•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Merinov met en place une caméra thermique pour repérer les baleines

Mérinov met en place une caméra thermique pour repérer les baleines
Radio-Canada

L'entreprise gaspésienne Merinov a installé cet automne une caméra thermique au quai de Rivière-du-Loup. Si cette nouvelle technologie s'avère concluante, elle pourrait permettre aux navigateurs d'ajuster leur course et leur vitesse en fonction de la présence de baleines noires ou de bélugas, deux espèces en péril.

Un texte de Maya Arseneau d’après le reportage de Michel-Félix Tremblay

Cette nouvelle technologie mise en place par Merinov permet de détecter les baleines de nuit comme de jour et même lorsque le brouillard se lève.

Charlène Dupasquier, observatrice au Réseau d’observation des mammifères marins, explique qu’il est plus difficile pour les observateurs à l’oeil d’effectuer le travail sous certaines conditions.

C'est sûr que nous, en tant qu'observateurs de mammifères marins, on est limités beaucoup plus rapidement que la caméra. On s'est rendu compte qu'à une brume, une brume légère, on est capables de voir super bien l'environnement, alors que l'observateur de mammifères marins ne peut déjà plus observer, affirme-t-elle.

Le fonctionnement

Conçue à la base pour la recherche de personnes tombées en mer, cette caméra détecte la température de tout ce qui se trouve en avant d’elle plutôt que de détecter la lumière, comme le font les observateurs à l’oeil.

Ça nous permet, par exemple, de voir les souffles qui sont très chauds qui sortent du mammifère marin.

Chloé Martineau, professionnelle de recherche, Merinov

Le grand avantage de pouvoir détecter la chaleur est que celle-ci crée un grand contraste avec l’eau froide, tant de jour que de nuit, ce que l’observateur visuel ne peut voir que de jour.

La sauvegarde des espèces en péril

Le bruit causé par les chantiers ainsi que le trafic maritime sont deux causes de plus en plus ciblées en ce qui concerne le déclin de la population de bélugas.

Selon Chloé Martineau, la caméra thermique pourrait faire partie de la solution.

C'est sûr que c'est un rêve [aider les bélugas].

Chloée Martineau, professionnelle de recherche à Merinov

Bien que les analyses n’aient pas toutes été effectuées pour assurer que cette technologie est « géniale », Chloé Martineau estime qu’il s’agit d’un bon pas de franchi.

C'est un bon début, je pense qu'il y a beaucoup de travail à faire avant d'en arriver à un outil complètement autonome, mais en ce moment, c'est beaucoup mieux que ce qu'on avait avant, dit-elle.

L’installation de la caméra dans les navires

À l’heure actuelle, cette caméra thermique permet la détection de mammifères marins dans un chantier de dragage.

Pour la chercheuse, l’objectif suprême serait l’installation de ce genre d’outil à même les navires.

Est-ce qu'on pourrait mettre cette technologie sur des bateaux pour essayer d'éviter des collisions? Moi, je pense que oui et c'est ça qu'on veut faire, c'est ça qu'on va être capables de faire, je pense, dans un avenir assez proche, explique-t-elle.

La suite du projet

Pour la prochaine étape, Merinov doit mettre au point la caméra thermique afin que la Société des traversiers du Québec (STQ) puisse en faire l’utilisation sur tous ses chantiers.

Le PDG de la STQ, François Bertrand, souligne que le travail est encore très peu avancé, bien que cette technologie soit assez performante.

On n’est pas encore dans un état final pour dire que le produit est adéquat, mais les indications que nous avons sont plutôt favorables, et on n'a rien vu de tel ailleurs au Canada de ce genre d'initiative, soutient-il.

Merinov devra donc poursuivre la recherche un certain temps pour convaincre Pêches et Océans Canada que la technologie est fiable.

Bas-Saint-Laurent

Innovation technologique