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L'Antoine Pruneau de 2018, une version revue et améliorée

Deux joueurs de football qui sautent pour attraper le ballon

Antoine Pruneau devant un receveur des Alouettes de Montréal pour réussir une interception

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Il est arrivé à Ottawa en pensant tout savoir du football, mais la réalité du sport professionnel l'a rapidement rattrapé. Au terme de sa cinquième saison dans la Ligue canadienne de football (LCF), Antoine Pruneau dit être plus humble, plus calme et plus en contrôle. Entrevue confidences avec le maraudeur du Rouge et Noir.

Un texte de Kim Vallière

Le Québécois avait promis une chose au club ottavien lors de son entrevue pendant le processus du repêchage, en 2014. Je vais toujours être une option pour vous autres. Ce sera à vous de prendre la décision finale si je joue ou je ne joue pas, mais de mon côté, ce sera toujours un oui, se souvient Pruneau, assis au milieu d’une grande salle de bal d’un centre des congrès d’Edmonton.

Il a rapidement forcé la main des dirigeants d’Ottawa pour lui faire une place constante dans la formation partante en défense, grâce notamment à son intensité déployée sur le terrain. L’équipe passe en premier, les blessures et ecchymoses ne sont que des dommages collatéraux secondaires.

Le Rouge et Noir, la seule équipe qu’il ait connue dans le football professionnel, a réussi à se qualifier pour une troisième participation à la Coupe Grey en quatre saisons. Rien pour étonner le joueur de 29 ans, qui a cru au projet, même pendant la première année de l’équipe, où Ottawa n’a gagné que 2 parties en 18 rencontres.

Je me souviens qu’à ma deuxième année, après quelques changements qui ont permis de peaufiner notre équipe, j’avais le sentiment qu’on allait avoir du succès, mentionne Pruneau, qui ajoute que les réussites de son équipe sont surtout dues selon lui, à la philosophie mise en place dans l’organisation.

On amène des joueurs de talent, mais aussi avec la bonne attitude et des joueurs dont la mentalité cadre dans les valeurs de l’équipe.

Antoine Pruneau, maraudeur du Rouge et Noir d'Ottawa

Lui-même a appris à se comporter comme un professionnel en observant le quart-arrière Henry Burris, qui a piloté l’attaque du Rouge et Noir de 2014 à 2016. Prendre le temps de connaître les gens dans notre industrie, ça a été quelque chose que je n’avais pas avant. Je pense que j’étais peut-être plus égoïste comme personne, dit-il en se plongeant dans quelques souvenirs.

Un homme et une femme assis un devant l'autre discutentAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Antoine Pruneau en entrevue à Radio-Canada pendant la semaine de la Coupe Grey à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Henri

Pruneau avoue tout de même qu’il n’aurait pu rêver d’être de retour si souvent dans la finale de la LCF, aussi rapidement dans sa carrière.

Il y a eu la défaite crève-coeur de 26-20 en 2015 à Winnipeg, puis l'euphorie de la victoire de 39-33 en prolongation, en 2016 à Toronto. Des expériences aux antipodes qui le mènent maintenant à un état près de la sérénité pendant la semaine de la Coupe Grey 2018 à Edmonton.

La plus grosse différence, c’est le contrôle de mes émotions [...] Je suis un peu plus calme, je comprends plus le processus.

Antoine Pruneau, maraudeur du Rouge et Noir d'Ottawa

Je garde des beaux souvenirs de ces deux matchs-là. Quand ta préparation est bonne et que tu as tout donné ce que tu avais sur le terrain, tu ne peux pas avoir de regret, dit-il, en insistant sur le fait qu’il peut maintenant mieux profiter des activités mondaines et de l’attention qui l’entoure pendant l’événement.

Les succès que Pruneau a connus avec le Rouge et Noir font que le Montréalais ne se voit pas jouer ailleurs dans la LCF au cours d’une carrière qu’il souhaite longue, même si tous les jours ne sont pas faciles.

Des fois, je me dis “il faut que ça s’arrête”. Des fois, la pression, ça devient maladif, de se dire “il faut que je performe”. Dès que tu atteins un niveau, c’est un tremplin pour aller au prochain.

Antoine Pruneau, maraudeur du Rouge et Noir

Mais tu regardes l’ensemble, je me dis que je veux que ça continue éternellement. Je pense que j’ai même une peur du monde après le football. C’est tellement spécial ce qu’on vit, je veux prolonger ça le plus longtemps possible parce que je ne sais pas si je vais pouvoir retrouver autant de bonheur que j’en vis en ce moment, avance-t-il.

Quant au match de dimanche, contre les Stampeders de Calgary, pas question de jouer le rôle de négligé cette fois-ci pour le Rouge et Noir. C’est une équipe, croit Pruneau, qui s’est suffisamment améliorée au cours de la saison pour prétendre aux grands honneurs.

Est-ce que cette évolution va tourner à notre avantage? Je pense que oui, laisse tomber le maraudeur en terminant l’entretien.

Le jeune Pruneau des débuts se serait peut-être laissé emporter à faire une prédiction sur l’issue du match. Celui de 2018 préfère se concentrer sur sa préparation et laisser parler son jeu sur le terrain. Le contrôle des émotions, qu’il disait.

Ottawa-Gatineau

Football