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« Un pas en arrière », 40 ans après l’école de la résistance

Photo d'archives d'une manifestation silencieuse devant Queen's Park avec 16 jeunes.

Photo d'archives de Julien Laramée. Manifestation silencieuse du 11 octobre 1979 devant Queen's Park.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En 1979, l'école de la résistance de Penetanguishene était fondée et une crise scolaire pour l'accès à l'éducation en français s'entamait. Près de 40 ans plus tard, des membres de la communauté francophone de la région ont le sentiment que la cause perd du terrain.

Un texte de Marie-Hélène Ratel

Je crois qu’on est en train de reculer dans le temps.

Julie Pilon, élève de 10e année, École Le Caron

Le récent mouvement de résistance franco-ontarien réveille de vifs souvenirs en Huronie. Des résidents de différentes générations se sentent aussi interpellés.

Vue de l'extérieur de la façade de l'ancien bureau de poste où avait été installé l'école secondaire de la Huronie. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est dans les bureaux de La Clé d'la Baie qu'avait été installée en 1979 l'école secondaire de la Huronie, qui était l'édifice désaffecté du bureau de poste.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

En 1982, après des années d’efforts constants de la communauté franco-ontarienne, l’École secondaire Le Caron a été créée.

Parmi les nombreuses actions mises en place, l’École secondaire de la Huronie, une institution illégale créée en 1979, a accueilli une cinquantaine d’élèves le temps d'une année scolaire.

Trois des tantes de Julie Pilon ont fréquenté l’établissement. Aux côtés d'autres militants, elles ont, à leur façon, pavé la voie pour les études en français dans la région.

Ils n’ont jamais arrêté. C’est grâce à leur persévérance qu’ils ont pu ouvrir cette école.

Julie Pilon, élève de 10e année, École secondaire Le Caron
Julie Pilon est entourée de quelques collègues de classe pour un travail d'équipe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julie Pilon (à gauche) est en 10e année à l'école secondaire Le Caron.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Julie Pilon souhaitait étudier à l’Université de l’Ontario français.

Elle se dit très déçue que le gouvernement de Doug Ford annule sa création.

Elle espère que le premier ministre prendra conscience du nombre élevé de francophones qui vivent en Ontario.

Dates importantes :

  • 1979 : Ouverture de l’École secondaire de la Huronie.
  • 1982 : Décision de la Cour supérieure de l'Ontario. Le conseil scolaire de Simcoe doit construire une école de langue française distincte.
  • 1982 : Inauguration de l’École secondaire Le Caron.
  • 1988 : Création des conseils scolaires de langue française.
Photo d'archives du groupe d'élèves de l'école secondaire de la Huronie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo d'archives de l'annuaire de l'École Le Caron.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Des souvenirs frais en mémoire

En tant que porte-parole officiel de la communauté francophone dans la lutte des années 70, Basile Dorion a été l’une des figures de proue du mouvement il y a 40 ans.

Il se rappelle qu’à l’époque, les médias anglophones s’étaient aussi intéressés à leur cause, comme c'est le cas actuellement.

Selon lui, cette crise au sein de la francophonie ontarienne était nécessaire pour mobiliser les troupes.

Il n’y a rien de mieux qu’une bonne crise pour nous réveiller, au moins tous les 10-20 ans, pour revenir à la réalité.

Basile Dorion, organisateur de l'école secondaire de la Huronie

Son expérience personnelle lui a permis d'en tirer une leçon.

Selon M. Dorion, il est important d'inclure les gens de tous les groupes d’âge, alors que les jeunes ont joué un rôle central dans la création de l’école secondaire de la Huronie.

L’ancien directeur à l’École Le Caron, Harold Robert, se souvient d’avoir pris part à la campagne de financement des 10 sous, lorsqu’il était élève dans une école de Kirkland Lake.

Harold Robert devant le mur commémoratif de l'école de la résistance.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Harold Robert se souvient d'avoir contribué à la campagne de financement des 10 sous pour une école secondaire de langue française à Penetanguishene.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Malgré les différences entre la lutte de 1979 et le mouvement actuel, le message central demeure le même, soutient-il : la francophonie ontarienne est importante.

Les Franco-Ontariens ne disparaîtront jamais. M. Ford aura une petite surprise en voyant à quel point nous sommes résilients.

Harold Robert, ancien directeur de l’École Le Caron

Un futur musée de l’école de la résistance

L’École secondaire de la Huronie avait été installée dans le bâtiment maintenant occupé par l’organisme La Clé d’la Baie.

La Clé d’la Baie travaille actuellement sur un projet de musée pour commémorer les 40 ans de la lutte, l’an prochain.

Un projet qui prend tout son sens dans le contexte actuel, souligne la directrice générale de l'organisme.

Un cahier avec plusieurs caricatures découpées.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des archives de caricatures de 1979.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Sylvia Bernard s’attend à voir des gens de toutes les générations joindre la résistance de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, dont des gens qui avaient participé aux manifestations dans les années 70, cette fois-ci avec leurs enfants et petits-enfants.

On se disait qu'on avait fait un bon bout de chemin. Mais des fois il ne suffit que d'un premier ministre ignorant pour faire un recul de 40 ans.

Sylvia Bernard, directrice générale, La Clé d’la Baie
Sylvia Bernard regarde la plaque commémorative pour l'école de la résistance.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice générale de La Clé d'la Baie s'attend à ce que de nombreuses personnes se joignent à la mobilisation.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

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