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Bataille juridique pour faire entrer un chien en classe

Le garçon tient son chien en laisse dans le corridor du palais

Thomas Labonté et son chien Mika, au palais de justice de Québec

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Thomas Labonté, 15 ans, et son chien Mika ne sont pas passés inaperçus dans les corridors du palais de justice de Québec, cette semaine. Le maître et l'animal sont au coeur d'une bataille juridique avec la Commission scolaire de la Capitale.

Un texte de Yannick Bergeron

Quand le jeune Thomas, atteint d'un trouble du spectre de l'autisme, a témoigné devant le juge, son fidèle compagnon n'a pas attiré l'attention en restant sagement couché derrière son maitre.

« Le chien n'a pas jappé, il n'a pas mordu personne », a plaidé Me Christian Lajoie, qui représente Thomas et sa famille.

L'avocat a ainsi voulu démontrer que Mika ne représente pas un risque pour les amis de classes du jeune homme.

Le chien est couché dans un corridor du palaisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mika, au palais de justice de Québec

Photo : Radio-Canada

C'est que la Commission scolaire de la Capitale s'oppose à la présence de Mika à l'École secondaire de Neufchâtel où Thomas en est à sa deuxième année scolaire.

La famille du jeune autiste demande à la Cour supérieure d'émettre une injonction pour permettre à Thomas d'être accompagné de son chien qui l'aide à diminuer son anxiété.

D'autres élèves autistes qui fréquentent les écoles de la Commission scolaire ont déjà ce privilège, mais ils sont dans des classes régulières, ce qui n'est pas le cas de Thomas.

Élèves vulnérables

La Commission scolaire estime que la présence du chien dans une classe de 8 élèves « vulnérables » pourrait poser problème.

« Si le chien se désorganise? » a questionné l'avocat de la commission scolaire, Me Bernard Jacob lors de sa plaidoirie.

« Il y a les droits de Thomas et les droits des autres enfants à avoir un endroit sain et sécuritaire », a fait valoir l'avocat.

La question des allergies pose aussi problème pour la commission scolaire.

Le secrétaire général de l'organisme, Érick Parent, explique que cette question ne se pose pas avec les chiens des autistes qui étudient dans une classe régulière.

Érick ParentAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Érick Parent, secrétaire général de la Commission scolaire de la Capitale

Photo : Radio-Canada

Un élève allergique peut facilement être déplacé dans un autre groupe, ce qui n'est pas le cas pour les élèves de la classe de Thomas.

Mais le père de Thomas, Michel Labonté, n'en démord pas : la commission scolaire fait de l'obstruction systématique, selon lui.

Michel LabontéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Labonté, père de Thomas

Photo : Radio-Canada

Il fait valoir qu'il a avisé la commission scolaire plus de six mois avant l'entrée de Thomas au secondaire.

« On fait une demande en février 2017, en leur mentionnant que c'est pour l'année suivante. S'ils avaient été de bonne foi, ils auraient commencé là à faire leurs travaux », soutient-il.

Ce dernier a également refusé de fournir une preuve d’assurance responsabilité, exigée par la commission scolaire.

75 000 $ réclamés

Le juge Daniel Beaulieu a mis la cause en délibéré. Il a indiqué qu'il allait probablement rendre sa décision au début de la prochaine année.

En plus de l'injonction, la famille de Thomas réclame 75 000 $ en dommages. Il ne s'agit pas le seul litige qui oppose la famille de Thomas et la Commission scolaire.

Le juge Marc Paradis délibère en ce moment alors que les parents de Thomas réclament 600 000 $, estimant que la commission scolaire n'a pas donné les services adéquats à leur enfant autiste.

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