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Vivre avec le cancer d’un enfant : une mère témoigne

Une femme discute avec un jeune homme, devant une porte.
Le fils de Fran Gilboy a reçu un diagnostic de cancer du testicule à l'âge de 16 ans. Photo: Radio-Canada / Nicole Huck
Radio-Canada

Fran Gilboy a d'abord perdu sa mère d'un cancer du sein lorsqu'elle avait 12 ans. Elle doit maintenant apprendre à adapter son rôle parental pour soutenir son fils adolescent, à qui les médecins ont diagnostiqué un cancer du testicule il y a un an. Témoignage.

« J’avais vraiment peur, confie Fran Gilboy. Je voyais que Manni aussi avait vraiment peur, mais quelqu’un doit écouter dans ces moments-là. »

Manni, le fils de la Réginoise, a 16 ans lorsqu’il reçoit l'annonce du cancer. Après avoir observé une masse sur son testicule, le médecin demande au jeune homme de consulter un spécialiste. Ce dernier observe une croissance rapide des cellules cancéreuses. L’opération est inévitable. Manni subit alors une intervention chirurgicale consistant à retirer le testicule cancéreux.

Fran Gilboy et son fils Manni marchent dans une ruelle de Regina.Fran Gilboy tente de soutenir son fils, aux prises avec un cancer, de la meilleure façon qu'elle peut. Photo : Radio-Canada / CBC/Nichole Huck

L’adolescent se sent trahi par son propre corps. Il demande à voir un psychologue afin de réduire sa rage et sa confusion. Quelques mois plus tard, il apprend que le cancer est revenu et qu’il doit commencer la chimiothérapie.

Fran Gilboy voit Manni perdre son emploi d’été. Le corps du jeune homme change également beaucoup, il maigrit. Manni n’a plus d’énergie, et un système immunitaire très faible.

« C'était une leçon d'impermanence : vous ne savez pas combien de temps vous avez vos enfants, témoigne la mère. J'ai réalisé que je pouvais devenir plus surprotectrice ou que je pouvais le laisser mener cette vie incroyable aussi longtemps qu'il l'aurait. »

C'est une joie, mais c’est terrifiant de le voir grandir.

Fran Gilboy

« Lorsque Manni se sentait vraiment abattu, déprimé ou effrayé, je le laissais simplement vivre son expérience, continue-t-elle. Il y avait des moments où je voulais le protéger, mais je sentais l'importance de ne pas le faire. »

« Ma plus grande suggestion serait de ne pas avoir peur de lieux sombres. Je pense qu'en tant que parents, nous tentons de créer des environnements vraiment optimistes pour nos enfants, mais que cela peut devenir des bulles irréalistes », de partager Fran Gilboy.

Vivre le deuil d’une partie de son corps

« La mort, c’est rare avec le cancer du testicule, explique-t-elle. C’était plus un sentiment de perte… perte de son physique, de ses cheveux, de son testicule, de ses amis, du football à l’école. Ce sont les pertes d’un gars de 17 ans. »

Manni est assis à une table couverte de fruits et de courges.Manni dit avoir l'impression de devoir faire le deuil de la personne qu'il était avant le diagnostic. Photo : Radio-Canada / CBC/Nichole Huck

Un peu plus d’un après le diagnostic, Manni va mieux. Il a repris le sport, à petites doses. Ses cheveux repoussent.

Fran Gilboy dit être fière de son fils.

« Je suis ici pour lui donner des outils et être un endroit où il peut se poser, conclut-elle. Être mère est mon travail préféré au monde. »

Saskatchewan

Santé