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La guignolée des médias a lieu demain

Le reportage d’Anne-Louise Despatie
Radio-Canada

La grande guignolée des médias, de retour jeudi pour une 18e édition, sera l'occasion d'aider les plus démunis à vivre la période des Fêtes dans la dignité.

Une dizaine de vedettes se feront la voix des médias pour solliciter la générosité du public et des donateurs. Des centaines de bénévoles participeront à l'événement.

Partout au Québec, plus de 350 points de collecte seront déployés afin de recevoir les dons en argent ou en denrées non périssables, qui seront remis à des organismes des différentes régions.

La guignolée des médias a lieu jusqu'au 24 décembre. Les denrées non périssables et les dons en argent pourront être déposés dans plus de 600 lieux de collecte chez les Amis de La guignolée des médias, soit 380 pharmacies Jean Coutu, 210 supermarchés Provigo et Maxi et 55 bureaux de Via Capitale.

Il est aussi possible de donner en ligne à l'adresse guignolee.ca (Nouvelle fenêtre).

Selon l'organisme La grande guignolée des médias, l'année qui vient sera ardue puisqu'on prévoit qu'un comptoir alimentaire sur deux aura de la difficulté à combler les besoins.

Ces difficultés ne sont pas récentes : « Depuis la crise financière de 2008, nous, on a vu le nombre de personnes qui utilisent nos services augmenter de 37 %, donc c'est quand même énorme », a indiqué la porte-parole de Jeunesse au Soleil, Anne St-Arnaud.

La situation s'est avérée particulièrement critique en 2017, année durant laquelle plus de 45 % des banques alimentaires ont dû distribuer moins de denrées et 14 % ont appelé en renfort d'autres organismes. Près de 4 % des organismes ont fermé plus tôt ou n'ont pas ouvert leurs portes durant certaines journées.

Des dons plus modestes lorsqu'ils sont faits en argent

Le fait que les Québécois donnent de plus en plus de l'argent, plutôt que des denrées alimentaires, contribue à ces difficultés. « Les gens ont tendance à faire des dons plus modestes lorsque c'est en argent », explique Anne St-Arnaud.

En 2017, la grande guignolée avait récolté plus de 3 millions de dollars, ce qui a permis d'aider 300 000 personnes durant la dernière année.

Cependant, la moitié des organismes offrant du soutien alimentaire ont tout de même connu une pénurie de denrées. C'est que, selon le Bilan-Faim 2017 des Banques alimentaires du Québec, la demande a augmenté de 5 % en 2017.

La faim fait de nouveaux visages chaque année

« Ce n'est pas toujours les mêmes personnes, mais il y a toujours des situations de pauvreté – malheureusement, c'est souvent avant Noël. On l'a vu il n'y a pas longtemps, des mises à pied majeures, donc des gens qui allaient bien et qui se retrouvent dans la précarité », explique la porte-parole de l'organisme Jeunesse au Soleil, Ann St-Arnaud.

N'importe qui peut toucher le fond du baril. Jean-François Thibault l'a fait avec fracas et publiquement.

Après la diffusion d'images de lui consommant de la drogue, en 2016, il a perdu son emploi d'attaché politique de Denis Coderre, maire de Montréal à l'époque.

Jean-François Thibault, ex-attaché politique de Denis Coderre, devant des étagères presque vides.Jean-François Thibault s'est impliqué auprès de Jeunesse au Soleil après avoir reçu son aide. Photo : Radio-Canada

« Il y a deux ans, j'avais 62 ans, alors j'ai fait un Rob Ford de moi-même [...] J'ai tout perdu : mon emploi, mes amis, mon réseau de contacts. Alors finalement, on part de haut, puis on descend très bas », raconte-t-il.

L'homme était face à la cruelle réalité : « Un moment donné, quand tu ouvres le frigo et qu'il n'y a plus rien, tu n'as pas le choix ».

Jean-François Thibault s'est donc tourné vers les organismes offrant du soutien alimentaire.

« C'est là que tu piles sur ton orgueil et que tu t'en vas voir dans le communautaire ce qu'ils peuvent faire pour toi. Je ne connaissais pas ça du tout, ce n'était pas mon milieu! », explique l'ex-attaché politique.

Sans trop parler de sa mésaventure, Jean-François Thibault était sur place lors du lancement de la campagne de La grande guignolée 2018, qui s'est déroulée le 22 novembre dernier.

« C'est fragile, ça touche tout le monde. Moi, il m'est arrivé quelque chose de spécifique, mais ça peut être perdre un emploi [...] Une entreprise fait des mises à pied, et tu te retrouves tout seul avec rien », résume M. Thibault.

Le Bilan-Faim 2017 des Banques alimentaires du Québec, en chiffres

Le nombre de personnes, par mois, qui sont aidées par des banques alimentaires : 400 000

L'augmentation de la demande d'aide alimentaire depuis 2008 : 33,7 %

La proportion d'aide destinée à des enfants en 2017 : 34,1 %

Le pourcentage de femmes parmi les utilisateurs du programme de dépannage alimentaire : 48,7 %

L'augmentation de l'aide demandée par des immigrants en 2017 : 6 %

Proportion d'immigrants et de réfugiés parmi les utilisateurs du programme de dépannage alimentaire : plus de 26 %

Avec les informations d'Anne-Louise Despatie

Avec les informations de La Presse canadienne

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