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« I don't speak French » : la ministre Paula Biggar s'excuse à l'Assemblée législative

Paula Biggar, ministre des Transports et de la Condition féminine de l'Île-du-Prince-Édouard.

La ministre Paula Biggar fait sonner « la belle cloche », un symbole acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, lors de l’ouverture officielle de l’école française du même nom à Rollo Bay, au printemps dernier.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Radio-Canada

Deux semaines après avoir provoqué un tollé à l'Île-du-Prince-Édouard en répondant précipitamment « I don't speak French » à un courriel qu'une résidente de la région Évangéline lui avait adressé en français, la ministre Paula Biggar s'est excusée publiquement pendant la période de questions à l'Assemblée législative, vendredi.

Un texte de François Pierre Dufault

Je m'excuse, a répondu en français la ministre des Transports, de l'Infrastructure et de l'Énergie et ministre de la Condition féminine à une question du député libéral Hal Perry, lui-même d'origine acadienne.

Paula Biggar a aussi rappelé à l'Assemblée législative qu'elle s'était excusée sur sa page Facebook quelques jours après avoir soulevé une controverse en répondant I don't speak French à un courriel de Mélanie Gallant, une mère de trois enfants qui demandait en français à l'élue de Tyne Valley son appui à un projet de renouvellement de l'école Évangéline.

Je tiens à m'excuser auprès de Mme Gallant et de la communauté francophone de ma réponse précipitée. [...] Je suis désolée. Je m'excuse.

Paula Biggar, ministre des Transports, de l'Infrastructure et de l'Énergie de l'Île-du-Prince-Édouard

La ministre libérale a essuyé de nombreuses critiques dans les médias sociaux à la suite de cette réponse précipitée. L'opposition à l'Assemblée législative a condamné sa réponse impolie et réclamé des excuses de sa part. Le Parti vert a aussi réclamé sa démission.

Dans son message d'excuses publié en anglais seulement sur Facebook, Paula Biggar a reconnu qu'elle aurait dû attendre d’avoir l’aide d’employés francophones avant de répondre au courriel de Mélanie Gallant.

L'élue de Tyne Valley dit qu'elle a toujours entretenu de bonnes relations avec la communauté acadienne et francophone, et qu'elle n'a jamais eu l'intention de lui manquer de respect. Elle dit qu'avec le recul, elle aurait fait les choses différemment.

J'étais à la maison, tôt le matin. Je m'apprêtais à partir. J'ai jeté un coup d'oeil rapide au courriel. J'ai commencé à y répondre. J'ai envoyé une réponse incomplète. Ce n'était certainement pas mon intention d'envoyer une réponse aussi précipitée, a raconté Paula Biggar, vendredi, dans une première entrevue accordée à Radio-Canada depuis que la controverse a éclaté, le 8 novembre.

Un bon moment pour des excuses

La ministre libérale dit qu'elle a attendu un bon moment pour présenter des excuses publiques à l'Assemblée législative. Je ne voulais pas [m'excuser] en réaction à une question ou une accusation de l'opposition, précise-t-elle.

Depuis deux semaines, la controverse ne s'est toutefois pas estompée. À la période de questions, vendredi, le député Hal Perry a fait savoir que des résidents de sa circonscription de la région de Tignish étaient toujours fâchés par les propos de sa collègue. Je crois que des excuses plus formelles sont nécessaires, a-t-il réclamé.

Le député progressiste-conservateur Brad Trivers abonde dans le même sens. Il était temps que la ministre s'excuse. C'est ce qu'elle aurait dû faire en premier, a indiqué l'élu de la région de Rustico.

Pour la Société Saint-Thomas d'Aquin (SSTA), cette controverse met en lumière l'importance de sensibiliser chaque insulaire à la valeur ajoutée de la francophonie, du bilinguisme et de la Loi sur les services en français (LSF).

Le fait que la ministre Biggar présente ses excuses publiquement était la bonne chose à faire et c’est ce que la SSTA ainsi que de nombreuses personnes dans la province lui avaient demandé, a réagi Colleen Soltermann, la présidente de l'organisme porte-parole de la francophonie insulaire. Cet incident a mis en lumière les problèmes qui subsistent dans la mise en œuvre et l’application de la LSF, malgré de nombreuses avancées ces dernières années.

Plainte auprès du gouvernement

Mélanie Gallant n'a pas immédiatement réagi aux excuses de la ministre, vendredi.

La résidente de la région Évangéline a déposé une plainte auprès du gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard après avoir reçu le courriel de Paula Biggar, puisqu'elle considère que la LSF n’a pas été respectée. Cette loi stipule qu’une réponse écrite en français doit être envoyée à l’expéditeur d’une correspondance en français.

Le 8 novembre, quelques heures après le message qui a fait polémique, le bureau de la ministre des Transports, de l'Infrastructure et de l'Énergie a fait parvenir un deuxième courriel à Mélanie Gallant, celui-là en français.

De son côté, la ministre Paula Biggar dit qu'elle ignorait qu'elle avait l'obligation, en vertu de la LSF, de répondre en français à sa correspondante de la région Évangéline. Cette situation démontre, selon elle, qu'un rappel [de la loi] est nécessaire pour les élus et les hauts fonctionnaires.

Île-du-Prince-Édouard

Francophonie