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Stupéfiants : les Hells la section de Trois-Rivières dominent le territoire

Deux motards des Hells Angels circulent sur une autoroute.
Les Hells Angels sont encore bien présents en Mauricie et au Centre-du-Québec. Photo: Getty Images / Jerry Grugin

S'ils sont moins visibles en apparence, les Hells Angels règnent toujours en rois et maîtres sur les activités criminelles de la région, une source de revenus importante pour le groupe. Dans les faits, les Hells Angels contrôlent 97 % du territoire québécois en ce qui a trait aux drogues de synthèse.

Un texte de Marie-Claude Julien

La Mauricie-Centre-du-Québec est importante dans la vision et la planification du crime organisé, comme toutes les régions d'ailleurs, confirme Guy Lapointe, porte-parole de la Sûreté du Québec en matière de crime organisé. Le chapitre de Trois-Rivières, comme ceux de Québec, Sherbrooke, Montréal et South, est toujours actif. Toutefois, la structure hiérarchique des opérations a changé ces 10 dernières années.

Guy Lapointe, porte-parole de la Sûreté du Québec en matière de crime organiséGuy Lapointe, porte-parole de la Sûreté du Québec en matière de crime organisé Photo : Radio-Canada

L'opération SharQc, en 2009, qualifiée de la plus importante rafle policière menée au Canada contre les gangs criminels, et la démolition du bunker de Trois-Rivières sur le boulevard Saint-Jean, en 2015, ont notamment forcé la section de Trois-Rivières à revoir sa structure.

L'importance des clubs supporteurs

Depuis l'opération SharQc, le visage des motards criminels a changé. En 10 ans, les membres en règle ont mis en place une structure à l'image de celle employée par la mafia italienne, pour s'éloigner du crime et se protéger des forces policières.

Selon l'ancien agent de la Sûreté du Québec et spécialiste du crime organisé Sylvain Tremblay, ce sont les clubs supporteurs qui sont maintenant responsables de faire le travail criminel de terrain.

Dans la région, deux clubs occupent principalement le territoire à la solde des Hells Angels de la section de Trois-Rivières : les Brotherhood et les Deimos Crew, un groupe plus structuré.

Structure du crime organisé en MauricieStructure du crime organisé en Mauricie Photo : Radio-Canada

Ces deux groupes sont les plus importants, ils contrôlent le trafic [de drogue] et paient une quote[-part] aux grands frères membres des Hells Angels, explique M. Tremblay. Ces deux groupes, en plus des Devils Ghosts, étaient d'ailleurs responsables de la sécurité des membres en règle des Hells lors du dernier rassemblement à Notre-Dame-du-Mont-Carmel à l'occasion de la First Run, en mai 2018.

D'autres groupes gravitent dans le monde criminel, mais leur importance est moindre, selon le spécialiste.

Une structure qui complique le travail des policiers

Les clubs supporteurs des Hells Angels sont de véritables pare-feu qui permettent aux membres en règle d'être pratiquement invisibles au sens de la loi.

Les membres en règle ne touchent plus directement aux activités criminelles sur le terrain, ils ne s'affichent plus dans des lieux de rencontre comme à l'époque des bunkers et l'arrivée de nouveaux moyens de communication qu'offre Internet facilite les échanges à distance, grâce aux messages cryptés qui passent facilement sous le radar.

La seule façon qu'on arrive à les ébranler un peu, c'est quand on arrête des membres de clubs supporteurs et on arrive à démontrer le lien avec le ou les Hells qui les parrainent. Là, on peut peut-être arriver à accuser un, deux ou trois membres en règle [...] Et là, ce sont des enquêtes d'un an, un an et demi, précise Sylvain Tremblay.

La police ajuste le tir

Si les motards ont peaufiné leur structure au cours de la dernière décennie, les policiers aussi ont changé leur méthode.

Ils ont appris du procès découlant de l'opération SharQc. Sur plus de 150 personnes accusées, 37 ont été blanchies en raison de vices de procédure ou de délais jugés déraisonnables et 35 personnes condamnées ont obtenu une réduction de peine pour les mêmes raisons.

Depuis 2017, la Sûreté du Québec divise donc ses enquêtes en trois axes pour éviter les gros procès. Chaque projet d'enquête est indépendant sur le plan judiciaire.

La riposte policière.La riposte policière. Photo : Radio-Canada

Guy Lapointe, porte-parole de la Sûreté du Québec en matière de crime organisé, explique que cette nouvelle technique a été appliquée pour la première fois lors du projet Objection. On s'attaquait autant aux têtes dirigeantes, autant aux clubs supporteurs, autant aux réseaux de distribution. C'est de cette façon-là maintenant qu'on va combattre.

Mauricie et Centre du Québec

Justice et faits divers