontré le premier ministre Doug Ford à ce sujet, contrairement à Justin Trudeau dont l’approche est de réprimander et d’attaquer ses adversaires pour faire des gains politiques sur le dos des communautés linguistiques », a-t-il conclu.

Après sa rencontre avec M. Ford, Andrew Scheer avait affirmé qu'il ne lui avait pas demandé de revenir sur sa décision étant donné qu'il s'agit d'une compétence provinciale.

Trop peu

« Nous sommes stupéfaits de cette proposition élaborée sans consultation préalable », a déclaré le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, au sujet du rétablissement du rôle du commissaire aux services en français, mais au bureau de l'ombudsman.

On veut que le Commissariat soit restauré comme il l'était, c'est-à-dire statu quo, totale indépendance du commissaire et de son bureau.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario
Carol Jolin s'adresse aux médias derrière un micro. Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, exige que Doug Ford revienne sur sa décision d'imposer des compressions aux services en français. Photo : Radio-Canada

M. Jolin reconnaît que le gouvernement exprime un désir d'ouverture.

Il déplore cependant le fait que la ministre Mulroney invoque l'argument économique pour annuler ou reporter l'ouverture d'une université de langue française.

La quarantaine de manifestations prévues en Ontario le 1er décembre pour dénoncer les compressions auront toujours lieu.

Des manifestants avec des enseignes et un drapeau franco-ontarien à Cambridge, en Ontario.Manifestation contre les réductions de services en français à Cambridge, en Ontario Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

En entrevue à ICI RDI, l'ex-ministre libérale ontarienne Madeleine Meilleur trouve également que les mesures annoncées sont insuffisantes.

Rétablir le ministère des Affaires francophones est une chose, dit-elle, mais il doit y avoir le budget et le personnel nécessaires.

L'ex-ministre libérale de l'Ontario, Madeleine Meilleur L'ex-ministre libérale de l'Ontario, Madeleine Meilleur Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Elle invite les Franco-Ontariens à maintenir la pression sur le gouvernement.

Il va s'apercevoir, comme son prédécesseur [l'ancien premier ministre conservateur] Mike Harris que la francophonie ontarienne est forte, qu'elle se tient debout et qu'elle est ambitieuse. Et on voit que la francophonie nationale et internationale viennent à notre secours.

Madeleine Meilleur, ex-ministre libérale

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